‹ Etude médico-légale sur la folie (volume 4)Chapitre 32 sur 76 · EXAMEN DIUECT DE L ALIÉNÉ · texte numérisé non relu

EXAMEN DIUECT DE L ALIÉNÉ

quels le tube digestif avait fini par s'accoutumer. D'autres mangei'ont du plâtre, de la terre et jusqu'à des excréments.

Le sommeil est bien souvent perdu ou du moins trèstroublé ciiez les fous, surtout au début de la folie et dans les périodes d'excitation; mais môme dans les formes chroniques et à une époque déjà ancienne de la maladie, il peut être troublé par des hallucinations. Cette insomnie est certainement l'un des traits essentiels et aussi la plus grande cause du mauvais état de la santé physique des aliénés ; quelques-uns échappent à ce grave inconvénient, ceux en particulier dont le mal est originel, ou parvenu à la démence complète et terminale qui succède aux formes les plus diverses de la folie.

La myotilité offre aussi des phénomènes importants à noter, les convulsions, les contractures, les paralysies sont fréquentes chez les aliénés ; elles constituent même le caractère fondamental de quelques-unes des formes de la folie, épileptiques, hystériques, paralytiques. Mais en dehors même de ces espèces nettement définies, les troubles de l'innerVation motrice ne sont pas rares dans les divei^s genres d'affections mentales. Les convulsions épileptiformes se montrent chez certains alcooliques et dans certaines phases de la paralysie générale; les contractures sont très-fréquentes chez les idiots; on peut les rencontrer chez certains malades atteints de mélancolie lypémaniaque, et surtout chez des folles hystériques dont certains muscles de la face, des paupières, des lèvres sont agités de spasmes ou contractés par un rictus qui leur donnent les physionomies les plus étranges. Enfin on sait combien les tics sont fréquents chez les fous. Les paralysies ne sont pas moins communes. Elles sont partielles et localisées à un membre ou à un coté, liées dans ce cas à des congestions, à des hémorragies cérébrales auxquelles succède si souvent la démence. Quelquefois à la suite d'encéphalites locales elles frappent la vue, les muscles de l'œil, la langue surtout. Enfin, dans ces cas de plus en plus fréquents aujourd'hui où la moelle épinière est atteinte en même temps que le cerveau, la folie se

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