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Observation III {Inédite).
(Communiquée par M. le Professeur Etienne Martin).
Accouchement dans les cabinets. Strangulation à la main, Assises. Acquittement.
Le 12 août 1993, M. le professeur E. Martin est requis par le Commissaire de police de X. pour : « Dresser rapport de l’état du cadavre et des causes apparentes du décès d’un enfant né le jour même et trouvé dans les cabinets de l’immeuble portant le n° X, de la rue X, étant expliqué que la mère de l'enfant est la nommée J. C., 19 ans, servante chez les époux (ge demeurant dans le dit immeuble et qu'il y a lieu de se rendre auprès de cette dernière à fin de toutes constatations médicales utiles ».
RÉSUMÉ DU RAPPORT ET DE L'ENQUÊTE. — Au moment du transport de M. E. Martin, à X, la fille J. C. est étendue dans son lit et présente tous les signes d’un accouchement récent. Ecoulement sanguin au niveau des organes génitaux, déchirure de la fourchette, fond de l'utérus perceptible par le palper au-dessus de l’ombilic, ligne blanche pigmentée, colostrum au niveau des seins, paroi abdominale flasque et vergetée. La fille J. déclare qu'elle a eu ses dernières règles en décembre 1922, elle a perçu les mouvements du fœtus en mai ou juin. Elle a été prise de coliques progressives dans la nuit du 11 au 12 août, a eu une perte sanguine et après être restée couchée toute la matinée en disant à ses patrons qu'elle avait la grippe est allé accoucher, vers midi, dans les cabinets qui sont dans la cour de la maison. Après avoir constaté que l’enfant était mort, elle a rompu le cordon avec les mains et précipité le corps dans la lunelte du cabinet où il fut découvert par la suite. Les patrons inquiets des allures bizarres de leur domestique et ayant aperçu du sang sous la porte des cabinets n’ont pas tardé à se rendre compte de ce qui s'était produit. Un médecin appelé d'urgence a constaté la mort de l'enfant et pratiqué la délivrance artificielle. La fille J. CG. avait caché sa grossesse à ses patrons et. à son
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entourage et quelques jours auparavant, elle écrivait à sa mère qui avait manifesté quelque inquiétude, et jurait sur la mémoire de son père défunt qu'elle était digne de toute son affection et n’avait rien à se reprocher.
AUTOPSIE DU NOUVEAU-NÉ. — La caisse envoyée à la morgue contenait deux linges de toilette entourant le placenta, les membranes et un fragment de cordon à l'extrémité libre effilochée. Le cadavre était celui d'un nouveau-né du sexe masculin, encore recouvert d'enduit sébacé et de sang. Le poids était de 2 k. 730 g., la taille 48 cent., les diamètres craniens de 14,5 pour l'O. F. et de9 pour les bi-pariétaux, les ongles et les cheveux étaient développés, les points d'ossification des fémurs mesuraient 3 mil. environ. — On notail un piqueté hémorragique léger des conjonclives. Le cordon était arraché à 20 cent. de l’ombilic sans trace de ligature.
Les diverses docimasies étaient positives et décelaient la trace de l’air dans les poumons et l’estomac.
Au niveau du cou avaient lieu les constatations les plus intéresantes et nous citons le texte du rapport : «Je constate au niveau du cou les traces de violences suivantes : la partie antérieure du cou un peu au-dessus de la fourchette sternale présente une coloration ecchymotique noirâtre. Sur la partie droite de la ligne médiane je relève quatre excoriations ecchymotiques de la peau faites par des coups d’ongle, disposées sur une même ligne, oblique de gauche à droile.
L'orientation des excoriations en forme de croissant est la convexité en haut, les excoriations ont les dimensions suivantes : 11 mil. pour les plus nettes, 3 et 4 mil. — A gauche de la ligne médiane se trouve une excoriation linéaire de la peau qui a 4 cent. de long. La dissection de la peau du cou montre dans les muscles sterno-hyoïdiens une série d’ecchymoses confluentes. Pas d’ecchymose dans les sterno-mastoïdiens, dans les gaines des vaisseaux, ni dans la région rétro-pharyngée. Pas de corps étrangers dans la cavité buccale et pharyngée, une mousse aérée se trouve dans la trachée et les grosses bronches.