‹ Etude médico-légale sur la simulation de la folieChapitre 21 sur 53 · FORMES MÉLANCOLIQUES · texte numérisé non relu

FORMES MÉLANCOLIQUES

La mélancolie est caractérisée par une dépression qui imprime à toutes les fonctions de l'économie un certain cachet d'inertie et par des idées délirantes de nature triste.

La tristesse est réellement subjective et elle fait tellement partie de l'individu, que les mélancoliques s'emparent de tous les prétextes qui leur semblent

propres à justifier cette disposition de leur esprit, et que les plus imaginaires leur sont bons. Dans l'état ordinaire la tristesse est un accident normal que tous les hommes sont exposés à subir sous l'empire de causes déterminées qui manquent rarement leur effet. Elle peut être prolongée par des circonstances ayant, comme on dit, force majeure. Le caractère individuel et l'intelligence restent inaltérés après l'action de ces ■causes. Eu outre, l'individu triste et qui a des motifs suffisants pour l'être, repousse rarement les consolations qu'on \eut lui apporter, et ne s'obstine pas à immobiliser pour ainsi dire la douleur morale et cette subjectivité maladive qui ruine son activité. Dans il'état vésanique, quand un motif existe ou qu'il est allégué, il n'est en aucune proportion, soit quant à la durée, soit quant à l'intensité, avec les phénomènes qui apparaissent au jour.

La mélancolie se rencontre difficilement chez les idiots et les imbéciles, tandis que chez ces déshérités de la nature l'excitation maniaque est fréquente.

Ces éléments : dépression, tristesse et idées délirantes, s'associent dans des proportions diverses; ce qui nous fait admettre trois formes principales : la dépression mélancolique ou mélancolie sans délire, la mélancolie simple ou proprement dite, la mélancolie avec stupeur.

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