CHAPITRE TI IAE
Le. Crau | ap
La Rte étiologique en vue «le la rate précise de l’origine représente la partie essentielle dc l'expertise médico-légale. Son importance pratique est considérable : les conclusions du rapport constituent une base sûré en-même temps qu’un guide -précieux pour le magistrat appelé à rechercher:et à situer les responsabilités. A on En-ce qui concerne le tétanos, la notion d’origine: s'apparente étroitement à celle de blessure ou de traumatisme. Tout revient en définitive à étudier la possibilité de rattacher l’affection a une bléssure déterminée Dans la grande majorité des cas, l’origine n'est pas douteuse. Elle est presque aussi facile à établir que le diagnostic de l’affection elle-même. Bien que parfois rien ne permette d'affirmer que,la contamination s est produite à propos d’une plaie donnée, les pos ssibilités doivent, en équité, être ‘considérées comme suffisamment démonstratives : lorsqu'il s’est écoulé une période de quelques jours entre. la date d’une blessure nettement. déterminée et celle de l'apparition des symptô-
mes tétaniques ; et que l’on se trouve en présence d’une plaie anfractueuse, souillée de terre ou de fumier, ou produite chez des individus exposés par leur pofession cu leur vie à la souillure de germes tétaniques, particulièrement si la désinfection dela blessure n’a été ni complète, ni précoce. De pareils cas ne prêtent guère à discussion, en raison même de la netteté avec laquelle ils se présentent.
L> appréciation en est aisée, car les deux éléments sur
lesquels se base l'expert pour étayer sa conviction et formuler ses conclusions : La durée d’incubation et le | caractère de la plaie, sont en accord avec les données de l'expérience. céurante.
Mais, des anomalies péuvent surgir. L'origine du tétanos deviendra d'autant plus difficile à établir avec certitude que les notions relatives au cas envisagé s’écarteront davantage des notions habituelles: Deux pro blèmés dominent dès lors toute l'expertise :
{°)Quelles limites minima cet maxima peut-on aésigner à la période d'incubation ? |
2°) Jusqu'à quel point peut-on considérer comme tétanigène une blessure sans plaie apparente. |
L'existence d’une . PÉRIODE D'INCUBATION
est un fait qui ne saurait légitimement être mis en doute. Les résultats des recherches expérimentales sont sur çe point en parfait accord avec l’observation clinique. Le temps perdu pour l’infection s'explique. par l'évolution que doit subir l’agent infectieux pour ac-
quérir sa virulence. Les spores tétaniques, par le moyen desquelles se réalise ordinairement l’infection, représentent des formes de résistance du microbe, à l’état de vie latente ou ralentie : elles ne sont pas directement pathogènes. : Placées au sein des tissus, elles vont germeret donner naissance à des bacilles qui, parvenus d’abord à l’état adulte, devront élaborer ensuite leur toxine et se trouver en outre en.nombre suffisant pour que la dose secrétée soit susceptible de provoquer un symptôme clinique. De plus cette toxine, élaborée au niveau de la plaie demande un certain temps pour être absorbée et parvenir au contact des éléments nerveux.
Le temps nécessaire. à la réalisation de ces divers phénomènes varie beaucoup selon les caractères de l’infection et l’état de résistance de l’organisme. En tout cas, 1l se compte par jours et non par heures. « Le tétanos, dit Hartmann dans ses cliniques chirurgicales, apparaît de cinq à dix jours après la blessure. » De tels chiffres correspondent aux cas normaux et constituent une moyenne utile pour fixer les idées. Il est cependant possible de rencontrer parfois un concours de circonstances exceptionnellement favorables qui hatent le développement du. bacille. Mais la période d’incubation ne saurait être réduite en deça d’un minimum que les observations sur le développement des spores tétaniques et diverses expériences sur la toxicité des cultures jeunes ont permis de fixer à trois jours. Placées en effet dans les meilleures conditions de développement, les spores tétaniques ne donnent des formes de
bacilles adultes qu'après 24 heures. L'élaboration de la toxine commence alors; ce n’est qu’au bout de: 48 heures que la culture en renferme une dose suffisante pour produire des accidents tétaniques chez les animaux injectés. Or, il s’en faut de beaucoup pour que dans la pratique les conditions du développement des germes reproduisent les conditions exceptionnellement favorables du laboratoire.
C’est à ce point de vue que s’est placé M. le Proîes- seur Balthazard, dans une récente expertise, pour affirmer qu ‘un tétanos mortel ne pouvait être considéré comme étant la conséquence d’une piqüûte du pouce gauche survenue au cours du travail, moins de 24 heures avant 1 apherHon des Poe 2YHPIMNES de tétanos.
‘Un nommé R... s'était piqué au pouce gauche le 11 août 192. à 7 heures 1/2 du matin, Le lendemain à la même heure le médecin traitant constatait du trismus. Un consultant arrivant à 5 heures du soir, confirmait le diagnostic de tétanos. Le 13 août, les symptômes du tétanos s'étaient développés et la mort surv enait dans fa nuit du 15 au 16 août, soit 4 Jours et demi après le moment de la piqûre. F4
M. Balthazard nia la possibilité d’une incubation aussi rapide, en s'appuyant sur les arguments sui-. vants :
Il est bien certain que la durée classique d’incubation du, tétanos est le plus souvent de 6.à 8 jours; maïs on doit