‹ Etude médico-légale sur la simulation de la folieChapitre 19 sur 53 · MANIE SUR-AIGUE. — DÉLIRE AIGU · texte numérisé non relu

MANIE SUR-AIGUE. — DÉLIRE AIGU

Le délire aigu ne saurait, à proprement parler, être considéré comme une forme particulière. C'est la manie à son plus haut degré d'acuité. Toutefois, on ne doit pas la confondre avec une simple manie aiguë ; car on y remarque des symptômes qui annoncent une encépha-

lite particulière. C'est, comme le dit M. le docteur Brierre de Boismont, qui a fait un travail très-imj3ortant (1) sur cette variété de maladie mentale, le trait d'union entre les maladies cérébrales inflammatoires et les névroses.

L'excitation maniaque est portée à ses limites extrêmes. Il y a de la fièvre, de la chaleur et de la sécheresse de la peau. Les malades ne peuvent rester en place. Leurs membres sont continuellement en mouvement. Ces infortunés se livrent à une loquacité intarissable, à des cris, à des vociférations. Leurs paroles sont incohérentes, entrecoupées, ne correspondent à aucune pensée et consistent souvent dans le même mot et la même phrase incessamment répétées. Leur attention est incapable de se fixer une seconde ; ils ne répondent à aucune des questions qu'on leur adresse.

Quand cette situation morbide est continue, l'agitation augmente de jour en jour et les malades se consument. La figure s'altère considérablement; les yeux sont rouges, extrêmement vifs ou tout à fait ternes, remplis de mucosités purulentes. Le pouls est fréquent, la peau brûlante, la soif vive. Il existe ijne véritable hydrophobie. Ils rejettent les boissons, grincent des dents, se livrent à un crachotement, perpétuel. La langue et les lèvres deviennent arides ou fuligineuses. L'haleine est fétide.

Si, au bout de quelques jours, il ne survient aucune

(\) Du délire aigu observé dans les établissements d'aliénés [Mémoire de l'Académie de médecine, t. XI, 1845).

m RÉSUMÉ DES PRINCIPALES FORMES DE FOLIE.

décroissance dans la fièvre et dans l'intensilô du délire, le malade ne laisse que peu d'espoir de guérison. Il tombe dans un profond abatlement, une adynamie aussi rapide que profonde. Alors ce que nous appelons marasme nerveux ou bien l'état typhoïde finissent par emporter le malade.

Quand les malades parviennent à la convalescence, ils ne conservent pas le moindre souvenir de ce qui s'est passé autour d'eux. En cela, ils diffèrent bien des maniaques ordinaires qui ne perdent pas le sentiment de leur personnalité, et plus tard ont parfaitement conscience de tous les incidents de leur maladie.

Page 1