IDIOTIE
est loin d'être sans valeur et qui, lorsqu'il vient s'ajouter à « l'observation directe du médecin et à l'enquête du magistrat, » apporte mie preuve nouvelle et une sérieuse confirmation de l'une et de l'autre.
Je n'ajouterai plus qu'un mot au point de vue de l'influence que peuvent exercer certaines lésions déterminées de l'encéphale sm* les fonctions intellectuelles, il en est une qui se dénonce par un symptôme tout à fait caractéristique, je veux parler 3e l'aphasie avec hémiplégie droite consécutive à une altération de la troisième circonvolution antérieure de l'hémisphère gauche. L'impossibilité dfe trouver les mots et d'exprimer sa pensée n'implique sans doute pas par elle-même une abolition de l'intelligence et n'est pas de nature à justifier nécessairement et dans tous les cas l'interdiction (1). Mais il est constant qu'une semblable lésion organique et un pareil trouble fonctionnel* sont très-ordinairement accompagnés d'un affaiblissement marqué de l'intelligence et doivent donner lieu, pour chaque cas particulier, h un examen très-attentif en ce qui touche le degré d'altération qu'auraient subi les facultés et les mesures qui pourraient être applicables suivant les circonstances.
Idiotie.
L'idiotie est un vice originel et congénital qui consiste dans l'absence complète ou dans l'arrêt de développement des facultés intellectuelles et affectives. Quoique radicalement distinct.6 de la démence et de la folie, et constituant non une maladie mais une infirmité, l'idiotie n'en doit pas moins, au point de vue de la médecine légale, être rangée dans les affections mentales et rattachée au groupe des faiblesses d'esprit. Mais la constatation en est si simple que je n'aurai pas à m'étendre longuement sur cette triste déviation de la nature humaine.
(1) J. Falrbt, Rapport sur un cas d'aphasie avec hénxiplégie droite pour lequel on demande l'interdiction. {Ann. dhyg. publ. et de méd. lég. 2" série, 1869, T. XXXI, p. 430).
L'idiotie n'est pas seulemeu t caractérisée par Tabsence de toute activité intellectuelle ou morale, mais encore par le défaut de développement des instincts les plus nécessaires à la conservation de la vie. Quelques idiots n'ont jamais pa prendre le sein de leur mère et plus tard ils ne savaient ni manger seuls ni comprendre aucun de leurs besoins,pas même le plus impérieux, celui de la faim. Les organes des sens peuvent exister sans jamais s'éveiller sous Tinfluence de leurs excitants naturels ; parfois ils ne sont pas développés ; le crâne est souvent déformé, la sensibilité générale est absente, quelquefois nulle. M. Galmeil a tracé de Tidiot ce portrait frappant que je reproduis textuellement, ne pouvant mieux faire : « La physionomie stupide de l'idiot, son extérieur sale et repouissant, annoncent le dernier degré de dégradation de l'espèce humaine. Les idiots ont la face large, plate, la bouche grande, la peau tannée, les lèvres épaisses, pendantes, les dents noires, cariées, les yeux louches, le regard hébété, la tête penchée se balance à droite à gauche sur un cou volumineux, court ou démesurément allongé; la taille est ramassée, difiPorme, la colonne vertébrale déviée en avant, en arrière, sur les côtés. Le ventre est volumineux, lâche, la main épaisse et pendante sur les hanches, les jambes sont^auches, engorgées et les articulations d'une épaisseur énorme ; la conformation du squelette est vicieuse, la couleur des téguments est bistre ou safran; l'urine, les matières fécales, la salive, les mucosités qui coulent sur les côtés des lèvres, répandent autour de ces malheureux une odeur qu'on ne parvient jamais à détruire complètement. » "
L'idiotie n'est pas toujours poussée au même degré. Quelques signes de facultés affectives peuvent se développer sous l'influence de l'habitude ou de la contrainte, et ces pauvres êtres ne sont pas inaccessiblesàrattachement pour ceux qui se dévouent à eux, à la terreur envers ceux qui les traitent durement et sans pitié. L'instinct génital survit parfois, chez les femmes surtout , et peut même être porté à l'excès : circonstance bien importante à noter pour le médecin légiste.
Bien que les crétins et les goitreux qui peuplent certaines