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Conccusions. — Ces constatations permettaient d'établir les conclusions suivantes :
4. Le cadavre examiné est celui d'un nouveau-né du sexe masculin à terme et bien constitué.
2. I1 a respiré et n’a pas recu de soins comme le démontre l’état du cordon et de la peau.
3. Le cadavre porte au niveau du cou des traces de strangulation à la main : la mort a été déterminée par l’asphyxie produite par la striction du cou. ë
Devant ces précisions la mère avouait à l'instruction el confirmait ses déclarations aux assises. Le procureur général demandait une condamnation légère, condamnation de principe, en retenant simplement la suppression d'enfant. Après une plaidoirie brillante, qui se transforma en réquisitoire contre le séducteur, la réponse négative du jury à toutes les questions amenait l’acquittement et la mise en liberté immédiate de l’inculpée.
Observation IV (Inédite).
(Communiquée par M. le Professeur Etienne Martin).
Accouchement dans les cabinets. Suffocation criminelle. Assises. Acquittement.
Le 14 janvier 1924, M. le professeur E. Martin est requis par le Commissaire de police de V. à l'effet de : « Examiner le cadavre du nouveau-né de sexe féminin trouvé mort dans les cabinets du sieur B.,9, rue X, à V. La mère de l’enfant, la demoiselle P. T., 34 ans, accouchée clandestinement a été transférée à l’hôpital de la Charité. L'accouchement a eu lieu dans les cabinets, l'enfant est tombé dans la cuvette et n'a été retiré que quelques minutes après.
RÉSUMÉ DU RAPPORT MÉDICO-LÉGAL ET DE L'ENQUÊTE. — Il s’agit d’une fille de 34 ans primipare, qui a caché sa grossesse à ses patrons et à son entourage. $es dernières règles ont eu lieu en
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avril. Les douleurs l’auraient prise le 42 janvier, à 11 heures du soir. Vers 2heures du matin rupture de Ja poche des eaux. À ce moment ses patrons l’entendant gémir dans sa chambre lui demandent ce qui se passe. Elle répond qu'elle a de l’entérile et des coliques. On l'installe près des cabinets, au voisinage d'un phare. Elle reste couchée jusqu’à 6 heures du matin puis entre dans les cabinets où elle reste 4/2 heure. Le patron frappe à la porte et demande : « Que faites-vous donc? — Je me frotte le ventre avec un baume, répond-elle. — Lorsque le patron se décide à ouvrir la porte, il trouve le cabinet rempli de sang, le nouveau-né dans un bassin à terre et la délivrance sur le sol. La femme raconte alors qu'elle à été surprise au moment où elle est allée aux cabinets. Elle a cru satisfaire un besoin et a accouché brusquement, l'enfant est tombé dans la cuvette dont le fond contient toujours 4 à 5 centimètres d’eau, le cordon se serait rompu. Elle a retiré presque aussitôt l’enfant qui n’a pas crié, 20 minutes après la délivrance est venue.
AUTOPSIE DU NOUVEAU-NÉ. — Le cadavre est celui d'un nouveau-né du sexe féminin, le poids est de 2 kilos 650, la taille 48 cent. On note les diverses caractéristiques du nouveau-né à terme, ongles, cheveux, points d’ossificalions. Diamètres céphaliques : ant-post 10,5, bi-parietal 8 cent. La peau est couverte de sang el d’enduit sébacé. Le cordon adhérent au cadavre a une longueur de 15 cent., à l'extrémité les membranes sont effilochées sur 4 à 5 cent. Rien au niveau du cou. Sur les conjonctives palpébrales et oculaires on trouve quelques ecchymoses discrètes. Les diverses docimasies sont très nettement positives et montrent la présence d'air dans les poumons et l'estomac, le foie est congestionné et saignant.
La dissection du cou montre dans la région sous-maxillaire du côté droit une ecchymose constituée par du sang coagulé qui englobe la glande sous-maxillaire, En arrière d'elle un orifice qui s'ouvre dans la cavité buccale.
L'examen de la bouche et du pharynx montre qu'un doigt a été introduit dans la bouche du nouveau-né : en effet se trouve sur la voûte palatine une excoriation de la muqueuse un peu
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au-dessus de la luette. De plus, le pharynx est rempli de sang qui provient de l’enfoncement du plancher de la bouche à droite de la langne, et d’une déchirure de la muqueuse à droite du pilier droit du voile du palais.
La dissection du cuir chevelu montre des ecchymoses parsement le tissu cellulaire sous épicranien et une bosse séro-sanguine assez importante à la partie postero-supérieure du crâne. Ni fracture, ni fêlure des os du crâne.
ConcLusIons. — 1. Le cadavre examiné est celui d'un nou- .veau-né du sexe féminin à peu près à terme et viable.
2. Il n’a pas reçu de soins comme le démontre l’état du cordon et de la peau.
3. Il a respiré. La mort résulte de Ja suffocation produite par l'introduction d’un ou deux doigts dans la bouche et le pharynx qui ont occassionné les lésions caractéristiques de la muqueuse buccale et l’oblitération. des voies respiratoires supérieures d’où suffocation.
L'affaire se terminait devant les assises où la mère persislait à nier ses intentions criminelles. L'avocat montrait une ingénieuse érudition médicale, et soutenait que le doigt introduit dans la bouche loin de poursuivre un but criminel avait pour objet de débarrasser l'arrière-gorge des mucosités qui l’obstruaient ! Sollicitude combien tardive ! La femme était évi-
demment acquittée.
Observation V (Inédite).
(Communiquée par M. le professeur Etienne Martin).
Accouchement clandestin. Expulsion dans la station debout: ruplure du cordon, chute et mort accidentelle de l'enfant? Caractères criminels des fractures du cräne.
Le 26 juin 1924, M. le professeur E. Martin est requis par M. le procureur de la République à l'effet de « procéder d’urgence à l’autopsie du cadavre de l'enfant, M. A., du sexe
féminin, décédé à l'hôpital de X., le 20 juin 1924, déterminer les causes de la mort, dresser rapport ».
CIRCONSTANCES DE L'ACCOUCHEMENT. — Le 20 juin 1924 arrivait à l'hôpital de X. la demoiselle M., accompagnée de sa mère et d'une sage-femme. Elle déclarait qu’elle venait d’accoucher d’une petite fille qu'elle présentait à la sœur de service. Celleci s’apercevait aussitôt que l'enfant était mort et présentait des traces d’une hémorragie au niveau du nez. Ces constatations semblaient surprendre la demoiselle M. ainsi que les personnes qui l’accompagnaient. Invitée à s'expliquer sur les circonstances de sa grossesse et de son accouchement elle faisait les déclarations suivantes : Agée de 17 ans 1/2 elle était devenue enceinte à l'insu de ses parents et leur avait caché avec soin sa grossesse. Elle pensait accoucher dans les premiers Jours de juillet, elle n'avait fait aucun préparatif en vue de l'accouchement, mais le moment venu une amie à qui elle s'était confiée devait lui indiquer une maison pour accoucher, et en prévision de cet événement elle aurait mis de l’argent de côté. Le 20 juin, à trois heures du matin, elle commence à ressentir quelques douleurs, mais à huit heures elle se rend néanmoins à son travail. Les douleurs persistèrent toute la matinée et vers midi souffrant beaucoup elle doit rentrer chez elle accompagnée par une amie. Elle ne dine pas et monte dans sa chambre, tandis que sa mère à qui elle n'a rien avoué prépare une lisane. A peine arrivée dans sa chambre les douleurs deviennent plus vives et tandis qu'elle est appuyée sur le rebord d’une commode et le dossier d’un fauteuil elle expulse un enfant vivant qui tombe à terre, le cordon s’élant rompu, et se met à crier. Dans la chute le crâne aurait précisément porté sur la roulette du fauteuil. Elle se décide à appeler sa mère qui devant ce spectacle inattendu est « comme folle ». Après quelques instants de stupeur, on appelle une sage-femme. Celle-ci donne les premiers soins à l'enfant, mais devant cet ensemble de circonstances bizarres et l'enfant saignant du nez elle conseille le transport à l'hôpital où on arrive vers cinq heures. C’est à ce moment que la
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sœur constate la mort de l’enfant. Le chef de service refuse le certificat de décès.
AUTOPSIE DU NOUVEAU-NÉ. — Le cadavre est celui d'un nouveau-né du sexe féminin qui pèse 2.500 grammes. Les ongles sont développés aux mains et aux pieds. Les points d'ossification sont nets. Le corps ayant été conservé dans la glace la putréfaction n’est pas commencée. Le cordon à été arraché à 15 centimètres de l'ombilic. Ligature à 4 centimètres de l’'ombilic. On constate une ecchymose sur la bosse frontale gauche de la grandeur d’une pièce de un franc, toute la région temporo-pariétale gauche est le siège d’un œdème fluctuant. A la palpation on perçoit des fractures du crâne au niveau des pariétaux. En aucune autre partie du corps il n'existe des traces de violences. La dissection du cou ne révèle aucune trace de violences. Pas de corps étrangers des voies aériennes supérieures. Les docimasie pulmonaire et gastrointestinale sont positives el montrent que l'enfant a ‘respiré. Pas d’ecchymoses sous-conjonctivales, ni de tâches souspleurales ou sous-péricardiques.
La dissection du cuir chevelu montre des ecchymoses avec sang coagulé au-dessus du péricrâne, dans la région pariétale; une bosse séro-sanguine au niveau de l'occipital. Les fractures des pariétaux sont éloilées, elles défient toute description et sont constituées par de nombreux fragments osseux isolés entre des trails de fracture. Le temporal est également fracturé à droite. Il existe une hémorragie méningée surtout marquée à la base du crâne. Dans l’étage moyen on note deux traits de fractures parallèles au-dessus des rochers. Ces traits de fractures à la base du crâne montrent que le crâne a élé comprimé latéralement, et les fractures multiples des pariétaux ne paraissent pas avoir été produites par le même mécanisme. Elles sont difficilement explicables par le fait d'une chute du produit de conception sur la tête, l'accouchement s'étant produit debout avec rupture du cordon.
CONCLUSIONS. — 1° Le cadavre examiné est celui d’un nouà