‹ Étude médico-légale du tétanosChapitre 9 sur 30 · PRES · texte numérisé non relu

PRES

OBSERVATION III. — (résumée). — Femme ayant subi pendant les derniers jours de sa grossesse de n0mbreux touchers, tant de la part du médecin que de la sagefemme. qe

Accouchement le 22 novembre 1897 nécessitant version et extraction nelle Injection intra-utérine anrès la dé-

livrance.

Le 28 novembre, soit le 6° jour après l'accouchement :

premiers symptômes tétaniques. Evolution mortelle en 3 jours. : R

A l'autopsie : bacilles tétaniques dans l'utérus.

OBSERVATION IV. — (résumée). — Accouchement le 25 novembre, nécessitant forceps. |

Déchirure périnéale du 2° degré. Injection intra-utérine. Suites de couches normales.

Lé 2 décembre, soit le 8° jour après l'accouchement, premiers symptômes tétaniques. Mort en 3 jours. ;

A l’autopsie : Présence de bacilles tétaniques dans la secrétion utérine.

OBSERVATION V. — (résumée). — Présentation du siège. Accouchement spontané le 17 novembre, après abaissement du pied. — JInjection intra-utérine.

Fièvre légère les 6 premiers jours. Température normale le 7° jour.

Le 8° jour après l'accouchement, premiers symptômes d'un tétanos évoluant mortellement en 3 jours.

À l’autopsie : Présence de bacilles tétaniques dans la secrétion utérine.

Les souris inoculées meurent en 2 jours.

er

Ces 3 cas se sont succédés si rapidement et ont évolué d’une façon tellement identique qu’il est hors de doute que les germes furent apportés par la malad? de l’observation III qui avait été probablement contaminée au cours des nombreux touchers qu’elle avait subi chez elle. De quelle façon les germes tétaniques ont ils été transmis aux deux autres accouchées ? On ne saurait incriminer les médecins, puisque ceux ayant pratiqué l’accouchement de l’olservation III ne sont point intervenus dans les cas IV et V.

Mais chaque accouchée reçut après la délivrance une injection intra utérine. La même canule avait servi pour toutes les trois. On est donc amené à penser que la contamination se fit par la canule, bien que stérilisée après chaque emploi, car le mode de stérilisation (ébullition à 100°\ ne pouvait en aucune façon détruire les germes tétaniques. Chez les deux femmes ainsi infectées la maladie évolua sous le méme aspect que chez la 1° malade. La durée d’incubation et l’évolution furent à peu près identiques chez les trois.

La recherche de germes tétaniques sur la sonde incriminée fut pratiquée sans résultat. Quand on connait la difficulté de cette recherche et les obstacles auxquels on se heurte souvent, on ne saurait faire grand cas de ce résultat négatif.

Meinert rapporte aussi 3 cas semblables de tétanos gynécologique par contamination instrumentale, par suite de l'insuffisance de stérilisation.

Rothschild rapporte deux cas de tétanos post abor-

pes 34. —

tifs observés en 1922, où il fut possible de démontrer que l’un et l’autre étaient l’œuvre de la même matrone. C’est d’ailleurs la coïncidence curieuse de deux avortements survenus à peu de jours d’intervalle dans la même localité et s étant compliqués tous deux de tétanos mortel, qui donna l’éveil et provoqua l’enquête judiciaire. >

OBSERVATION VI. = (résumée). — Appelé le 2 mai auprès d’une malade présentant une hémorragie utérine post-abortum. Un curettage retire des débris placentaires : et arrête l’écoulement de sang. Ni

Le 10 mai, (soit 8 jours après) vagues douleurs rhumatismales aux jambes et dans le bas ventre; gêne de la mastication. Dans le courant du même jour : rire sardonique, raideur des membres supérieurs et de la nuque:

Le 1r mai, le tableau se compléte : accès convulsifs, trismus, impossibilité de déglutir. Raideur du tronc et des membres supérieurs.

On cherche en vain une porte d'entrée du bacille de Nicolaïer. |

Le 14 mai à 8 heures 1/2 du matin, mort, malgré thé-

rapeutique énergique.

OBSERVATION VII. — (résumée). — Appelé le 11 mai au matin auprès d’une malade alitée, ayant entre les jambes un fœtus de 4 mois environ; le cordon n’a pas été encore sectionné. Achève l’avortement, pratique une déli-

vrance artificielle.

Rappelé le 16 mai au matin (soit s jours après). La fem-

me va plus mal, ne peut -ouvrir, la bouche. Le médecin pense aussitôt au tétanos et se montre frappé de l’extraordinaire coïncidence de deux cas d’une affection aussi rare. : L'aspect clinique rappelle celui de la 1° malade, mais les ‘contractures sont moins marquées. On ne trouve pas de porte d'entrée du bacille. Le 17 mai; nettoyage de la cavité utérine avec lysol,gaze iodoformée. Attouchements avec sérum antitétanique. Malgré injections de sérum. sous cutané et intraveineux l'état s'aggrave. Contracture de la nuque et du tronc, ‘trismus, facies cyanosé. Pouls à péine perceptible. Mort

lé jour même à 7 heures 1/2 du soir.

La. justice ordonna l’exhumation et l’autopsie des deux cadavres. Dans.le 2° cas on trouva des 'érosions de la muqueuse de la grosseur d’une lentille et entourées d’une zone ecchymotique au niveau du cul de sac postérieur du vagin.

Le résultat de l’autopsie du 1% cas n’a pas été communiqué. L'enquête judiciaire établit la réalité des manœuvres criminelles et démontra que les deux avortements étaient l’œuvre d’une même matrone qui avait utilisé une canule d’un modèie courant pour pratiquer une injection intra utérine d’eau savonneuse. . 1) | : es

Enfin il est des cas où ia contamination instrumentale au cours de manœuvres abortives s’explique encore plus aisément en raison de la nature elle même de l’objet utilisé. | EU L

.… Courtellemont rappelle quatre -cas de tétanos post

CUT abortum particulièrement instructifs à.ce point de vue :

1°) Tétanos après un avortement compliaué de retention placentaire avec macération. On s'était servi pour donner une injection intra-utérine d'une sonde prise sur une étagère poussiéreuse où elle se trouvait depuis assez longtemps et que l’on s'était simplement contenté d’essuyer. —

2°) Tétanos consécutif ,à-un avortement au 3° mois par introduction dans la cavité utérine d'une queue de per:il lavée au robinet. Une queue de persil poussant dans un terrain abondamment pourvu de fumier présente évidemment toutes les conditions requises pour être souillée de terre et infectée de spores ou de bacilles tétaniques.

3°) Tétanos après injection intra-utérine d’eau savonneuse.

4°) Tétanos consécutif À des manœuvres où l'en utilisa une aiguille à tricoter bouillie, puis une sonde en caoutchouc pour donner une injection intra-utérine d'eau bouillie.

Dans tous ces cas, l'examen du pus de la cavité utérine révéla l'existence de spores ou de bacilles tétaniques associés à un nombre plus où moins grand d’autres espèces microbieanes : diplecoques, streptocoques, perfringens, etc. |

De ce qui précède, il’ne faudrait pas inférer que l’émploi d'instruments rigoureusement stériles con- Stitue une garantie absolue contre l'apparition éven-

tuelle du tétanos. Il faut <n effet compter encore avec

la présence exceptionnelle, mais possible, de germes sur les téguments de la femme. Si elle habite en particulier des régions dont la poussière renferme des spores tétaniques virulentes, on comprandra facilement que celles-ci puissent se déposer en même temps que la poussière sur la peau et les vêtements et parvenir ensuite à proximité des parties génitales externes où elles n’auront qu’à attendre une circonstance favorable à leur inoculation, en l’espèce une intervention quelconque sur les voies génitales.

Des faits de ce genre ont été observés dans des cliniques à la suite d'opérations gynécologiques ou obstétricales. Les instrumenis avaient été soumis à une stérilisation partaite, les mains de i’opérateur avaient subi un minutieux nettoyage, il avait été procédé à la toilette antiseptique habituelle de la vulve et de son voisinage; et cependant des germes tétaniques furent introduits dans les voies génitales par l’intermédiaire des instruments ou de la main préalablement stériles.

C’est ‘ainsi que Ed. Martin (Zentralblatt für Gynäkologie, 1906) rapporte un cas de tétanos consécutif à une hystérestomie. L'hypothèse d’une contamination instrumentale s’avéra impossible ; il fut amené à conclure que le bacille se trouvait déjà dans le vagin avant l’opération et n'avait pas été rendu inoffensif malgré les précautions antiseptiques qui avaient été prises: Des souris inoculées avec la secrétion prélevée au niveau de la cicatrice de colpora-

phié présentèrent toutes un tétanos typiaue dans un laps de téemps:variant entre douze et trente heures.

Si donc une inoculation reste encore possiblé en dépit de: toutes cés précautions, combien sera-t-elle

plus facile au cours de manœuvres abortives qui n€ S’entourent ordinairement pas ‘de tels préparatifs ! C'est qu’il est en ‘effet très difficile, sinon pratiquement impossible d'obtenir une asepsie parfaite des parties génitales externes, même en ce qui concerne

les microbes ordinaires, cependant bién moins résis-.

tants que les spores du bacille de Nicoläïer.

Dans une dernière hypo:hèse, enfin, la femme peut

avoir ses propres mains Souillées de germes, Ssur-

tout si elle vit à la catnpagne et se livre habituelle-

ment aux travaux des champs. Il lui est dès lors très facile de s’infecter elle même en portant ses doigts au GODÈEE des parties Bénitales après j’avortement.

Les deux observations suivantes constituent d’intéressants exemples de ontamination tétanique se: condaire par l’intermédiaire de poussières,

OBSERVATION VIII — (Pit'ha, clinique tchèque d'accouchement).

: Accouchement laborieux. Grosse tête: Déchirure du 2‘ degré.

Premiers symptômes de tétanos le 8° jour après l’accouchement. | Hysterectomie d'urgence. Malgré ce, mort en 2 jours au cours d'un accès de spasme de la glotte. |

On ne trouve pas de bacilles tétaniques dans l'utérus.

Par contre il en existe au niveau de la plaie périnale,

On pense aussitôt à la possibilité d'infection des parties génitales externes par la poussière du plancher. À cette époque en effet, il y avait tellement de femmes enceintes dans la clinique que certaines étaient couchées sur des matelas reposant à même sur le plancher. Les recherches bactériologiques pratiquées sur la poussière recueillie dans cette salle et dans les locaux avoisinants démontrent que presque tous les échantillons contiennént des bacilles tétaniques.

OBSERVATION IX. — (Rubeska. — Archiv für Gynärologie 1897.)

Tétanos puerpéral au 6° jour après l’accouchement. Mort en 2 jours.

L'enfant qui avait été extrait à l’aide du forceps présentait des excoriations du cuir chevelu. Des symptômes tétaniques se manifestèrent chez lui le même jour que chez la mère. Il mourut le lendemain. L’inoculation s'était faite soit par les érosions du cuir chevelu, soit par la plaie ombilicale.

Le contenu utérin renfermait des bacilles de Nicolaïer.

Deux rats inoculés moururent rapidement de tétanos.

L'origine de l'infection avait été la même pour la mère et pour l’enfant s’il faut en croire l’apparition des premiers symptômes au 6° jour chez l’un et chez l’autre.

Indubitablement l’inoculation s'était produite dans la maternité où la femme se trouvait depuis déjà 13 jours. On pensa à la possibilité d'infection par la sage-femme qui s’occupait alors à cultiver des fleurs.

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