XIX. — Consultation médico-légale sur un cas de folie lypé
maniaque avec délire partiel de persécution. — Demande
en nullité de testament. (MM. Bailiarger et Tardieu.;
Nous soussignés, avons été invités à répondre aux deux questions suivantes : 1° M. Béron,dans les dernières années de sa vie, a-t-il été atteint de monomanie? 2° En admettant comme démontrée l’existence de la monomanie, le testament olographe fait par M. Béron, le 8 mai 1865, doit-il être considéré comme la conséquence de cette maladie?
Après avoir lu avec attention : 1° l’enquête et la contre-enquête autorisées par un jugement du Tribunal de Libourne, en date du 29 mai 1867 ; 2° le testament olographe de M. Béron, nous déclarons en notre honneur et conscience avoir été conduits aux conclusions que nous formulerons plus loin, et qui sont fondées sur les faits suivants :
Première Question. — M. Béron , clans les dernières années de sa vie , a-t-il été atteint de monomanie?
La réponse à cette première question ne peut, à notre avis, présenter aucune difficulté ; les témoignages de l’enquête et la teneur même du testament ne nous paraissent, en effet, laisser aucun doute sur le fait que M. Béron était atteint de monomanie.
Cette maladie s’est manifestée chez lui par des conceptions évidemment délirantes, des illusions des sens, et même des hallucinations ; elle a eu pour conséquence nonseulement les actes les plus bizarres, mais en outre un changement complet dans les habitudes et le genre de vie.
Nous allons exposer successivement les symptômes, en séparant les éléments fournis par l’enquête de ceux qui ressortent du testament lui-même.