‹ Étude Médico-Légale des AccouchementsChapitre 31 sur 34 · La position prise par la femme sera soigneuse · texte numérisé non relu

La position prise par la femme sera soigneuse

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ment précisée. — En fait, toutes les attitudes, couchée, debout, assise, accroupie sur les genoux, sont possibles quoique certaines aient donné lieu à des controverses ardentes. Le décubitus dorsal ou latéral est prédominant dans les pays civilisés. Dans certaines pleuplades sauvages (Somalis, indigènes du Calabar) et même quelques provinces d'Orient la station debout serait l'attitude normale de l'expulsion. Il en serait de même dans certains cantons d’Ille-et-Vilaine où les femmes accouchent debout, un oreiller entre les jambes pour recevoir l'enfant. Sur les 183 cas de Klein 55 accouchent debout. Winckel cite 58 expulsions dans cette attitude. Casper en rapporte 4 cas. Bonnemaison,

Hellhake, Kiprof et bien d’autres encore ont contribué

à établir que cette position étail non seulement possible mais relativement fréquente. Holl en avait fortement nié la réalité car ayant offert une prime aux femmes qui pourraient accoucher debout il n'en trouva qu’une qui put le faire, les autres s’accroupissaient instinctivement au moment de l'expulsion. Cette position n’est d’ailleurs pas fatalement préjudiciable au nouveau-né; nous avons vu la bénignité relative des deux principaux accidents qui peuvent alors se produire, e’est-àdire la rupture du cordon et la contusion du crâne. La posilion assise sur le siège des cabinets d’aisances n'a pas été admise par Devergie, la femme étant dans l’impossibilité de s'y assoir vu le caractère des douleurs qui portent sur le siège. Quoique Adelon ait émis dans une expertise une opinion contraire, que Klein ait observé 22 cas d’accouchements dans la position assise, et qu’elle constitue une attitude des plus fréquentes de

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l'accouchement par surprise d’après Winckel (93 cas rapportés par ce dernier) la plupart des auteurs, Bayard, Charpentier, Tardieu, ont partagé l'opinion de Devergie dans leurs rapports médico-légaux. Pour que l'accouchement soit possible dans celte position il faudrait que l'axe du détroit inférieur soit dans le même plan que celui de la lunette, sinon l'enfant viendra buter contre la partie antérieure de l'ouverture. L’attitude correspondante n’est pas toujours facile à réaliser : c’est ici que la précision des dires de l'accouchée la mensuration el l'examen minutieux des cabinets pourront donner des.renseignements de premier ordre.

La position sur les genoux est fréquente dans certains pays et considérée par les Malgaches comme favorable à la terminaison rapide de l’accouchement. Klein en a recueilli 6 cas, Winckel 1 et Hellhake aussi. Son intérêt médico-légal n'est pas très grand vu son extrême rareté.

La position accroupie est citée 26 fois par Winckel, 3 fois par Hellhake. On trouve aussi des cas rapportés par Klein, Bonnemaison, Kiprof. La thèse de Collet contient intégralement une intéressante expertise de Perrin de la Touche concernant une femme ayant accouché accroupie dans des cabinets à la turque.

4. Les modalités de l'expulsion. — La femme décrira les diverses sensations qu’elle a éprouvées ; le début des douleurs : leur interprétation ; le moment où elle s’est rendue compte qu'elle allaitou avait accouché. On lui demandera comment est venu l'enfant, s’il a crié tout de suite, à quel moment s’est produite la délivrance, si la perte de sang a été abondante, si le cordon

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ENS , 147 s est rompu spontanément — enfin quels ont été les soins donnés à l'enfant après sa naissance.

Art. 2. — Examen de la mère.

a) L'âge. — On se rappellera que l'accouchement par surprise est aussi fréquent chez les femmes âgées et multipares, vers l’âge de la ménopause, que chez les primipares Jeunes et mal renseignées.

b) Antécédents. — On recherchera le passé pathologique et obstétrical de lPaccouchée ; l'exemple de cas analogues dans la famille et au cours des accouchements précédents, dont l’histoire doit être brièvement rappelée ; la régularité des périodes menstruelles ; les affections abdominales ayant pu donner le change ; les maladies diverses amenant des perturbations de l’état mental ou de la sensibilité.

c) Les signes de l'accouchement récent el l’élal des parties molles permettront de préciser la réalité de l’accouchement, sa date approximative. L'état du périnée et du vagin, les déchirures donneront quelques indications sur la rapidité du travail et l’expulsion.

d) L'examen sera terminé par là mensuration du bassin, la recherche de stigmates rachitiques et de rétré cissements osseux, et sil est possible l'exploration de la sensibilité de la filière pelvi-génitale.

Art. 3. — Autopsie du nouveau-né.

L'autopsie et l'examen du cadavre du nouveau-né

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seront complets et méthodiques et les divers points suivants seront envisagés

a) Les caractères de l’âge intra-utérin et de la naissance à terme d'après le poids, la taille, le développement des cheveux et des ongles, l'apparition des points d’ossification et du cloisonnement alvéolaire du maxillaire inférieur, les diamètres céphaliques, la présence ou l'absence de bosse séro-sanguine qui est un indice précieux de la rapidité du travail.

b) Les signes de la vie extra-utérine d’après les diverses docimasies pulmonaire el gastrique.

c) Les causes de la mort. On établira en notant la présence de taches de sang et d’enduit sébacé, la ligature du cordon ombilical st l'enfant a recu des soins. — La docimasie hépatique, d’après les procédés simples et précis de M. le professeur Etienne Martin, donnera des indications précieuses sur la rapidité de la mort et de l’agonie. Les fractures du crâne demanderont une étude particulièrement minutieuse. On à vu dans le chapitre des complications quels élaient les caractères particuliers des fractures qui peuvent se produire dans l'accouchement debout. Il existera quelquefois des traces nettes de sétrangulation qui permettront d'affirmer l’origine criminelle de la mort. Les signes de su/ffocation seront souvent d’une interprétation difficile quant à leur origine criminelle ou accidentelle et demanderont à être éclaireis par les autres données de l'expertise. En somme on ne s’éloignera pas de la méthode en usage dans les questions

d'infanticide et ce n’est point le lieu de donner de longs développements à ces recherches classiques.

Art. 4. — Examen des Annexes.

« Le cordon, dit Devilliers, attirera particulièrerement l'attention du médecin légiste ; il examinera avec soin le point de la déchirure, la distance où elle a lieu, la forme qu'elle affecte, les lésions dont elle s'accompagne et 1l se rappellera que dans la majorité des cas la déchirure a lieu non pas à une des insertions du cordon, soit au placen {a soit à l'ombilie, mais entre ces deux points et principalement sur ceux qui sont affectés de dilatations variqueuses de la veine ombilicale ; que la rupture n’a lieu près du placenta que dans les cas d'insertion vélamenteuse et que la déchirure du cordon à son extrémité ombilicale est un fait exceptionnel ». Lorsque le cordon a été coupé la section est ordinairement nelle, franche, perpendiculaire ou très peu oblique par rapport à l'axe de Porgane. Les irois vaisseaux apparaissent sur un même plan et sont béants. Lorsque le cordon s’est rompu spontanément la plaie est irrégulière, les vaisseaux ne sont pas rompus au même niveau, plus élastiques que la gaine, ils ont été tiraillés, et leur extrémité est en retrait ou déborde la surface. Il est des cas intermédiaires et nous avons cité l'observation de Tissier où la rupture spontanée avail la netteté d’une section au ciseau. On peut constater parfois des lésions accessoires, coup d'ongles, empreintes digitales qui permettent, d'après Saint-Cyr, de distinguer le$ ruptures

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spontanées des ruptures par tiraillement. Une nouvelle difficulté surgit lorsque l'expertise a lieu plusieurs jours après l'accouchement. Saint-Cyr a indiqué un procédé rapide qui permet de rendre au cordon sec et desséché son aspect naturel. On imprègne d’ammoniaque un cordon sec pendant trois ou quatre heures, en le plongeant ensuite dans l’eau pendant douze heures le cordon devient presque turgide et met en évidence avec une netteté parfaite les lésions dont il peut être l’objet.

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