SIGNES ET DATE DE L*ACCOUCBEMENT
tance du mucus. La durée de cet écoulement chez ]a femme bien portante est très- variable; elle oscille entre quinze jours et trois semaines. » Les lochies ont, comme on le sait, une odeur spéciale dont Tintensité varie.
Quant à la diminution de volume de Vutérus après l'accouchement et au retour de cet organe à Tétat normal, il s'opère d'une façon assez régulière pour que l'expert puisse, d'après les dimensions de la matrice, mesurer le temps qui s'est écoulé depuis Taccouchement. On a peine à se rendre compte des divergences qui se sont produites à cet égard parmi' les auteurs. Ce temps varie pour eux entre trente et soixante jours. Quelques-uns même par une erreur évidente l'ont renfermé dans des limites beaucoup plus restreintes. Je suivrai encore sur ce point M. Wieland, dont les observations offrent toutes les garanties de précision désirables.
Si l'on prend la moyenne du développement de l'utérus au moment du travail, on trouve que « Torgane s'élevait en général au-dessus du pubis de 20 à 22 centimètres, et avait, dans le sens transversal, de 16 à 18 centimètres. Aussitôt après l'expulsion des caillots qui suivent la sortie du placenta, l'utérus, devenu sphéroïde, dur, résistant, est contracté; il ne présente plus que 11 à 12 centimètres dans le sens vertical, et 9 à 10 dans le sens transversal. Au bout d'une demi-heure, et pendant les quelques heures qui suivent l'accouchement, le volume augmente un peu (diamètre vertical, 13 à \!x centimètres; diamètre transversal, 11 à 12 centimètres) ; mais à partir de ce moment il diminue graduellement, et à peu de chose près d'une manière égale. Le deuxième jour, on trouve que ses diamètres ont diminué de 1 centimètre à 1 centimètre et demi; le vertical est souvent alors un peu plus petit que le transversal. Le troisième jour, dans la plupart des cas, il n'y a pas de changements notables, excepté chez les femmes qui ont eu, dans l'inter-
A. TARDtBU* -> Infantidde. 1^
310 CONDITIONS QUI PRÉSENTS LA FBJDIB ACGDSÉB.
yaile des deux examens, de fortes tranchées utérines et un écoulement lochial abondant au moment de la contraction. J'ai obserréque jusqu'au troisième jour et demi, le volume du globe utérin restait stationnaire^ et pendant ce temps il paraissait plus mou et moins arrondi ; cette inaction coïncidait toujours avec Tapparition de la fluxion mammaire. Dès la fin du quatrième jour, la rétrocession se poursuit d'une façon régulière et continue. La distance qui sépare Tutérus de la symphyse pubienne varie entre 6 et 7 centimètres; ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels qu'elle est moindre. Pendant chacun des jours suivants, la différence constatée oscille entre un demi-centimètre et un centimetre. Le sixième jour, on trouve Tutérus dur, la face antérieure est moins convexe, il s'élève au-dessus du détroit supérieur de ^ ou 5 centimètres. Ce n'est que le dixième jour en général, quelquefois le onzième, qu'il a disparu derrière la symphyse pubienne ; mais encore à ce moment, si les parois abdominales sont minces ou éraillées sur la ligne médiane, on peut, en recourbant les doigs en crochet, sentir le fond de l'utérus qui est descendu dans l'excavation pelvienne.
n Chez les primipares, la disparition de Torgane derrière la symphyse pubienne a lieu un peu plus rapidement que chez les multipares. Mais la différence n'est pas tout à fait aussi considérable que celle qu'indique M. Cazeaux. Chez les multipares que j'ai observées au point de vue qui nous occupe, c'était le treizième jour environ que Tutérus n'était plus senti dans l'aire du détroit supérieur; c'était le dixième en général chez les primipares. Je dois ajouter que pour ces dernières, les parois abdominales ne présentent que rarement des conditions aussi favorables à l'exploration que chez les premières,
u II se présente certains faits cependant qui ne rentrent pas dans le tableau que je viens de tracer du retrait utérin :
SIGNES ET DATE DE l'AGGOUGHEHENT. 211
la D[iatrice en e^et, sans cause aucune, reste Yoluii)ineuse beaucoup plus longtemps, et quelquefois, compie'je le dirai, assez pour constituer une véritable maladie. Je n'ai jamais vu les choçes arriver à ce point; mais j'ai vu des utérus dont le retrait derrière les pubis n'avait lieu qu'au bout de dix-huit, vingt, et une fois même vingt-deux jours, sans qu'aucun accident soit venu troubler la santé générale de ces femmes (elles étaient seulement sujettes à des écoulements leucorrhéiques).
» Je n'ai jamais vu un seul cas dans lequel l'utérus n'était plus accessible à la palpation dès le quatrième jour. Pendanttout ce temps, la matrice, qui, dans la majorité des cas (79 sur 100), est située à droite, tend à revenir vers la ligne médiane.
» Il s'en faut de beaucoup encore, quoique la main n'atteigne plus l'organe par la paroi abdominale, que rutérus ait repris ses conditions primitives ; le toucher vaginal, rectal, nous permettra seul d'apprécier Tétat dans lequel il se trouve.
» La laxité des ligaments, la mobilité dont il jouit encore, la diminution du volume, lui ont permis de céder à l'action de la pesanteur; il s'enfonce dans l'excavation; on constate que son segment inférieur, encore très-développé (il a approximativement (Je 4 à 5 centimètres de diamètre), a déprimé le cul-de-sac vaginal ; le col est situé plus bas dans le vagin ; par le reQtum on sent encore sa face postérieure dure, convexe, offrant des dimensions considérables qu'on ne peut éiraluer qu'à peu près ; à ce moment, la résorption parait se faire beaucoup plus lentement. En effet, ce n'est que huit ou dix jours plus tard qu'orj peut constater une différence sensible; le volume a légè^eme/it fliininjié, i ulérus déprime moins le cul-de-sac vaginal, il est moins mobile. Enfin, chez les femmes que j'ai examinées trois mois après l'accouchement, les conditions primitives, situation, foririe,
direction, consistance, mobilité^ semblaient s'être rétablies, le volume m'a toujours paru un peu plus considérable.
9 Jamais l'utérus n'était revenu complètement à son état antérieur à la sixième semaine ni au deuxième mois ; je n'ai pas eu l'occasion d'observer des femmes entre le deuxième et le troisième mois. Je ne parle pas du retour des fonctions normales de l'utérus ; il m'aurait fallu plus de temps^ et j'aurais dû observer, en même temps que des nourrices, des femmes qui n'allaitassent pas^ et à la Maternité on ne garde pendant un temps assez long, que celles qui veulent et peuvent prendre un nourrisson.
» Aussitôt après l'expulsion de l'enfant, le col ptend une certaine longueur; Torifice interne, par la rétraction des fibres qui l'entourent et la reformation des colonnes de vie qui avaient disparu pendant la dilatation, se ferme presque complètement ; cependant il n'offre pas une grande résistance, il cède facilement devant le placenta et les caillots qui sont chassés quelques instants après l'accouchement. C'est à partir de ce moment que nous allons étudier le retour du col à l'état primitif. M. Négrier (1), dans la description qu'il donne du col de l'utérus revenant « à son état normal de repos », décrit à part l'état du col chez la femme primipare et chez la femme multipare; mais^ sauf quelques petites nuances qui. n'exigent pas qu'on fasse deux tableaux des modifications consécutives à l'accouchement, je crois, d'après ce que j'ai observé, qu'on .peut rapprocher en une seule les deux descriptions, en indiquant, chemin faisant, les traits peu saillants qui les distinguent. Les résultats que je consigne ci-dessous ont été observés jour par jour; ils me paraissent vrais dans la grande majorité des cas, et se
(1) Négrier, Recherches et considérations sur la constitution et les fonctions du col de V utérus ^ 18A6i