‹ Etude médico-légale sur la simulation de la folieChapitre 36 sur 53 · FOLIES SYMPTOMATJQUES DE LÉSIONS LOCALES PLUS OU MOINS GRAVES · texte numérisé non relu

FOLIES SYMPTOMATJQUES DE LÉSIONS LOCALES PLUS OU MOINS GRAVES

Sous ce nom, je désigne des états psychiques, dépendant d'une grave altération matérielle et caractérisées surtout par Tabolition plus ou moins partielle de la motilité. Ce n'est plus comme dans la catégorie précédente où on observe particulièrement des mouvements et des tremblements. Ce symptôme est ici assez rare et ne survient que dans les paroxysmes, les recrudescences, les nouveaux mouvements fluxionnaires occasionnés par la présence du dépôt sanguin devenu corps étranger, ou de la désorganisation partielle qui joue le même rôle. Il ne faudrait pas supposer qu'en admettant cê groupe de maladies mentales, nous voulions dire que les démences que nous avons étudiées à la suite des formes simples soient réduites à de purs dérangements fonctionnels, tant s'en faut ; , chez les premières décrites, l'évolution de la maladie est très-lente, infiniment graduée. Ici, quand l'affaiblissement mental survient lentement, il a été précédé par de la méningite, des fièvres dites cérébrales, des apoplexies, des hémorrhagies, etc., et dans le cas oh des lésions même graves ne sont accusées par aucun symptôme positif, plusieurs signes mettent ordinairement sur la voie. La lésion devient probable quand depuis longtemps sévit dans quelque point du cerveau une douleur fixe et permanente, et, à fortiori, lorsqu'à cette.

douleur se joignent d'antres accidents tels que ceux-ci : bourdonnements d'oreilles , éblouissements répétés , affaiblissement ou perte de la \ue, mouvements convulsifs d'un côté de la face ou d'un membre, etc. Un faciès d'une pâleur spéciale effaçant la coloration naturelle ou s'y associant est assez ordinaire en pareil cas et nous a été un indice presque infaillible du ramollissement, qui, primitif ou consécutif, joue ici un rôle évident. Ajoutons un je ne sais quoi d'inquiet, d'anxieux, répandu dans la physionomie et provenant des dispositions morales du malade autant que de sa souffrance physique. Mais le plus souvent l'acuïlé des accidents indique une progression correspondante dans l'altération de l'organe de la pensée.

« Communément la démence consécutive aux maladies aiguës du cerveau s'accompagne d'un accablement douloureux dont la physionomie réfléchit l'empreinte. La démence apoplectique revêt une expression différente. Dans la majorité des cas toute lucidité n'est pas immédiatement éteinte. Les portions du cerveau demeurées saines permettent l'exercice du jugement dans une limite plus ou moins restreinte. Mais les idées sont obscures, le raisonnement impossible, les actes privés de conscience, les sentiments sans énergie. Le physique participe à cette pesanteur morale. La physionomie est hébétée, le visage alourdi, flasque, les joues pendantes. Ajoutons qu'il est peu d'apoplexies qui ne laissent comme traces une prononciation embarrassée, unehémiplégiediversement prononcée, unrireniais alternant avec des larmes également puériles, etc. »

M, le docteur Legrand du Saulle, dans sou chapitre des testaments, nous fournit sur l'état mental des apoplectiques des considérations très-instructives et qui méritent d'être méditées (1). D'après un mémoire de M. le docteur Jules Falret, il divise en quatre degrés différents les perturbations que l'on peut remarquer dans l'entendement de ces malades.

Chez les vieillards à la suite des hémorrhagies cérébrales, on observe des paralysies qui se généralisent. Ces paralysies présentent bien de l'analogie avec la paralysie générale primitive des adultes, mais elles en diffèrent et par la nature des lésions cérébrales, et par la physionomie spéciale des phénomènes paralytiques.

Comme complément de ces quelques considérations sur les démences symptomatiques, et d'ailleurs pour tout ce qui regarde les folies que nous avons décrites sous le nom de folies compliquées, nous devons renvoyer à l'important traité (2) de M. le docteur Calmeil. Dans cet ouvrage se trouvent énumérées avec beaucoup de détail les congestions encéphaliques à durée temporaire, les périencéphalites à forme insidieuse, lapériencéphalite diffuse à l'état simple et à l'état de complication.

(1) La Folie devant les tribunaux, p. 224.

(2) Traité des maladies inflammatoires du cerveau.

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