‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 2)Chapitre 65 sur 88 · DE LA PENDAISON ACCIDENTELLE · texte numérisé non relu

DE LA PENDAISON ACCIDENTELLE

volontairement après avoir tenté de mettre fin à ses jours par le poison ; mais ici les circonstances seraient toutes différentes et ne permettraient pas l’erreur; le suicide pourrait être reconnu en dehors du fait de l’empoisonnement.

Dans tous les cas que nous venons de passer en revue, et lorsqu’il est constaté que la pendaison a été précédée ou accompagnée de violences homicides, et par conséquent qu’elle est l’œuvre de mains étrangères, il y a lieu de se demander si elle a pu être opérée par un seul meurtrier, ou si elle a exigé l’intervention de plusieurs complices. Tout dépend ici et du genre de mort par lequel la victime a péri et des conditions matérielles dans lesquelles a été accomplie la pendaison. En général, on est trop facilement porté à croire qu'un grand crime ne peut être commis par un seul individu, et l’expert qui accepte trop facilement cette idée, court le risque d’égarer la justice en mullipliant ses recherches. À moins d’impossibilité matérielle évidente, à moins detraces de violences multipliées, à moins de difficultés insurmontables dans le déplacement et la suspension du corps, on doit conclure je ne dis pas à l’action unique, mais à la possibilité d’un seul assassin. C’est ce qu’on à pu voir dans la plupart des faits que j’ai cités, où la pendaison avait été précédée de violences criminelles et de strangulation.

De la pendaison accidentelle. — La pendaison n’est pas

toujours le fait du suicide ou de l’homicide; elle peut encore être involontaire et accidentelle. Si rare qu’il en soit ainsi, il importe que le médecin légiste appeléà s’expliquer sur les causes et les circonstances d’un fait de ce genre ne s’y méprenne pas.

Il est à peine nécessaire de parler de ces accidents dans lesquels la pendaison se produit secondairement, ainsi que cela est arrivé pour ce matelot qui, tombant du

DE LA PENDAISON

liaut d’un mât, resta pris par le cou et pendu dans un cordage. Le médecin légiste n’a rien à voir là.

La pendaison accidentelle est parfois aussi la conséquence de ces épreuves périlleuses auxquelles se livrent des savants et des curieux, comme celui dont Bacon a raconté l’Iiistoirc; ou de malheureux saltimbanques, comme cet Américain Scott, dont A. Taylor a rapporté la fin malheureuse. Ces faits se passent devant témoins et leur véritable caractère n’a pas besoin d’être démontré. Il serait moins facile de leur assigner toujours une cause certaine. Pourquoi cette expérience renouvelée tant de fois avec succès, devient-elle un jour meurtrière? De tels malheurs peuvent dépendre de si petites différences dans les conditions matérielles de l’expérience ou dans la disposition individuelle de celui qui s’y soumet, que, le fait une fois accompli, il est à peu près impossible de l’expliquer.

Mais il est des cas de pendaison accidentelle où l’expert peut éprouver des difficultés d’un autre genre, et qui, se passant dans l’ombre, exigent une appréciation sévère des circonstances dans lesquelles ils se sont produits. Le professeur A. Taylor en a cité plusieurs exemples (1). Les victimes ont été le plus souvent des enfants de dix à quatorze ans, qui se faisaient un jeu de la pendaison, j'en ai vu moi-même un exemple, ou qui se prenaient par le cou accidentellement. i

Une petite fille de treize ans, se balançant sur une escarpolette, se prit la tête dans le nœud coulant d’une corde attachée près de la balançoire à une poulie. Elle resta suspendue à une grande hauteur et ne put être secourue à temps. Un autre cas a été communiqué au professeur Taylor par un de ses élèves. En décembre 185.»,

(1) A. Taylor, loc. cit.

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