‹ Étude Médico-Légale des AccouchementsChapitre 8 sur 34 · CRE EE · texte numérisé non relu

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STATISTIQUE. —— Ces accouchements par surprise ne sont pas très rares. Klein a pu en quatre ans, de 1813 à 1817, en recueillir 183 cas. Winchel a fait ses observations sur 216 cas. Nous trouvons 37 observations dans la thèse de Koch, 24 dans celle de Reinhart, 37 dans celle de Goltz, 22 dans celle de Moser, 47 dans celle de Hellhake. Bonnemaison cite 82 cas en deux ans à Lariboissière et un an à la maternité, et Kiprof 66 cas en cinq ans à Lariboissière. Si l'on recherche le pourcentage que représentent ces cas par rapport aux accouchements normaux on trouve dans les auteurs des chiffres assez concordants. Winckel a 212 cas sur 12.470 accouchements et il constate dans son mémoire que cette proportion de 1 à 2 pour 100 se retrouve dans les statistiques de Hugenberger, de Hunning, de Reinhart, et de Mattei Koch de Stuggart trouve aussi 1 pour 100. Hellhake dans une statistique portant sur neuf ans, 1,55 pour 100. Kiprof trouve 0,88 pour 100 soit 66 cas sur 7.428 accouchements.

CAUSES PRÉDISPOSANTES.- Faute d’une étiologie plus précise il n’est pas une coïncidence qui n'ait été invoquée pour expliquer les accouchements par surprise. Nous allons envisager dans ce chapitre un certain nombre de causes d'ordre général tenant soit à la mère, soit au fœtus et à ses annexes, soit à des circonstances extérieures. Ces causes n'ont ni la même importance, ni la même fréquence, leur action est des plus incertaines. Cependant nous les résumerons brièvement car il estindiqué d'en tenir compte dans l'appréciation de chaque cas particulier.

Art. 1. — Causes maternelles.

a) Race. Civilisation. — Certains auteurs ont soutenu que la parturition difficile était un phénomène acquis par la civilisation. C’est l’avis de Coliez qui prétend également que chez les animaux, les femelles à l’état sauvage accouchent sans douleur, apprivoisées elles perdent cette faculté : la plupart des observations d'accouchement par surprise concernent cependant des femmes civilisées et les explorateurs n'ont jamais remarqué que les accouchements paraissent plus aisés dans les pays barbares que partout ailleurs. Ce qui est certain, c’est que l’on ne sait rien de précis à ce sujet et nous pourrions terminer par ce leit-motiv l'appréciation du rôle du plus grand nombre des causes que nous avons à examiner.

b) Hérédité. — L'influence de l'hérédité admise par Caseaux et Auvard rencontre des réserves chez Charpentier et Tarnier, en présence des nombreuses causes qui peuvent influencer l'accouchement. Il semble cependant que les mêmes caractères de lenteur ou de rapidité du travail puissent se rencontrer pendant trois ou-quatre générations successives.

6) Age. — Charpentier a observé dix accouchements prompts chez de jeunes primipares dont l’une n’avail pas 13 ans. De la Motte a rapporté des cas identiques chez des primipares de 13 à 14 ans et chez des primipares de 48 et 51 ans. Hellhake chez des primipares de 37, 38 et 42 ans.

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d) Nombre de grossesses. — La multiparité ou la primiparité n’ont d’après Schipora aucune influence sur la sensibilité douloureuse. Hofman considère que l'accouchement rapide s’observe surtout chez les primipares qui peuventignorer plus facilement les signes d’une délivrance prochaine. C'est aussi l’avis de Kiprof qui .pense que la nulliparité est plus favorable que la multiparité aux accouchements par surprise.

c) Constitution anatomique. — Le bassin large parait à prime abord favoriser l'accouchement par surprise. Celui-ci se rencontrant surtout chez les femmes fortes, l'enfant est habituellement gros. On sera donc dans les conditions ordinaires. Le bassin rétréci peut gèner dans la première partie de l’accouchement mais l’expulsion peut ètre rapide. On a voulu incriminer le développement des fibres musculaires de l'utérus, la déhiscence du col, la forme du vagin, la résistance du périné.

d) Etat morbide. — Les maladies avec perte de la conscience et de la sensibilité agissent comme causes efficientes et nous les envisagerons plus loin. Kiprof pense que l’albuminerie, les vomissements, les souffles cardiaques, la syphilis, en dernier lieu la tuberculose et la bronchite peuvent favoriser les accouchements précipités.

Art. 2. — Causes fœtales.

a) Présentation. — La présentation par le siège a été très rarement observée, 3 sur 209 par Winkel, 1 sur

An

21 par Moser, 2 sur 45 par Hellhake, jamais par Coliez et par Koch. La présentation la plus fréquente est celle qui est la plus favorable, c'est-à-dire la présenlation par le sommet. On peut donc dire que la présentation de l'enfant par le sommet est une condition très favorable des accouchements par surprise.

b) Développement. — 1. Le faible poids du fœtus. est une circonstance favorable mais non indispensable. 4.150 gr. dans un cas de Kiprof. 55 pour 100 de plus de 3.000 chez Hellhake.

2. Les dimensions céphaliques ont été étudiées par Bonnemaison qui a constaté que dans quelques cas les diamètres pariétaux, occipito-mentonniers, occipitofrontaux et occipito-bregmatiques étaient augmentés. Il résulte de la statistique de Kiprof que dans les cas où le diamètre sous-occipito-frontal est diminué il s agit de prématurés.

ce) Age. — Moser et Kiprof trouvent un nombre égal de naissances à terme et de prématurées. Aucune importance en dehors du faible poids.

d) Nombre. — Les accouchements gémellaires par surprise sont d'une rareté exceptionnelle. Aucun exemple chez Klein, Moser, Winckel et Hellhake. On trouve cependant quelques observations rapportées par Brochin, Reinhart, Goltz, Strassmann ect Braun. Dans ces cas le faible poids est compensé par la dystocie.

e) Macération. — La macération à paru agir comme cause favorable. 12 macéréssur 216 cas de Winckel.

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