‹ Étude médico-légale sur l'avortementChapitre 29 sur 44 · AVORTEMENT PAR INTRODUCTION DE LA MAIN · texte numérisé non relu

AVORTEMENT PAR INTRODUCTION DE LA MAIN

Rapport de M. le docteur J . Chenanfais (de Nantes). — Le docteTu- en médecine soussigné, professeur à l'École préparatoire de médecine, chirurgien de riIôtel-Dieu et du bureau de bienfaisance de Nantes, à été prié, le o septembre 1863, par M^ Brillaud-Laujardière, avocat, de donner son avis en réponse aux deux questions suivantes, qui terminent les rapports de MM. les docteurs Drouet et Pihan-Dufeillay, du 27 juillet et du 17 août 1863, sur l'état de la fille Bornigal.

Première qiiestio?i, — La forme de l'orifice externe du col utérin constitue le seul signe positif qui permette d'affirmer ou de nier un accouchement antérieur. Le rapport de M. le docteur Pihan-Dufeillay constate « l'intégrité de l'ouverture du col de l'utérus ; » donc un enfant à terme n'a pas, en sortant de l'utérus, imprimé à cette ouverture la foi'me de deux lèvres à commissures latérales, caractère essentiel d'un accouchement à terme . Il est vrai que le rapport ne décrit pas la forme de l'oi'ifice, mais le mot « intégi*ité » doit vouloir dire ici : forme arrondie, sans vestiges de déchirures latéi'ales du col. La réponse à cette première question sera donc : La fille Bornigal n'avait pas eu d'enfant à terme avant l'examen du 17 août.

Deuxième question. — Rien n'est plus variable que la laxité, la dilatabilité des parties externes de la génération, dans l'état de grossesse avancée, même chez une primipare. Dans le rapport susnommé, l'introduction facile et sans douleur du spéculum paraît être présentée comme une preuve d'amplitude du vagin. Mais, le plus souvent, le spéculum à valves surtout, s'introduit facilement et sans douleur chez les femmes qui n'ont jamais eu d'enfants. L'absence de la fourchette aurait une certaine valeur si le rapport spécifiait les traces de déchirures de ce mince repli. Rien de plus variable encore que cette portion de membrane muqueuse.Quelquefois très-étendue, elle remonte presque vers le méat urinaire. D'autres fois elle est à peine appréciable, et il faut écarter très fortement les grandes lèvres pour mettre en relief son bord libre. Si « la fourchette n'existe plus, « le rapport ne dit pas non plus qu'elle a dû exister, et qu'il reste des cicatrices, traces de sa déchirure. Une distension répétée fréquemment peut faire disparaître, par une sorte d'usure, la légère saillie d'une fourchette déjà peu prononcée. Le plus ou moins de longueur des petites lèvres ne peut fournir aucun caractère.

La réponse à la deuxième question sera : Rien ne prouve l'introduction violente d'un corps volumineux dans les parties génitales de la fille Bornigal.

Rapport de M. le docteur Blanchet {de Nantes). — Le soussigné, croit pouvoir affirmer ce qui suit : 1° Les signes observés sur la fille Bornigal et surtout le bruit des battements du cœur d'un fœtus ne laissent pas le moindre doute sur l'existence de la grossesse.

£0 Les faits, tels qu'ils sont décrits par M. Pihan-Dufeillay doivent faire penser qu'il s'agit d'une primipare^ mais sans qu'on puisse l'affirmer, d'une manière absolue ; car l'expression m^ég'?'îïé du col de l'utérus, qui

si elle était entendue dans le sens d'une absence complète de déformation de l'ouverture du col utérin, impliquerait Fimpossibiliié d'un accouchement antérieur, peut signifier seulement, que le jour de l'examen, ces parties étaient saines et sans lésions récentes.

3<' Une femme, déjà devenue mère peut présenter tous les signes remarqués sur la fille Bornigal, pourvu qu'on entende le mot intégralité du col dans le sens d'absence de toute lésion actuelle, comme il vient d'être dit.

40 La largeur de l'anneau vulvaire, l'absence de la fourchette, le peu de longueur des petites lèvres, l'insensibilité des parties à l'introduction du spéculum ne peuvent, en aucun cas, donner la moindre présomption en faveur de l'introduction violente dans le vagin, et à une époque déjà éloignée, d'un corps volumineux destiné à provoquer un avortement.

Non-seulement tous ces faits s'observent très fréquemment chez des femmes enceintes, même primipares, mais on pourrait parfaitement les expliquer par des habitudes vicieuses, telles que la masturbation, soit à l'aide de la main, soit à l'aide d'un corps étranger.

J'ai, pour ma part, complètement adhéré aux conclusions de ces trois derniers rapports sollicités par la défense.

Obs. LXXIII. — Avortement provoqué par la constriction violente du ventre. (Rapport de MM. les professeurs René, Alquié et Dumas).

Nous soussignés, avons reçu, le 17 mai 1864, pour mission de procéder : 1° à l'examen d 'un paquet cacheté contenant des pièces dites de conviction, et d'un dossier relatif à l'affaire Mélanie Castel, Julie Maraval et Constant Eugène, inculpés d'avortement provoqué et de complicité à ce crime ; 2° de répondre à une série de questions posées dans la commission roga Dire qui résume en quelque sorte la situation .

Nous étant réunis dans le cabinet de l'un d'entre nous, nous avons procédé à l'examen du paquet cacheté et de son contenu. Ce paquet, de 18 centimètres de long, de 8 centimètres de large et de 4 centimètres d'épaisseur, enveloppé de papier blanc, dont les extrémités, repliées au-dessous, sont maintenues par deux cachets en cire rouge, portant l'empreinte du cachet de M. le juge d'instruction, avec ces mots .-tribunal de première instance de Gaillac. Un troisième cachet semblable est apposé sur la partie moyenne de la face supérieure du paquet et maintient le bord libre de la feuille de papier formant enveloppe ; ,sur cette face nous lisons ces mots : pièces de conviction dans la procédure Mélanie Castel et autres inculpés d'avortement.

Le paquet défait, nousy trouvons contenu : 1° une ceinture en coutil gris, longue de 70 centimètres et demi, large de 13 centimètres à ses deux

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