‹ Étude médico-légale du tétanosChapitre 8 sur 30 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

Si l’on s’en rapporte aux renseignements fournis par l'enquête, on apprend que la demoiselle C... était alitée depuis une dizaine de jours et qu'elle a succombé à une attaque de tétanos, ce qui concorde avec les données de l'autopsie. L'origine de ce tétanos est dans une infection utérine consécutive à une fausse couche. I est très probable que le point de départ de l'infection et de la fausse couche a été une injection intra-utérine destinée à interrom-

pre le cours normal de la grossesse, injection pratiquée

avec la canule malpropre qui a été jetée aux ordures. Mme P... amie de la défunte, déclare en effet : « Elle s’est blessée un jour aux organes sexuels avec sa, canule, et le tétanos s'est déclaré à la suite. » Mais il ést impossible de prouver que la fausse couche n’est pas survenu spontanément au cours d'une grossesse, qui d'ailleurs était fort peu avancée, auquel cas l'infection se serait produite par la canule sale au niveau d'une plaie utérine spontanément formée. Il est particulièrement regrettable que la canule incriminée ait été détruite, car il est impossible de rechercher si cette canule était destinée aux simples injections vaginales ou au contraire aux injections intra-utérines; néanmoins la garde-malade pourrait donner des indications utiles à ce sujet. à

» Le

L'ORIGINE PROBABLE DE LA CONTAMI- NATION est, au point de vue du tétanos utérin, un peu plus complèxe à rechercher qu’en ce qui concerne le tétanos traumatique ordinaire. Pour ce dernier en effet, on arrive presque toujours à démontrer qu'il s’agit d’une iñoculation directe de spores ou de bacilles, provenant des particules de terre ou de fumier qui souillaient l’objet contondant et qui ont pénétré dans la plaie à la :aveur du traumatisme,

Pour le tétanos utérin, on ne sau:rt mettresen doute non plus l’origine tellurique des germes. Elle apparait cependant comme moins évidente, car les spores ont suivi le plus souvent une ou plusiéurs

Cr 30 Le

étapes intermédiaires avant d’arriver au contact de la plaie utérine. + A pi | Deux éventualités sont possibles :

a) Inoculation . directe par suite de l’absence ou de l'insuffisance de stérilisation de l'instrument, qui ‘infecte la plaie en mêmé temps qu’il la produit ;

b) Inoculation secondaire par des germes qui se trouvent sur le tégument et Sont amenés ultérieurement au contact de la plaie.

Ce que l’on sait sur la remarquabie résistance des spores tétaniques explique la difficulté particulière que présente la stérilisation d’un objet souillé par elles. |

Formes de réSistance d’un bacille qui, non /sporulé est d’une destruction :assez facile, les spores supportent sans dommage une ‘bullition même prolongée. Honl a démontré qu’elles résistent très facilement a la chaleur humide. Lorsqu’elles se trouvent dans un milieu albumineux dessé:hé (sang, sérum, pus), il est impossible de les détruire par l’ébullition à r10°, même quand cette température est maintenue pendant 13 minutes.

Les agents chimiques a’ont pas une meilleure influence que la chaleur : es spores résistent pendant plus de 10 heures à une solution d'acide, phénique à 5 7, et pendant plusieurs jours à une solution de. sublimé au millième, Cependant l'alcool sans ac-

A ON LU Les

ton sur les spores elles mêmes, détruit leur: toxine (Väillard et Rouget).

Le temps lui-même n'arrive pas toujours à leur enlever leur activité germinative et toxique. Une écharde retirée par Eiselberg de la main d’un tétanique et conservée dans une armoire, provoquait encore 1e tétanos au bout de 2 ans 1/2. Des casseaux ayant servi à la castration de jeunes poulains étaient encore virulents après 18 mois, bien que conservés au contact de l’air. f

1 est donc indispensable, lorsque l’on soupçonne la présence de germes tétaniques à la surface d’un instrument, de la soumettre à une série de stérilisations longues et successives, avant d’être assuré de Sa parfaite asepsie. Une bonne méthode consiste en une ébullition extrèmement prolongé, suivie d’un flambage à l'alcool, suivi lui même d’un arrosage à l’aide d’une solution antiseptique. #

C'est pour avoir négligé de telles précautions et s'être servi d'instruments stérilisés suivant les méthodes ordinaires, suflisantes pour les espèces microbiennes habituelles, que l’on observa à la clinique tchèque d’accouchements, de petites épidémies de tétanos chez les nouvelles accouchées, dont les observations constituent un exemple intéressant de contamination instrumentale : Dans une première série de faits, il S'agit de trois accouchées chez qui des interventions manuelles ou instrumentales avaient créé un état de fatigue particulièrement propice à l’éclosion du tétanos :

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