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veau-né du sexe féminin ayant huit mois et demi environ de vie intra-utérine ;
2° Il a respiré et vécu quelques heures;
3° La mort à été déterminée par des fractures du crâne qui ne paraissent pas résulter de la chute du corps sur la tête comme on peut en voir à la suite d’un accouchement debout avec rupture du cordon.
La date rapprochée de celte dernière observation ne nous a pas permis d'en connaitre la terminaison judiciaire, qui aura lieu probablement au tribunal correctionnel,
Observation V{ (Inédite).
(Communiquée par M. le professeur Etienne Martin).
Accouchement clandestin dans les cabinets d'une fille de 14 ans et demi. Infanticide.
Le 31 mai 1924, M. le professeur E. Martin est requis par le commissaire de police de C., pour procéder à l’autopsie d’un cadavre de nouveau-né transporté à la Morgue le même jour après avoir été retiré des cabinets d’un immeuble de la rue X.
CIRCONSTANCES DE L'ACCOUCHEMENT. — Le commissaire de police a établi dans son enquête que la jeune F. F., âgée de 14 ans et demi, a été prise des douleurs de l'accouchement dans la nuit du 30 au 31 mai. Elle n'aurait pas manifesté sa douleur et serait restée dans l'appartement jusqu’au moment où, dit-elle, elle aurait ressenti le besoin d’aller à la selle. Elle se serait rendue aux cabinets d’aisances vers 8 h. 1/4 et aurait accouché brusquement d’un enfant vivant qui serait tombé dans la lunette. Elle aurait entendu crier l'enfant et l’aurait poussé dans les cabinets au point que la tête engagée elle ne put le retirer. Des voisins arrivèrent à ce moment et bientôt après le commissaire de police. Des tentatives infructueuses furent faites pour extraire le cadavre des cabinets et le commissaire dut faire procéder à la démolition de la lunette pour
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pouvoir l'enlever. Nous avons pu examiner la Jeune F. à l'hôpital où elle avait été conduite. C’est une fille paraissant une quinzaine d'années, vigoureuse et répondant assez facilement à nos questions Elle nous raconte son accouchement ainsi qu'il a été rapporté plus haut. Elle n’a eu ses règles qu'une fois et n’a jamais su qu'elle était enceinte. Elle a eu plusieurs fois des rapports sexuels, mais elle ignorait ce qu'il pouvait en résulter. Le 31 mai elle a cru qu’elle avait des coliques pour avoir mangé trop de fruits et a été toute étonnée d’avoir « fait un enfant » qu’elle a cherché aussitôt à faire disparaître. Quelques renseignements discrets nous ont permis d'apprendre que sa conduite et ses propos habituels faisaient preuve de moins de candeur. De plus sa mère était venue plusieurs fois et l’avait chapitrée longuement.
AUTOPSIE DU NOUVEAU-NÉ. — Le corps est celui d’un enfant du sexe féminin à terme el bien constitué (poids 3050 gr. Taille 50 cm. Cheveux et ongles bien développés, points d’ossification de 2 mill.). Le cordon a été déchiré à 50 centimètres de l'ombilic, il ne porte aucune trace de ligature. La rigidité cadavérique existe, l'œil à conservé sa tonicité, la mort est donc récente. Sur la tête, le front, le nez, les joues, la bouche, le menton, on trouve de nombreuses traces de violences constituées par des éraflures parcheminées de la peau par suite de la friction contre un corps rugueux. Sur la nuque, l'épaule gauche, dans le dos, et sur les parties latérales du thorax se voient des éraflures superficielles de la peau et de petites ecchymoses superficielles provenant de pressions. Il en existe aussi au niveau des genoux et des membres inférieurs.
La dissection du cuir chevelu montre de nombreuses ecchymoses sous-épicraniennes, une bosse séro-sanguine très marquée dans la région occipitale, Pas de fracture du crâne, pas d'hémorragie notable au niveau des méninges et du cerveau,
La bouche et le pharynx contiennent du sable et des débris de mortier et de briques qui proviennent vraisemblablement de la démolition des cabinets d’aisances. On n’en trouve pas
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dans le larynx, la trachée et l'œsophage. Pas de traces de strangulation au niveau du cou.
La colonne vertébrale a été arrachée au niveau de la première dorsale par les tractions exercées sur le cadavre. Les épreuves de la docimasie pulmonaire et de la docimasie gastrointestinale sont positives. Le nouveau-né a donc certainement respiré. |
Les conjonctives portent un piquelé hémorragique, les plèvres viscérales présentent quelques ecchymoses souspleurales, il en est de même sur le péricarde viscéral.
Conczusions. — 1° Il s’agit d'un nouveau-né à terme et qui a respiré. Il n’a pas reçu de soins ainsi que le démontre l’état du cordon et de la peau;
2° Les éraflures de la peau notées sur les diverses parties du corps, les ecchymoses superficielles proviennent à n’en pas douter des manœuvres qui ont été tentées pour pousser le corps dans les cabinets et le sortir ensuite. La disjonction de la colonne vertébrale a vraisemblablement la même origine traumatique ;
3° La mort a été déterminée par la suffocation provoquée par l'occlusion de la bouche et du nez qui ont frotté contre la paroi rugueuse des Cabinets d'aisances. Ces corps étrangers trouvés dans la bouche et le pharynx y ont été introduits vraisemblablement après la mort au moment de la démolition des cabinets.
La jeune F. F. fut traduite au Tribunal correctionnel des enfants, et acquittée comme ayant agi sans discernement. Depuis elle a été confiée à l'œuvre de la Protection de l'Enfance.
Art. 3. — Accouchement en état syncopal.
Il nous à paru nécessaire de consacrer un chapitre bien individualisé à l'étude de l'accouchement et de la syncope. Les auteurs rangent ce groupe parmi les
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accouchements inconscients. Il existe des particularités cliniques et médico-légales qui justifient une distinction. Il est exceptionnel que la syncope survienne lout à fait au début du travail (sauf dans cerlains cas de traumatisme) et prive immédiatement la mère de conscience de telle façon que l'accouchement survienne à son insu. Le plus souvent la syncope conslitue un accident de l’accouchement de telle sorte que celui-ci conscient au début se termine inconsciemment. Que la femme soit une parturiente clandestine, et l’on voit l'extrême gravité de cet accident qui laisse la mère sans secours et prive le nouveauné des soins indispensables à ses premiers instants. Après un certain temps, lorsque la mère reprend connaissance, elle se trouve étendue dans un mélange de sang et de liquide amniotique. L'enfant enfoui sous les draps ou les vêtements, comprimé par les cuisses de la mère, la bouche au contact du sang, coiffé du placenta, a succombé après de vains efforts respiratoires avec tous les signes de lasphyxie. L’inculpation d’infanticide est fatale et le médecin expert est appelé à donner son avis sur la vraisemblance des explications de la mère. Ces cas se rencontrent assez souvent (nous rapportons deux observalions communiquées par M. le professeur Étienne Martin et un cas rapporté par le docteur Cordonnier) el la syncope est. très fréquemment alléguée pour expliquer et justifier l’infanticide par omission.
Fréquence. — [Les accoucheurs observent rarement des syncopes soit dans leur clientèle, soit à