‹ Etude médico-légale sur la folieChapitre 12 sur 90 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

a mot, les plus simples et les plus naturelles, étaient a tournées en diagnostic et pronostic comme la spu- « fation fréquente de M. de Pourceaugnac. Et l'on vou- « drait que nous autres juges, qui tenons dans nos mains « la liberté et la capacité civile des personnes, nous fis- (( sions dépendre de si frivoles symptômes, ces gran- (( des questions oii sont engagés l'honneur des familles, « la succession des biens et les droits les plus chers de (( l'homme ! Je pense que la médecine légale n'a ajouté « aucun progrès sérieux aux doctrines reçues dans la « jurisprudence, et qu'elle ne doit en rien les mo- (( difier. »

Je suis convaincu, et j'ai hâte de le dire, que bien peu de magistrats consentiraient à signer cette page du Premier Président Troplong. C'est la thèse qu'avait déjà soutenue un médiocre légiste, Elias Regnault (1), qui prétendait, avec la même force de raisonnement, que les médecins ne sont pas plus compétents que le premier venu pour juger si un homme est ou n'est pas sain d'esprit.

Mais sur quel fondement s'appuierait la jurisprudence si elle n'avait d'autres lumières touchant la folie que les préventions du juge et son dédain des observations de la science ?

Par malheur, le magistrat que je viens de nommer a fait école et quelques-uns ne dissimulent pas le peu de cas qu'ils font de l'opinion des médecins en matière d'aliénation mentale. J'en pourrais citer plus d'un

(1) Elias Regnault, Du degré de com'pétence des médecins dans les questions judiciaires relatives à l'aliénation mentale et des théories physiologiques sur la monomanie homicide, suivi de nouvelles réflexions sur le suicide, la liberté morale, etc. Paris, 1830.

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