DES CONDITIONS GÉNÉRALES DE LA STRANGULATION
Définition . — La strangulation semble n’avoir pas besoin d’être définie autrement que par le mot lui-même. Cependant le Dictionnaire de V Académie , qui donne simplement le sens usuel : action d'étrangler , étranglement , explique ainsi le verbe étrangler : « Faire perdre la respiration ou la vie en pressant le gosier ou en le bouchant. » L’interprétation plus ancienne deForcellini est plus compréhensive encore, et donne expressément pour synonyme suffocation : Strangulatio, actus strangulandi , suffocatio ; a voce græca dilata crrpayy aXâw; gulam comprimo , et spiritum intercludo de arpay^euw, le même, sans doute, que Gipsuyo) , qui exprime l’action de tordre. On remarque aussi que Zacchias, en parlant d’un individu étranglé, emploie presque toujours l’expression de laqueo suffocalus. D'un autre coté, les médecins légistes modernes ont été entraînés par une fausse doctrine à rapprocher et à confondre la strangulation et la pendaison. Une interprétation si confuse, une signification si peu arrêtée, ne sauraient convenir à la médecine légale, et l’on voit qu’il y a absolue nécessité de définir les termes eux-mêmes pour arriver à distinguer plus sûrement le fond des choses.
Je propose de réserver le nom de suffocation à tous les cas dans lesquels un obstacle mécanique, autre que la strangulation et la pendaison, est apporté violemment à l’entrée de l’air dans les organes respiratoires, tels que compression des parois de la poitrine, occlusion directe de la bouche et des narines, enfouissement, etc.
La pendaison (suspensio per laqueum collo injectum) a été précédemment définie le genre de violences dans lequel le