‹ Étude médico-légale sur la Strangulation ManuelleChapitre 20 sur 40 · LÉSIONS SUPERFICIELLES DU COU · texte numérisé non relu

LÉSIONS SUPERFICIELLES DU COU

L'étude de la région du cou et des empreintes ou signes particuliers qu’on y rencontre est sans contredit la plus importante et doit attirer avant tout lattention. Parmi ces empreintes et ces signes, les uns sont superficiels et peuvent être décrits en examinant attentivement la peau. Les lésions superficielles sont, outre les rougeurs et injections cutanées, les impressions digitales ainsi que les excoriations et coups d'ongle, et en second lieu les ecchymoses sous-cutanées ou sous dermiques.

Nous les étudierons successivement et séparément, car elles sont des caractères en quelque sorte spécifiques et d’une importance considérable au point de vue des recherches médico-légales. Ces lésions occupent la partie antérieure du cou; c'est au larynx que le meurtrier s'adresse ; la plus petite trace sur cette région est suspecte ; comme il ne

ANT SS ménage pas ses efforts et que les effets de la violence sont concentrés sur un espace restreint, ils se produisent avec une notable intensité. Il est - d’ailleurs indispensable de consigner ici une observation importante ; les lésions extérieures peuvent ou faire défaut ou n'être pas apparentes, au moment de l'examen. De plus, elles peuvent se borner à quelques traces superficielles, sans rapport exact avec-les lésions profondes. C’est ce qui « lieu, quand la constriction du cou à été exercée par la pression de la main tout entière.

Empreintes digitales. — Le résultat des efforts du meurtrier est d'autant plus facilement obtenu, que l'extrémité des doigts, fortement contractés, pourra saisir et serrer le devant du cou. De là ces traces d'un rouge vif dans les premiers moments, violacées ou bleuâtres plus tard, formées par le froissement des tissus et l’extravasation du sang, et dessinant la pulpe des doigts si nettement quelquefois que l’on peut juger, au premier coup d'œil, par la disposition des empreintes, laquelle des deux mains à agi et quelle place occupait l’assassin par rapport à sa victime. Nous lisons dans l’article si intéressant consacré à ce sujet par M. Tourdres la description qui suit «: La forme de la lésion est caractéristique, on a l'empreinte de la main du meurtrier. Sur le côté droit du larynx, le pouce laisse une dépression profonde et la trace des autres doigts s’est imprimée sur le côté de l'organe.

Ces empreintes sont plus ou moins rondes, un

NT peu allongées, leurs dimensions correspondant à celles des doigts. Les excoriations produites par les ongles ne permettent pas de se méprendre sur la cause de ces dépressions. Cette disposition est la plus ordinaire ; elle est surtout manifeste chez les nouveau-nés ou les personnes dont la résistance a été faible ou nulle. Le cou est alors parfois sillonné de longues écorchures linéaires, comme si l’ongle avait glissé sur l’enduit sébacé, qui revêt les téguments du nouveau-né. De plus, dans les cas d’infanticide, il n'est pas rare de rencontrer des ecchymoses qui s'étendent jusque sur les joues, les oreilles, les tempes et même la colonne vertébrale.

S'il y à eu résistance et pour peu que la lutte se prolonge, les impressions et excoriations se multiplient et s'étendent à d’autres régions. On les remarque au-dessus du larynx, souslemaxillaireinférieur, prés de ses angles ; entre le bord postérieur du cartilage thyroïde et les muscles sterno-mastoïdiens, en haut du sternum. Elles sont moins régulières et plus disséminées, mais une observation attentive y fera reconnaitre dans quelques-unes au moins la courbe caractéristique de l’ongle. Ces excoriations curvilignes sont la meilleure preuve de la strangulation par les mains. Leur convexité est le plus souvent en haut, sans qu'il y ait rien d’absolu à cet égard ; elle peut être latérale et très exceptionnellement dirigée en bas. ;

Ici se place naturellement l'observation qui suit et que nous empruntons aux archives d'anthropologie criminelle de 1886 :

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