‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 24 sur 82 · ACCIDENTS DB CHEMIN DE FEA · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DB CHEMIN DE FEA

]e présent que pour l'avenir, de toute infirmité résultant de ses blessures.

Obs. IV. — Accident de manœuvre à la gare de VEti ; fracture de .cuiue; tn/irmité incurable n — Le sieur G.. „ ouvrier ferreur de la carrosserie à la gare de TEst, étant accupé, avec quelques-uns de ses camarades, à rentrer plusieurs paires de roues qui embarrassaient la voie le 7 octobre 1858, fut atteint par deux paires qui le pressèrent contre un obstacle et lui cassèrent la hanche, une jambe et quatre côtes ; les deux ouvriers, auteurs de raccident, furent condamnés correction nellement.

Plus tard, le sieur G... actionna la Gompagnie, et par un jugement de la quatrième chambre, en date du 6 août 1859, je fus chargé de le visiter.

Je constatai, onze mois après Taccident, les traces d^une fracture de la cuisse droite, qui laisse encore le genou roide et la marche difficile ; et celles d'une fracture de la hanche qui détermine de la claudication. Le bras droit est engourdi par Tusage de la béquille. Ges iufirmités ne permettront plus au sieur G... Texercice de sa profession.

Obs. V. — Accident de manœuvre, Compreesion de la partie infé^ rieure du tronc; lésions consécutives graves. — Le sieur 6..., homme d^équipe à la Gompagnie de TOuest, a été gravement blessé le 10 novembre 1857, dans une manœuvre en gare. Le chef d'équipe lui avait donné Tordre de serrer le frein ; la pression n'ayant pas été suffi^sante, le chef insista et B..., en augmentant la pression, se trpuve pris entre le tampon du vyagon et le quai dont les dispositions ne présentent pas les conditions de sûreté désirables.

J'ai été commis, par jugement du 17 avril 1859, à Pefiet de visiter le sieur B..., de dire quel est son état actuel, la nature et les ponséquences de la blessure qu'il a reçue. Get examen tardif, qui n'a eu lieu que le 12 novembre 1859, deux ans après l'accident, n^en a été que plus concluant.

En effet, le* sieur B... avait éprouvé une contusion profonde des

reins et du bas-ventre ; à la suite de laquelle était survenue, d'un

côté une double hernie inguinale et une éventration, et de l'autre

une douleur persistante des reins accompagnée d'une paralysie

incomplète de la jambe droite. La région lombaire est sillonnée

de cicatrices de cautères. Il existe une constipation opini&tre. Les

^ urines sont rendues facilement mais retenues avec peine. La marche

est possible, mais amène promptement la fatigue. «^ ^ TÀRDiRU,*'0(etitiret. li

810 CHOIX d'observations db blessures par imprudence.

Cet ét«t eei grav« et constitue une infilrmité permmeii^, qvi ut peut que s^accroltre avec le temps et rend impossible tout tnmdl actif.

0b6. VI. -p* Acddeni de manœuvre. Ouvrier smrrmriêr; mmin éerti^; infirmUi tn^uroMtf. -<*• Le sieur L..., serrurier dana !•• «telieri de la Compagnie»de Pfist, a été blessé le iV mai 1868 ; il a eo b maûi droite écrasée par un wagon. Pendant dix jours ««HlaiiMiit il a été traité à Thôpital de Lariboisière, et a re^u ensuite les soin de M. le médecin en cbef de la Compagnie,

Chargé par le jugement du tribunal de constater son état. Je fe ▼isitai le 15 novembre 1659, dix-huit mois aprds l^aeeîdeBl, et Irouw les deuxième^ troisième et quatrième doigt» àe la omés écrasée unis entre eux, roides et contractés, i&oapalilea de toit mouvement.

Il y a là une infirmité incurable de la main droite, et une iactpaoité absolue de tout travail manuel. Le blessé, dcat Pét«t géaéiii est excellent, pourrait être employé à quelque serriee actif de veillance ou autre.

Obs. vu. — Accident de manœuvre dans un atelier, oôteë» Prétentioîu exagMu ; muuvait wmloir du kheeè^ — Un ouwnu serrurier des ateliers du chemin de fer de Lyon nonmd B..., mëé^ blessé, le 30 janvier 1850, en voulant isoler la ceurroie d^Bn de transmission.

11 a reçu les soins du médecin de la Compagnie pe»daat mois, et à la suite, au lieu de rentrer aux aleliers, il a indemnité de la Compagnie. Sa prétention n*ay«iit paa élé as» cueillie, il s'est adressé à Fassistanee jndieiai^ fomr k action.

Devant Tassistanee judiciaire, en juin 1856, il trausaotioa par laquelle «ne indemnité de 900 firaaca a^ été à B..., et il a été dit qu'un travail proportionaé à sea rait donné.

A la suite de cet arrangement, B... est reairé anm at»|ie«a, oèA est resté jusqu'en juillet 1857, à conduire une maehitte à cabolVt véritable travail d'enfant, consistante placer daaarétau de laM» chine une pièce de petite dimension et à laiiear &lh» ToHlil • veillant à. ce qu'il ne se dérange pas.

En quittant les ateliers, B... a dit que cela lefatign%il. CiHani son n^était. pas celle qui le faisait agir. Noue anoAs apjpna. de.M camarades .et de ses chefs qu'U n'était aailsMunl infeigué par-tft travail et quJil paraisatit bien poriaijirt.

AGGIDBRrrS DB CHEMIN DE FCR. 3fif

B^., sans tenir compta do rammgenunrt fait cm juin lB56^fiamt r^ûataiiee judiciaire, t'est de nouveau adressé à celles, qai loif a refusé son concoiu». Cependant il a formé contre la Compagnie une demande de 12,000 îr, dHndemnité.

X^ tribunal, pour éclairer sa religion, m'a désigné pour le via»*» ter et constater les conséquences de la blessure qii'il a reçae.

J'ai procédé à cette visite le 19 avril 1858, c'est-à-dire piw de vingt-cinq mois après l'accident.

B... reconnaît les faits qoi liennent d'être exposés et dit senlement qne c'est pAr suite de faiblesse qu'il a cessé de traraUkr.

B... est un homme de quaDrante^eept ans, vigoareuseient conatitaé* Lsa blessures qu'il s'esrt laites lors de Taccident consistent ea «ne double fracture des septième et huitième côtes gauches. La conao»* lidation est complète et régulière. Il n'existe ni gène dans la pdl-* tciae, ni épanchemeuts, ni lésions quelconques des oi^anes respiratoires. Il dit Aussi «voir eu des contusions à l'épaule et au bras gauches, ainsi qu'aux bourses. Il n'en reste bien enitendu syacona espèce de traces ; car on ne peut attribuer à l'accident une vanic»^ cèle Gertainen»ent ioBi ancienne.

U n'y a donc rîanqui puisse justifier la réclamation sxagéréost le mauvais vouloir du blessé.

On4. VIII. — AornsM tTêqmpê bkuè danêtm» maiiamsr»; miti&i«-

tim de blesiur$t, — * Le sieur N..«, homme d'équipe au chemin- de

fer du Nord, a été blessé en tombant dans la mananvtre d'une

plaqne tournante. Son état aété constaté, au bout de toowaematnas!;.

par la. docteur Brun, dans, les termes suivants :

' « Conformément à l'invitation que vous m'avez adresate par totra>

' lettre du 6 janvier «Je me suis transporté ai^jound'hui à la Ghai^Ue

Salntv-ûenis, au domicila du sîaojr N..., ancien ouvjeiar au:sef«bai^

^ da'la CompagniSkà l'effiiida constater l'état de sanAédana laqpMli

^ il se>trottTS«

^ .< Le «Aor N... a étéMoiaé la^ia déaembrs iaS7.; ie/hassiiii et la cuisse da ^Até gauche» comprimés par un wagon an ni9a¥emanl. ^ sur une plaque tournante, ont été le siège d'une co^ituakin à tfati ^ 8iûte<de laquelle N... est resté pendott quarante-deux, joars sans ' mprsndrs aoa tra'vaii ; apvès ce uime* le ^ jimvîer 185^^ U iwr ' taaraa aux atelîeiH ds Ja Chapelle ; il y travailla pendant tooif. iMÎe*. peu à peu il. cessa da boiter, et il était considéiié oomma i gnéiau Mais, suliantaoA dire, las daulaurs se réifitlUàrantiau moî0 i da mai* 4t. le iâ, il quitta dAnouTsau son travsiliquZU n<a b<^ mt- H pris depuis cette époque. .j.

2iâ CHOIX d'observations de blessures par ntPRUDKNCE.

« Ai:gourd'hui il se plaint de douleurs dans Taine et le bassin du côté gauche, et prétend ne pouvoir marcher sans douleur oi claudication ; et cependant la vue ni le toucher ne peuvent faire reconnaître aucune lésion dans le membre douloureux, non plus que dans le bassin; les parties ne sont pas déformées, les muscler ne sont pas amaigris, et c^est à peine si, dans Paine, on peut troover un peu de dureté auprès des scarifications pratiquées récemment sur la peau.

a Dans cette situation, il est difiicile d^ezpliquer les souffrances et la gène accusées par le blessé, et je ne vois rien dans son état ^oi puisse faire admettre une infirmité durable. »

Quelques jours plus tard, M. le docteur Nilo, médecin de la gsA» de la Chapelle, confirmait les précédentes observations dans h lettre que Ton va lire :

« J^ai reçu hier seulement votre lettre en date du 8 courant. Elle m^a d'autant plus surpris que je rencontre N... depuis plusieurs mois marchant comme Tun de nous. Il a eu primitivement une contusion à Taine, pour laquelle il est venu se présenter à ma cousultation le 2 janvier 1858, quatre ou cinq jours après son accident. Le 31 du môme mois, je lui ai délivré un certificat de reprise ; il lui a été donné alors un travail de surveillance pourfiir^ la convalescence, comme nous faisons d'habitude. N... est vesu en simple consultation pendant tout le mois de février - il t'est présenté sept fois dans ce mois-là. Du reste, je n'ai jamais considéré N... comme étant gravement blessé. Depuis le mois de février, Je ne Tai plus revu, et il a quitté la Compagnie sans même emporter son livret. »

C*est seulement le 20 mars 1860 que, par suite d^une action ietentée par le sieur N..., j*étais commis, par jugement de la qi»triôme chambre, à Teffet de le visiter, de dire quelle est la grarit^ des blessures qu'il a reçues, s'il en est résulté une maladie pastfgère, ou s'il y a lieu de craindre une infirmité permanente, enÈt si, dans Télat où il est actuellement, sa blessure Tempétdhe oui oa non de travailler.

Par suite de cette commission tardive, je n'eus à examinera sieur N... que vingt-huit mois après Taccident. Il avait imaginé^ produire, dans Taine gauche, une vésication artificielle, à Paide^ laquelle il avait provoqué un engorgement ganglionnaii^ et ^ clous qu'il était de toute impossibilité de rapporter à une cootosion datant de plus de deux ans. Je ne vis làqu^une simulation et une supercherie grossières.

Page 1