‹ Étude Médico-Légale des AccouchementsChapitre 19 sur 34 · CALE · texte numérisé non relu

CALE

auraient pu concevoir quelques doutes. Le terme est arrivé : avec un courage étonnant ces filles supportent les douleurs de la dilatation et continuent leurs occupations jusqu’à l'extrême limite de leurs forces. Enfin les douleurs deviennent intolérables et l’expulsion est imminente. Un refuge est devenu nécessaire. Sous un prétexte mensonger elles se retirent dans leur chambre ou dans les cabinets. Ce sont les dernières douleurs de l'expulsion dans un affolement indescriptible. En quelques minutes l’accouchement est terminé. En entendant les cris du nouveau-né la mère perd la tête. La crainte de perdre une place, de déshonorer la famille par une naissance illégitime poussent ces malheureuses aux dernières extrémités. — Dans les cabinets l'enfant est précipité dans la fosse, dans la chambre il est étouffé sous les couvertures. Un certain nombre de faits de ce genre demeurent inconnu, et augmenterait certainement la proportion des accouchements par surprise! D’autres fois les soupçons de l’entourage s’éveillent, on trouve des traces de sang, ou bien la fille à bout de forces réclame enfin du secours. Dans une première étape la femme va prétendre qu’elle a accouché sans s'en douter ou qu’elle à eu upe syncope et toute la gamme des raisons va défiler : ignorance de la grossesse ou du terme, besoins illusoires, enfant mort-né, etc. Les résultats de l’enquête et de l'expertise médico-légale montreront bientôt le peu de valeur des excuses alléguées et provoqueront des aveux. À cet égard les observations suivantes, recueillies en quelques mois par M. le professeur E. Martin, nous apparaissent comme tout à fait démonstratives.

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