‹ Etude médico-légale sur la simulation de la folieChapitre 22 sur 53 · DÉPRESSION MÉLANCOLIQUE · texte numérisé non relu

DÉPRESSION MÉLANCOLIQUE

La dépression mélancolique est rangée par les Anglais au nombre des formes qu'ils désignent sous le

nom de 77ioral insanity. Elle est caractérisée bien plus par la prostration des forces morales et intellectuelles que par des conceptions délirantes. Un vague ennui, des craintes sans motif, une tristesse indéfinissable, un anéantissement de la puissance volontaire : telles sont les principales manifestations de cet état mental. Les malades conservent une appréciation assez nette de leur position ; ils la déplorent, ils accusent l'incapacité oîi ils sont de réagir : « Je voudrais suivre votre avis, disait un mélancolique à Esquirol, mais faites que je puisse vouloir, de ce vouloir qui détermine et exécute. Néanmoins ils opposent une force d'inertie invin- •cible à tous ceux qui essayent de les faire sortir de leur immobilité. Il faut des excitations incessantes pour obtenir d'eux la moindre chose. Ils négligent leur toilette, les soins de leur ménage, leurs affaires les plus importantes. Ils recherchent le silence, l'isolement. Dans cette situation, ils ont conscience de tout ce qui se passe autour d'eux, reconnaissent leurs parents, leurs amis, et font en vain des efforts pour secouer le poids qui pèse sur leur intelligence. La dépression mélancolique peut durer plusieurs mois.

L'ajDpétit est diminué, les fonctions digestives opèrent plus lentement, la constipation est fréquente, le sommeil est plutôt de l'assoupissement qu'un sommeil profond et réparateur.

La physionomie présente une certaine langueur, une certaine tristesse. Le regard est lent, peu mobile.

iS8 RÉSUMÉ DES PRINCIPALES FORMES DE FOLIE.

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