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À ja dâte du 20 mai, le blessé: avait encore la jarmbe dans l'appareil, il n’avait pas quitté le lit : le tétanos quoique tardif dans son apparition, était en relation avec le’traumatisme. La porte d'entrée dü germe siégeait au niveau des écorchures produites à la jambe par les débris de fer: raille, la mort était due à un tétanos tardif, aigu, généralisé, apparu quarante huit jours Die un accident de travail. ‘ |
Nos conclusions furent adoptées par le tribunal Pt Toùlouse ‘ qui condamna la Société métallurgique à servir à la veuve L... une pension égale à 20 o/o du salaire Le son mari.
© De ce dernier fait médico légal, il résulte que l’expeit ne doit pas ignorer les cas de tétanos aigus, tardif, survenant même de 40 à 30 jours après l’accident.
‘Malgré une période d’ iñcubätion aussi prolongée, la maladie reste imputable à l'accident, surtout si l’ouvrier n’a pas ide ses occupations au moment où éclate le tétanos, ou n’a pas été atteint ultérieurement d’une de ces plaies fortuites superficielles, cause suffisante pour servir de porte d'entrée au bacille de Nicolaïer.
Deux autres circonstances doivent être considérées comme suffisamment démonstratives en Eur de l’origine de l'affection :
1°} Lorsqu'on assiste à l’évolution tardive d'un St tanos partiel localisé au membre blessé, 3
2°) Lorsque l'apparition des ‘symptômes . tétaniques coincide avec un évènement évident. à Biancheri rapporte le cas d’un tétanos atypique ap-
paru + an après une bléssure de cuisse lente À.cicatriser, et survenu à l’occasion d’une marche forcée, -Beriche a vu en 1915 des, tétanos survenir tardivement après une simple mobilisation du bras blessé, enraidi par des adhérences du grand pectoral. ;
Phocas, a observé à lambulance du Grand Palais un malade si bien guéri de ses plaies qu’il fut soumis au traitement par Ja mécanothérapie. C'est à l’occasion de ces mouvements que l’on vit apparaître un ‘tétanos tardif et lent-qui-a guéri.
Antoine, enfin, a vu un tétanos apparaître au 78° jour d’une blessure, 4-ou 5 jours après que le blessé
s’était essayé pour la première fois à marcher à 1’ nie de bêquilles. '
ILest permis de supposer que dans tous ces cas un mouvement musculaire intempestif a suffi pour libérer des germes tétaniques et réaliser des conditions favorables à leur développement.
Les cas de tétanos survenus à l’occasion lea tions secondaires chez des blessés de guerre confirment absolument cette manière de voir, c’est pourquoi beaucoup: de chirurgiens avaient adopté la pratique. d’une réinjection systématique avañt toute intervention de ce genre. #2 |
La durée ‘d’incubation. n’est pas le seul point qui prête à discussion dans la recherche de l’origine du tétanos. Le litige peut encore porter sur LE CARAC- TÈRE DE LA BLESSURE: On ne saurait soutenir valablement Ja possibilité d’une. inoculation ‘au niveau d’une-blessure sans plaie apparente, d’une ec-
chymose où d’uné fracture fermée, par exemple. De telles lésions cependant peuvent jouer un rôle favorisant, en déclanchant une infection latente, tout comme les interventions secondaires chez des blessés en puissance de tétanos. :
Lés résultats de l’expérimentation sont d'ailléurs formels à ce sujet. ‘: \
MM. Vaillard, Vincent et Rouget ont miecté à des. cobayes des spores tétaniques pures, dépourvus de. toxine. Les cobayes n ‘ont présenté aucune réaction notable. On sait en effet que les spores ne peuvent se développer qu’à la faveur d’un association microbienne ou de tout autre facteur détournant l’action de défense de l'organisme.
Trois mois après, on inocule à ces animaux 2 CC. d’une culture de bacille typhique. On constate des symptômes de tétanos dont le point de départ siège à l'endroit où les spores ont été précédemment injectéés "1 |
D'autres animaux porteurs de spores injectées de 30 à 60 jours auparavant, sont placés dans une étuve à 40°. Par suite de l’action paralysante de la chaleur sur les phagocytes, le tétanos se déclare. |
Il en est de même après des injections de sels de: quinine, en raison des traces d'acide sulfurique libre qu’ils renferment, et après la production d’ecchymoses.
Dans tous ces cas il se produit en effet ce que Vaillarddésigne sous le nom de « phénomène d'appel ». Les spores, jusque là inoffensives, reprennent leur vie active, germent et prolifèrent dès qu’une pertur-
bation quelconque vient troubler l’activité des phagocytes. Dans ce cadre rentrent toutes les causes qui paralysent la phagocytose : hématomes sous cutanés et foyers traumatiques profonds, dans lesquels les spores apportées par les leucocytes se développent comme dans un bouillon, )
Des blessures sans plaie apparente, de simples contusions même doivent donc être considérées comme intimement liées à l’évolution d’un tétanos, lorsque celui-ci éclate dans les, délais normaux après le traumatisme, et surtout lorsqu'il s’agit de blessés. exposés par leur profession ou leur genre de vie à être facilement infectés par des spores tétaniques.
A toutes ces présomptions tirées des diverses circonstances ayant entouré l’apparition du tétanos, ordinairement suffisantes en pratique lorsqu’elles forment un faisceau de faits bien établis, s’oppose un seul élément de certitude, malheureusement bien difficile À mettre en évidence lorsqu'il s’agit de plaies anciennes, parfois cicatrisées : la recherche du bacille au niveau de la piaie incriminée.
Son absence ne doit pas nécessairement faire admettre une conclusion négative. SA présence par contre constitue un argument péremptoire en faveur de l'origine du tétanos.