XX INTRODUCTION
de la philosophie, a toui- à tour fait passer l'aliéné devant la philosophie, la morale et la société; œuvre de physiologiste et de médecin, de très bon médecin même, bien plus que de psychologue et de métaphysicien.
Mais quelque regrettables qu'aient été les prétentions des philosophes, je suis plus touché, je l'avoue, de la résistance qu'opposent les magistrats, en général, à la compétence et à l'autorité des médecins dans la détermination de la sanité ou de l'insanité d'esprit. J'ai cité, il y a déjà bien des années et dénoncé au corps médical du haut de la tribune académique, ces paroles écrites par M. Troplong [i] :
« La médecine légale afiiche, depuis quelque temps « la piétention d'imposer ses oracles à la jurisprudence. (( 11 faut l'avouer, ce que j'ai vu et entendu de certains « médecins dans ma carrière judiciaire, dépasse toute (( croyance; il n'y a pas un homme que l'on ne pourrait « déclarer monomane en les écoutant. Si Pascal n'était « pas mort, il devrait prendre garde à lui, car je cou- (( nais maint docteur qui le tient pour halluciné. So- « crate est bien heureux d être venu si tôt; il a péri du « moins avec la réputation du plus sage des hommes, (( tandis qu'on pourrait bien trouver dans plus d'un sa- « vaut écrit médical, qu'il était à peu près monomane « avec son démon familier. Enfin, faut-il le dire, com- « bien n'ai-je pas vu de consultations qui rappellent, (( trait pour trait, les scènes de notre divin Molière. Un (( mouvement nerveux dans le visage, un tic familier, « une manière de parler, un geste, les choses, en un
(1) Troplong , Traité des donations entre-vifs et des testaments.