POUR PRÉPARER OU PRODUIRE L’AVORTEMENT
ment consulté à ce sujet, l’objet d’une attention spéciale.
Je ne reviendrai pas sur l’intluence que peuvent avoir les émissions sanguines sur le cours régulier de la grossesse. Les faits les plus contradictoires ont pu être observés à cet égard ; et si Ton voit dans les auteurs (1) des femmes enceintes qui résistent à des saignées répétées au delà même de toute limite, il en est chez lesquelles une seule application de sangsues, faite au voisinage des parties sexuelles, peut être suivie del’avortement. J’ai la certitude d’avoir rencontré un fait de ce genre dans les circonstances les plus probantes. Dans des cas de cette nature, on ne devra pas se borner à noter la présence des cicatrices de saignées, soit au bras, soit au pied, ou de piqûres de sangsues, notamment à la partie supérieure et interne des cuisses, il faudra encore spécifier leur nombre et leur date, et chercher à apprécier, d’après la constitution, l’état de santé antérieure de la femme, l’époque de la grossesse, le degré d’opportunité ou d’utilité plus ou moins avérée de ces émissions sanguines.
Les bains , sous toutes les formes, sont employés presque constamment comme moyen de préparation par ceux qui pratiquent l’avortement, ou plus encore comme moyen d’assurer les suites de leurs opérations. Mais je ne connais pasun seul fait qui autorise àcroire que l’avortement puisse en être la conséquence directe. On comprend néanmoins qu’ils ne doivent pas être omis dans l’indication des procédés usuels qui entrent dans la pratique de l’avortement.
J’en dirai autant de la marche forcée , des exercices pins ou moins fatigants , et des chutes ou coups volontaires.
(1) Mauriceau, Observations sur la grossesse et V accouchement des femmes. Paris, 1694, p 18. Observ. XX. De deux femmes qui ne laissèrent pas d’accoucher heureusement, quoyque lune eust esté saignée quarante-huit fois durant sa grossesse et l’autre jusques à quatrevingt-dix fois.