CIRCONSTANCES DU MEURTRE
des empreintes et dans le nombre des doigts, le moyen de reconnaître si c’est la main droite ou la gauche qui a exercé la constriction; dans le premier cas, quatre doigts sonl imprimés.plus ou moins nettement sur le côté gauche du cou, tandis qu’à droite on trouve seulement l’empreinte du pouce. Les traces sont ordinairement les mêmes, soit que le meurtrier ait saisi la victime par devant ou par derrière ; ou, dans tous les cas, la pression s’exerce de la même manière d’avant en arrière, directement ou indirectement. U y a seulement à tenir compte quelquefois de la direction des empreintes d’ongles, qui peut fournir quelques indices. On se rendra compte plus exactement de la manière dont le cou a été saisi en appliquant soi-même sa main sur les empreintes. Il ne faut pas se borner à celles qui existent sur la région cervicale; on en trouve encore de très-significatives sur la partie supérieure de la poitrine à la hase du cou ou sous la mâchoire. On pourra reconnaître tantôt l'emploi des deux mains, lantôt une pression exercée par le genou du meurtrier appuyé sur le corps de la victime.
Une question spéciale relative à l’infanticide par strangulation met dans tout son jour l’importance des recherches relatives à la détermination du fait qui m’occupe en ce moment. Parmi les moyens de défense allégués, on a vu prétendre que des femmes avaient pu étrangler leur enfant de leurs mains en cherchant à se délivrer ellesmêmes. La meilleure réfutation à opposer à cette prétention se tirera de la forme et de la direction des lésions locales que l’on rencontre sur le cou. J’en ai cité un exemple des plus remarquables (obs. XVII) qui peut montrer tout le parti que l’on peut tirer des signes que je viens d’analyser.
En effet, que l'on se représente la situation dans laquelle devrait se trouver un enfant nouveau-né au passage au
DE LA STRANGULATION
moment où la femme se serait efforcée de l’attirer au dehors, la tête se trouvant en bas, les ongles enfoncés au cou pour opérer la délivrance dans cette position renversée devraient avoir, quand l’enfant sera redressé, la convexité tournée en bas. Or, dans le cas que j’ai cité, celui des époux Delachat, c’est précisément le contraire qui avait lieu ; la marque des ongles, parfaitement distincte, offrait leur convexité tournée en haut et indiquait, de la façon la plus évidente, que le cou avait été saisi de haut en bas et non de bas en haut, et que par conséquent les lésions qui existaient au cou du nouveau-né ne pouvait être le résultat de manœuvres exercées par la mère au moment où elle avait tiré son enfant pour hâter la délivrance.
Ces considérations suffiront, je l’espère, pour faire voir à la fois l’importance de la question qui vient d’être examinée et les principes d’après lesquels l’expert pourra la résoudre.
J’ai rapporté, au commencement de cette étude, en parlant des phénomèmes de la strangulation, des faits et des expériences qui sont de nature à montrer que s’il existe des différences notables dans la rapidité avec laquelle arrive la mort par strangulation, celle-ci peut , dans quelques cas, être très-prompte. Il importe d’ajouter que les expériences faites sur les animaux ne peuvent donner une idée tout à fait exacte de la manière dont les choses se passent chez l’homme. Il est impossible que celui-ci ne ressente pas l’effet du saisissement et de la terreur que lui causera une brusque agression ; et, en réalité, l’homme périt plus vite par strangulation que les animaux. Cette loi générale subira néanmoins des variations notables suivant l’état de la victime, le mode de strangulation, et enfin les complications.
La force de résistance plus ou moins grande de la victime aura certainement une influence sur la rapidité