I. — Tentatives d'avortement. — indication de signes
probables.
Ods. I. — Tentative d'avortement à deux mois , sans résultat.
Condamnation de la sage-femme accusée.
Nous avons eu à visiter, dans le courant du mois de mai 1855, une jeune fille arrivée au terme de la grossesse, malgré des tentatives d’avortement auxquelles une sage-femme l’avait soumise lorsqu’elle était enceinte de deux mois seulement. Celle-ci lui avait pratiqué deux saignées, et lui avait fait prendre des bains de pieds, des bains de siège, ainsi que des préparations d’absinthe et de safran. Malgré l’inefficacité complète de ces moyens et l’absence de preuves matérielles de leur emploi, la sage-femme fut condamnée sur les seuls indices résultant des circonstances du fait.
Obs. II. — Tentative d'avortement au moyen de l'ergot de seigle et de deux saignées, sans résultat.
Le 10 janvier 1850, nous avons eu à visiter à Montrouge une jeune fille âgée de dix-huit ans, qui dit avoir été victime d’une tentative d'avortement de la part d’un médecin au service duquel elle était et qui l’avait rendue mère.
Dès la première fois que les règles avaient manqué, il lui avait administré, pendant quatre jours de suite, trois prises d’une poudre jaune grisâtre provenant de grains noirs comme des grains de blé. Deux saignées avaient été pratiquées en outre au premier et au deuxième mois, et le sang avait servi à tacher les linges pour faire croire à l’existence des règles. Il s’agissait d’apprécier ces faits qui, du reste, n’avaient pas arrêté le cours de la grossesse.
Or la poudre dont la fille L... dit avoir fait usage est suffisamment caractérisée dans ses explications pour que l’on y reconnaisse la poudre d’ergot de seigle. Cette substance, malgré ses effets incertains, possède des propriétés abortives. D’ailleurs, à l’époque de la grossesse où cette fille E. l'a prise, l’emploi ne saurait en être justifié, et elle était manifestement administrée dans le but de procurer l avortement. Les saignées pouvaient concourir secondairement au même résultat.