‹ Étude médico-légale sur l'infanticideChapitre 63 sur 113 · DES MOYENS INDIRECTS EMPLOYES POUR PRÉPARER OU PRODUIRE · texte numérisé non relu

DES MOYENS INDIRECTS EMPLOYES POUR PRÉPARER OU PRODUIRE

l’avortement.

Parmi les femmes qui se laissent entraîner au crime d’avortement, il en est bien peu qui, avant de se décider au parti extrême d’une opération dont elles redoutent à bon droit les dangers, ne cherchent à l’éviter en recourant à tous les moyens qu’elles supposent pouvoir la rendre inutile. La plupart confessent avoir fait usage de quelques breuvages ou s’être soumises à quelques pratiques particulières.

Celles-ci consistent principalement en émissions sanguines générales ou locales, en pédiluves, demi-bains et fumigations, bains entiers, et enfin en exercices forcés, en faligues, ou même en chutes volontaires et en compression du ventre.

Si l'on peut dire en général qu’aucun de ces moyens n’est par lui-même et d’une manière absolue capable de produire l’avortement, il n’en faut pas moins reconnaître que chacun d’eux a pu exceptionnellement déterminer un semblable résultat et peut ainsi, dans un cas donné, justifier la prétendue puissance abortive qu’on lui attribue. Cependant, j’ai hâte d’ajouter que presque toujours ces pratiques ne sont que le prélude et parfois l’auxiliaire des manœuvres directes plus efficaces qu’elles servent souvent à cacher aux yeux mêmes des victimes abusées qui s’y livrent. Mais, comme elles n’en constituent pas moins un indice plus ou moins significatif de l’intention criminelle, elles doivent être, de la part de l’expert, qui est fréquem-

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