COMMENT LKS COUPS ONT-ILS ÉTÉ PORTÉS
ont subi les réactions inévitables de l'inhumation cadavérique.
Conclusions générales. — Des constatations matérielles et résultats analytiques résumés dans ce rapport, nous concluons ; lo Qu'il n'existe actuellement aucune trace de poison, et spécialement aucune trace d''acide prussique libre , dans les organes exti'aits du •cadavre de Jean Kinck.
2' Que les muqueuses de l'estomac et du duodénum sont pénétrées sur toute leur surface : 1° par une solution de sulfate de potasse ; 2° par une petite quantité de sulfure de fer ; 3o par du bleu de Prusse véritable, extrêmement divisé, c'est-à-dire par les trois produits fixes qui , après avoir pris naissance dans la préparation de l'acide prussique, ont subi les réactions ultérieures et inévitables de l'inhumation cadavérique.
3o Qu'il nous paraît dès lors exti'êmement probable que Jean Kinck a réellement ingéré durant sa vie de l'acide prussique , préparé par la méthode révélée par l'inculpé Troppmann lui-même, mais souillé des impuretés que l'inexpérience de l'accusé ne lui a pas permis d'éviter.
Article Vil. — Les coups ont-ils été portés sur une personne très-vigoureuse et par une main exercée ?
Les circonstances qui peuvent aider la justice à reconnaître le meurtrier sont souvent, ainsi que nous l'avons dit, du domaine du médecin expert. La question de savoir si les coups ont été portés par une personne très-vigoureuse et par une main exercée est de celles qui sont fréquemment posées à cette intention. Elle peut être résolue par l'appréciation de l'étendue et de la profondeur de la lésion, comparées à la nature de l'arme employée; la lourdeur de l'instrument contondant, opposée à ses effets plus ou moins violents ; l'ctenduo et la profondeur des plaies indiquant la force avec laquelle a été manié l'instrument piquant ou tranchant.
Quant à l'individualité du meurtrier, elle peut être déceléc par la spécialité de l'arme appartenant à telle ou telle profession ; le sabre ou la baïonnette du soldat, l'outil de l'artisan, tranchet du cordonnier, compas du charpentier, burin du ciseleur, lime ou fraise du serrurier ; l'espèce de projectile lancé par une arme à feu, plomb de chasse du braconnier ou du garde, bourre de nature particulière.
i2{)i CIRCONSTASÎCIÎS m Li:S llJ.DSbUHES ONT ÉTi'i l'AlTlCS.
Dajis quelques cas, le siège et la forme de la blessure indiqueet véritablement une main exercée. Deux pkies régulières des carotides, faîtes avec une grande précision -ehet une fille juive, ont permis de supposer qu'elle avait été tuée par un garçon boucher accoutumé à saigner les animaux. Des enfants [nouveau-nés, coupés en morceaux comme un animal destiné à un préparation culinaire, mettent sur la trace d'une servante infanticide.
Nous ne citons que des exemples ; chaque cas particulier <^xige des recherches spéciales et peut susciter de nouveUes suppositions.