‹ Étude Médico-Légale des AccouchementsChapitre 23 sur 34 · APE VERS · texte numérisé non relu

APE VERS

l'hôpital. M. le professeur Commandeur à bien voulu nous dire qu'il considérait cet accident comme extrémement rare et habituellement dû, lorsqu'il se produisait, à une abondante hémorragie.

Les traités d'obstétrique même les plus récents ne donnent que peu d'indications sur une complication aussi importante ; il est curieux de remarquer le rôle de la syncope en médecine légale, alors que cet incident est si rare en pratique obstétricale : « La syncope, dit Demelin, peut se produire quelquefois dans le courant de la grossesse, due à un incident assez banal, mauvaise odeur, émotion, séjour dans un espace confiné. Elle est exceptionnelle pendant l’accouchement physiologique mais peut, dans certains cas, être le résultat d’un accident grave : hémorragie, éclampsie, accident gravido-cardiaque. » Mais alors les causes de la syncope laissent des traces après l'accouchement et il sera possible de déceler une hémorragie abondante ou de constater une lésion: cardiaque. Paul Dubois ne croyait pas que la femme put, à la faveur d’une syncope, accoucher sans en avoir conscience. La syncope, pensait-il, est de trop courte durée et a pu être confondue avec un état de slupeur ayant succédé à un état convulsif. Si la syncope est rare dans la pratique des accoucheurs, on pourrait penser qu’elle est favorisée par Les conditions particulières de l’accouchement clandestin. Dans ces cas, le résultat de l’accouchement est surtout de mettre la femme dans un état de surexcitation particulière, peu favorable aux tendances syncopales. On a parlé à ce propos d’aberration passagère poussant la femme à des actes

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criminels. Actuellement on à fait justice de cette opinion. Une psychose ne dure pas l’espace d'un instant et persiste après l'accouchement lorsqu'elle exisle.

Il faut cependant s'incliner devant les faits et la syncope au moment de lPaccouchement peut encore se rencontrer en dehors de toute hémorragie et de tout élat pathologique. Récemment, en 1924, MM. Leclerc et Cordonnier ont publié un cas dans les Annales de Médecine légale. Il est relatif à une femme de trente ans environ, primipare, qui se croyait enceinte, mais n'ayant consulté ni médecin, ni sage-femme, ignorail totalement l’âge de sa grossesse. Prise de douieurs subites elle se rend aux cabinets, expulse l'enfant et s'évanouit. Elle est trouvée sans connaissance sur le siège des cabinets par sa mère. Les douleurs, la période d'expulsion et l'accouchement n'avaient duré que quelques minutes.

Etiologie. — La syncope peut être due à un traumatisme, à un état pathologique antérieur à la grossesse, à un incident de l’accouchement. Enfin, à la suite de l'accouchement, on peut observer ce qu'on à décrit ces temps derniers sous le nom de choc obstétrical.

a) Syncopes traumatiques. — Wildberg cite le fait d’une femme enceinte et à terme qui reçut un coup violent dans le cahot d’une voiture. Elle tomba dans un état syncopal pendant lequel elle mit au monde un enfant mort. Revenue à elle, quelques temps après, elle ignorait complètement son accouchement.

Mas et Hunter dans sa lettre sur l’infanticide rapportent des faits du même genre.

b) Syncopes dues à un état pathologique antérieur à l’accouchement. — Ces cas présentent peu d'applications médico-légales et nous citons pour mémoire la possibilité d’une syncope au cours d'accidents gravido-cardiaques ou chez des femmes anémiées ou épuisées par un long travail.

c) Syncopes dues à un accident de l’accouchement ou de la délivrance. — 1. ZL'intensilé des douleurs pourrait provoquer la syncope, il y aurait à ce sujet des observations de Trinchinetti, Mauriceau et Mende. Dans le cas de Trinchinetli, un chirurgien peu expérimenté croyant la femme morte fit l'opération césarienne et la patiente succomba. Nous n’avons pas pu lire l'original de ces observations, mais sans parler de celle de Mauriceau, si dans le cas de Trinchinetti, l'observateur avait le même talent que le chirurgien, oh ne s’étonnera pas que nous fassions quelques réserves.

Perrin de la Touche a publié, en 1899, une observation curieuse où la douleur joua certainement un rôle important. Une primipare chétive et bossue, le dégagement ne se faisant pas, pratiqua sur elle-même une épisiotomie avec ses ciseaux de couturière. À partir de ce moment, elle dit avoir perdu connaissance et ne savoir ce qui s’est passé. Au réveil, elle trouva son enfant mort auprès d'elle. L'expert termina ainsi son rapport. Il est admissible qu’une syncope ait pu se produire au momdnt de l’accouchement dans ces

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