DÉMENCE CONSÉCUTIVE AUX FORMES SIMPLES
« Cette variété ne diffère guère de la précédente quant au fond de la maladie, La diminution des facultés s'y révèle par des symptômes analogues, et, sous ce rapport , la description qui convient à l'une pourrait très-bien s'adaptera l'autre. Il arrive même un moment où, comme des rivières à leur confluent, les diverses espèces se confondent dans une physionomie commune. Seulement la différence des origines donne lieu dans les commencements surtout à des particularités qui méritent d'être signalées.
a La démence, en s'adjoignant aux autres formes mentales, les modifie sans les effacer. Il est souvent difficile de préciser la limite oii cette complication commence. Elle s'apprécie en général par la diminution des manifestations actives. L'incertitude est d'ailleurs relative à la gravité de la lésion et à la variété délirante.
a Dans la manie, par exemple, quelquefois la surexcitation amène un prompt épuisement nerveux; la dégradation est patente, incontestable; mais, dans beaucoup de cas, la transition s'effectue d'une manière lente, graduelle, insensible. L'hésitation est alors permise, car rien ne ressemble à la manie chronique comme la démence dans sa période moyenne. C'est le même décousu des propos, la même incohérence , la même agitation. Seulement, comme dans la démence les impressions sont moins vives et les souvenirs moins actifs , le champ
(1) Journal de médecine mentale, t. I, p. 141.
du délire se reserre et, au lieu de la mobilité d'idées du maniaque et de la facilité avec laquelle il passe d'un sujet, d'un sentiment à un autre, l'on ne retrouve plus qu'une répétition monotone de mots et de phrases sans signification, sans portée.
« L'invasion de la démence est assez obscure dans les folies déprimantes , dans les mélancolies. Quelquefois cependant, en émoussant le penchant maladif luimême , la démence a pour résultat indirect d'alléger l'oppression générale et de restituer à la pensée une certaine liberté.
« L'embarras n'est pas moindre pour la stupidité. Consistant dans la suspension de l'exercice intellectuel, cette forme revêt nécessairement une expression trèsmarquée de démence , qui ne peut que se prononcer davantage encore.
« Quant aux délires partiels , il y a une distinction à faire entre ceux qui concentrent l'essor des facultés et ceux qui en permettent le fonctionnement. Dans ce dernier cas , l'aptitude logique n'étant pas anéantie , il est presque aussi difficile que dans le scas ordinaires de suivre les progrès de la défectuosité mentale. L'affaibUssement du jugement, delamémoire, del'imagination se révèle dans les raisonnements et les actes , même en ce qui concerne les aberrations morales. 11 y a moins de suite dans les propos , moins de fidélité dans les récits , moins de fermeté dans les résolutions. Les idées fixes , les fausses sensations perdent de leur unité , de leur ténacité, de leur fréquence; elles dominent, en un mol, moins despotiquement le malade. Les progrès de
RÉSUMÉ DES PRINCIPALES FORMES DE FOLIE. ISl
la démence consécutive aux délires partiels sont insensibles. 11 y a plusieurs années qu'on en a constaté les premiers signes chez les malades précités. Les lésions cérébrales sont en apparence si légères dans les monomanies ! On remarque aussi, relativement à la mémoire, que sa diminution, quoique réelle, n'est point d'abord saillante comme dans la démence ordinaire. Elle n'expose point du moins aux mêmes erreurs grossières sur les dates, les raisons , les noms, etc. »
Cette forme est incurable. — Elle progresse peu à peu par suite de l'altération de l'encéphale et de différentes complications.