‹ Étude médico-légale sur l'avortementChapitre 26 sur 44 · ACCOUCHEMENTS PRÉMATURÉS ARTIFICIELS · texte numérisé non relu

ACCOUCHEMENTS PRÉMATURÉS ARTIFICIELS

rcxtrémité de l'indicateur dans l'orifice utérin, perça les membranes, et fit évacuer les eaux en quatre fois, à un quart d'heure d'intervalle ; il en sortit environ 7 litres. Cinq heures après, afin de hâter le travail, la main, introduite dans la matrice, reconnut la tête de l'enfant, et l'amena peu ù. peu dans l'excavation pelvienne. L'enfant ne tarda pas à être expulsé vivant. Les suites de couches furent naturelles.

Obs. LXV. — Avortement provoqué à deux mois et demi par le cafhérisme utérin da7is un cas de vomissements incorcibles (1).

M. le professeur P. Dubois, dans le but de provoquer l'avortement -chez une sage-femme âgée de vingt et un ans et enceinte de deux mois à deux mois et demi, de concert avec M. le professeur Trousseau, introduisit d'abord une bougie, puis une sonde de gomme élastique dans la cavité utérine ; un peu de sang s'écoula. La sonde fut maintenue en place pendant deux heures environ, dans l'espoir que ce corps étranger provoquerait des contractions utérines. Celles-ci ne se manifestèrent •cependant que le quatrième jour, et elles se terminèrent par l'expulsion du fœtus. L'extraction des débris ne fut faite que huit jours après. Le rétablissement fut d'ailleurs prompt et complet.

Obs. LXVL — Accouchement prématuré artificiel provoqué à huit mois par ponction des membranes et ergot de seigle (2)

A la fin du huitième mois de la grossesse, chez une femme qui avait ■subi deux fois l'embryotomie, je fis une ponction aux membranes en introduisant dans le col utérin un stylet pointu que je dirigeai sur l'indicateur de la main droite. Une demi heure environ après cette opération, il s'écoula près de deux litres de liquide amniotique, et la femme se plaignit en même temps de douleurs dans l'abdomen. Des Contractions irrégulières parurent bientôt, et le lendemain, trente-deux heures après l'opération, deux doses d'ergot de seigle, ayant été administrées, un enfant vivant fut expulsé. La femme se rétablit sans accident.

Obs. LXVII. — Accouchement jjrématuré artificiel provoqué à sept mois et demi par le tamponnement et l'ergot de seigle (3J.

Sur une femme de trente-six ans, à sept mois el demi de grossesse , le 4 mars, au soir, on tamponne le vagin avec de la charpie. Cette

(1) Observation de M. P. Dubois citée dans la discussion académique, 30 mars 1852. .

(2) Observation de Samuel Brame, Encgclographe. mêdic,.,t.î, 22S citée par Millet, Mémov^es de l'Académie de Médecine, t. XVIII, p. 283.

(3) Observations du professeur Schœller, de Berlin, citée par Millet, ibid., p. 284.

opération ne détermine pas de douleur immédiate, et seulement dans la nuit suivante, quelques douleurs de reins. Le tamponnement est renouvelé deux fois et maintenu pendant quatre jours, sans produire autre chose que des douleurs insignifiante et une dilation très-peu considérable. Le 9 et le 10, c'est-à-dire le lendemain et le surlendemain de l'enlèvement des tampons, on administra l'ergot de seigle, et, dans la soirée du second jour, les contractions deviennent plus fortes, les membrane se rompant. Ce n'est pourtant que le 12, à quatre heures du soir huit jours après la première opération, et quatre jours après l'emploi de de l'ergot, que l'accouchement se termina sans dommage pour la mère ni pour l'enfant.

Obs. LXVIII. — Avortement provoqué dans un cas de rétrécissement extrême du vagin. Emploi de divers moyens successifs (1).

Par suite d'une plaie gangreneuse et de la fsrmation d'un tissu cicatriciel extrêmement résistant, il était survenu, chez une femme de trentequatre ans, un rétrécissement du vagin, tel qu'il pouvait h, peine admettre l'extrémité du doigt iudicateur. Parvenue au troisième mois d'une nouvelle grossesse, elle se présenta au docteur Oldham, qui jugea impossible d'attendre une délvirance naturelle, et se décida à recourir à Tavortement.

Dans ce but^ il donna sans succès des lavements de seigle ergoté, introduisit ensuite la sonde utérine dans l'intérieur de l'organe et lui fit exécuter quelques mouvements de rotation sans obtenir autre chose qu'un écoulement blanchâtre et quelques douleurs dans les reins et dans le bas-ventre. L'électro-magnétisme ne réussit pas mieux. Vingt-six jours s'écoulèrent dans ces tentatives répétées sans succès. Ce fut alors que M Oldham se décida à ponctionner les membranes : il ne s'écoula que quelques gouttes de sang et de sérosité. Pendant cinq ou six jours, on put craindre que l'avortement n'eût pas lieu, cependant le travail se déclara et marcha régulièrement. Il n'y eut aucune suite fâcheuse.

Obs. LXIX. — Avortement provoqué à Vaide de l'éponge préparée (2)

Une femme âgée de trente-cinq ans, rachitique, chez laquelle le bassin n'avait pas plus de cinq centimtères au détroit supérieur, fut soumise pour trois grossesses successives à des avortements provoqués à l'aide do l'éponge préparée, vers trois mois et demie et quatre mois de la gestation. La troisième fois, M. Lenoir prétiqua cette opération en portant dans

(1) Observation du docteur Oldham, London Médic. Gaz., août 1846.

(2) Observation de Lenoir, Bulletin de r Académie de médecme, décembre 1851.

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le col utérin une pince à trois branches écartées, un morceau d'épongé préparée, taillée en cône, et solidement fixée sur une canule de gomme élastique qui fut maintenue en place, et remplacée^le lendemain par une éponge plus volumineuse. Le travail commença le jour suivant et se termina heureusement. Les suites de l'opération furent des plus simples et le rétablissement rapide.

Obs. LXX. — AvovtemeJit provoqicé pour rétrécissement du bassin. Emploi successif de L'éponge, de l'électricité et de la ponction des membranes (1).

Chez une femme rachitique et complètement contrefaite, parvenue à trois mois et demi d'une première grossesse, et admise à l'hôpital des Cliniques, M. Cazeaux provoqua l'avortement à l'aide de l'éponge préparée. Le résultat se fit attendre onze jours. Pendant deux jours seulement, les douleurs furent très aiguës ; les suites de la délivrance furent très heureuses. La même femme étant redevenue enceinte .une seconde fois l'année suivante, M. le professeur P. Dubois, reconnaissant également la nécessité de provoquer l'avortement, tenta vers le quatrième mois l'emploi de l'électricité ; mais l'expérience échoua en grande partie par l'indocilité de lafemme. L'éminent chirurgien se décida alors à décoller, les membranes. Il se servit d'abord d'une sonde de gomme élastique soutenue par un mandrin. Il put facilement l'introduire dans le col utérin, mais ne trouvant pas l'instrumment suffisamment résistant, il le remplaça par une grosse sonde d'argent, ce qui lui permit de pousser assez loin le décollement. Les adhérences placentaires furent détruites dans un certain espace, ce qui donna lieu à un peu d'écoulemant de sang. Du reste, les membranes n'avaient pas été perforées. Presque aussitôt après l'opération, qui fut rapidement faite, les douleurs se développèrent peu violentes d'abord, mais tout à fait franches, pendant la journée qui suivit l'opération. Vers le soir de ce jour, les membranes se déchirèrent spontanément, et une demi-heure après l'avortement eut lieu,

Obs. LXXI. — Accouchement prématuré artificiel pratiqué à Vàide de douches utéro-vaginales (3).

Sur une femme de quarante ans, enceinte pour la troisième fois et affectée d'une tumeur osseuse du bassin, M. le docteur Perrin se décida à provoquer à sept mois et demi l'accouchement prématuré au moyen des douches utéro-vaginales. La première fut administrée le 27 août 1839, à deux heures du soir, à l'aide d'un simple irrigaleur

^ (1) Observation rapportée par M. le docteur E. Laborie, Union médicale 1848, p. 94.

(2) Unioji médicale,{S59, Ile série, t. IV, p. 501. Tardieo, Avortement, 4° édition. 13

muni d'une canule en gomme élastique droite, flexible, de 22 à 24 centimètres de long'ueur, à' orifice unique. L'injection de huit à dix litres d'eau tiède fut dirigée pendant quinze à vingt minutes tantôt sur le col de la matrice, tantôt dans le col lui-même. Pendant l'action de la douche, la femme accusa le réveil d'une douleur fixe audessus du pli de l'aine droite, ainsi qu'une sensation d'engourdissement général dans les membres inférieurs, et remontant le long du rachis dans les extrémités supérieures. Un quart d'heure plus tard survint un frisson avec pâleur générale, suivie d'un accès de fièvre maligne et d'une insomnie complète. Le lendemain deux douches sont données à onze heures du matin et à sept heures du soir ; avant la première, le col était plus ramolli et plus ouvert ; avant la seconde, dilaté au point de permettre l'introduction du doigt dans la cavité utérine. Ce frisson et la réaction fébrile ne se sont plus reproduits après la troisième douche ; la poche des eaux se rompt à cinq heures du matin. Deux douches sont encore administrées le 29 et le 30 à neuf heures du matin, mais la délivrance ne s'opère que ce même soir à neuf heures, c'est-à-dire trois jours et demi après la dernière douche. Les suites de couches ont été régulières.

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