‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 2)Chapitre 71 sur 88 · CONDITIONS GÉNÉRALES 1)E LA STRANGULATION · texte numérisé non relu

CONDITIONS GÉNÉRALES 1)E LA STRANGULATION

corps, retenu par un lieu noué autour du cou et abandonné à son propre poids, exerce sur le lien suspenseur une traction assez forte pour amener brusquement la perte du sentiment, l’arrêt des fonctions respiratoires et la mort.

Enfin la strangulation , entendue dans le sens médicolégal est un acte de violence qui consiste en une constriction exercée directement soit autour , soit au-devant du cou , et ayant pour effet , en s’opposant au passage de l'air, de suspendre brusquement la respiration et la vie.

Je ne crois pas utile de faire entrer dans la définition la distinction un peu subtile que M. Durand-Fardel a introduite relativement à la direction suivant laquelle agitla compression, en vue surtout de séparer la strangulation de la pendaison. « La strangulation, pour l’auteur que nous citons, est une compression exercée par une force agissant perpendiculairement à l’axe du cou, et à l’aide d’un lien serrant également par tous les points de sa circonférence. » Outre que la direction du lien n’a rien de constant, et que la définition précédente laisse complètement de côté la strangulation à l’aide des mains, il est, à tous égards, plus rationnel et plus pratique de caractériser la pendaison par la position même du corps, par le fait essentiel de la suspension qui manque absolument et toujours dans la strangulation.

De l'objet et de l’importance pratique d’une étude de la

strangulation. — J’ai dit déjà que l’histoire de la strangulation est tout entière à faire; il est bon avant de l’entreprendre d’en bien marquer le but, et de faire sentir l’importance capitale des questions médico-légales qui s’y rattachent. Ce n’est pas en effet le vain désir d’innover, ou même la prétention plus légitime de ranger les faits dans un cadre plus complet, et de les présenter dans un ordre plus méthodique, qui m’a déterminé à publier celte étude sur la strangulation. Je me suis proposé, je le ré*

DE LA STRANGULATION

pôle, de montrer la nécessité d’une complète séparation entre elle et les autres genres de violence avec lesquels elle a été confondue, et en même temps de préciser les caractères et les signes qui peuvent en toute circonstance la faire reconnaître avec certitude.

Sur ce dernier point, l’ignorance est, quoi qu’on en puisse penser, et malgré l’apparente simplicité du sujel, très-générale et très-funeste. Il n’y a pas bien longtemps que, dans un département du ressort de la cour de Paris, on découvrait, dans une mare cachée au fond des bois, le cadavre d’une jeune fille violée, et qui, après avoir été étranglée, avait été jetée à l’eau. Il était indispensable à la continuation des poursuites commencées contre un individu désigné comme pouvant être l’auteur de ce double crime, de savoir si la submersion avait eu lieu bien réellement après la mort, ou si, au contraire, le corps avait été précipité dans la mare avant d’être complètement privé de vie. De cette détermination précise dépendait la connaissance du lieu et du moment où avaient été commis le viol et l’assassinat ; et cependant les experts, hommes instruits et habiles, après avoir très-attentivement et très-exactement rapporté etanalysé les faits, hésitèrent dans leurs conclusions, et, malgré l’évidence, n’osent affirmer que la strangulation a été la véritable cause de la mort, et que la submersion n’a eu lieu qu’après le meurtre accompli, par cette unique raison que le larynx et la trachée contenaient de l’écume, et qu’aucun auteur n’indique que cette particularité peut se rencontrer aussi bien chez ceux qui meurent étranglés que chez les noyés et les pendus. En cela les experts ont dit vrai; telle est l’erreur commune : mais on voit par ce seul fait quelles déplorables conséquences, au point de vue de la science médico-légale et de la recherche de la vérité, peuvent avoir le silence des auteurs et l’omission que j’ai cherché à réparer.

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