‹ Étude médico-légale sur la Strangulation ManuelleChapitre 14 sur 40 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Mascuka. — Viréeljohrschrift für Gericht. Medecin. 1881. — Mort subite par coup sur le larynx.

Il s'agit d'un homme, Joseph S..., qui, s'étant disputé avec son compagnon P...,fut saisi par lui, poussé contre un mur par les

épaules; comme il essayait de se dégager, P... l'empoigna brusquement par le cou de façon à ce que le creux de la main droite se modela sur la partie antérieure du cou. — Immédia-

tement après cette violence, S... tomba par terre et expira en quelques secondes ; |

L'enquête montra que $S.... était fortement adonné aux boissons, mais qu’il s’était toujours bien porté avant l'accident et ne s’élait jamais plaint de quelque affection ou maladie.

Autopsie : 18 mars. — Rigidité fortement accusée, peau jaunâtre, langue rétractée; pas de traces de blessures, pas un signe de lutte quelconque. — Les enveloppes crâniennes et les os du crâne sont intacts : méninges pâles, vaisseaux bien rem plis ; rien du côté des ganglions gris centraux. — Cerveau el cervelet normaux. A la base du crâne, pas de traces de fractures ; aucune hémorrhagie sous cutanée ni musculaire. Colonne vertébrale, larynx, côtes sans lésions.

Ecume sanguinolente dans les poumons; mucus visqueux dans les bronches. — Cœur mou, gros, dilaté, rempli de sang fluide foncé. — Foie muscade dur, congestionné. Reins graisseux, épaissis, brun cerise. — Estomac rétracté, ecchymosé. Gros vaisseaux remplis de sang.

Le Dr C..., commis pour faire l'autopsie, conclut à la mort

par paralysie cardiaque, conséquence d'une commotion cérébrale provoqnée par des mauvais traitements. Celte dernière

hypothèse est combattue par des contre-experts, qui mettent alors l'alcoolisme en cause.

Conclusions de M. le -Dr Maschka : 1° Le nommé, S..., n'a jamais présenté, sa vie durant, d'affection pouvant constituer un antécédent pathologique. 20 L’autopsie donne un résultat complètement négatif; 3 L'enquête a prouvé qu'il y avait eu violence directe et saisie brusque du cou contre un mur.

En conséquence, des expériences. physiologiques ayant démontré que des coups ou autres violences, exercés sur le larynx si riche en nerfs, peuvent déterminer, sans laisser de tracés visibles, une paralysie réflexe du cœur ; d'autre part |’ absorption des boissons n'étant pas suffisante pour déterminer, dans ce cas, la mort subite

Conclusion: 1° La mort a eu lieu par paralysie réflexe venant d'un choc brusque de la région laryngée; 20 P...,ne pouvant pas prévoir la mort de son adversaire, n'est coupable que d'homicide par imprudence.

En résumé, il ne s'agit pas d’un ébranlement mécanique ayant pour effet un ébranlement physique avec mort consécutive. Nous nous trouvons en présence de simples réflexes, comme en font preuve les nombreuses observations du professeur Maschka de Vienne. Hoffmann cite, par exemple, le le cas suivant devenu classiqué : « Une femme fut surprise dans son magasin par un individu, qui la

saisit brusquement au Cou Ia ren versa à terre et s'enfuit, Quelques instants après, la femme, trouvée

à terre sans connaissance fut ranimée et déclara ensuite. que, dés le contact des mains du meurtrier, la connaissance lui avait manqué sans anxiété, ni douleur : aucune lésion apparente. »

ae Dans quel cas doit-on penser à ce genre de mort? Il présente trois caractères médico-légaux : 19 Absence d’antécédents pathologiques. L'alcoolisme est discutable. 20 Les violences, causes de la mort, la précédaient immédiatement, 3° Résultats négatifs de l'autopsie. Aussi, à la question posée parla loi: Dans les coups portés sur le larynx, y a-t-il meurtre? on répondra affirmativement. L'article 295 du Code pénal dit que le meurtre est l'homicide conmis volontairement. L'expert n’a pas à entrer dans ces considérations et, pour se mettre à l'abri de tout reproche, il pourra dire que les coups ou fortes pressions exercés sur le larynx, même sans pensée meurtrière, suffisent à entraîner la mort subite.

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