ATCÏDKNTS DE CHEMINS DE FEU
«feoiin peu moins d'énergie du frôté prétendu paralysé. Ces erpé- TÎences, sur le^quellesv a beaucoup trop insisté Texpert, n'ont donc •en réalité que fort peu devaleur et prouvent seulement le peu de ■sincérité du sieur N....
Arnvons au point essentiel, à ce qui concerne l'abolition ou la «onaervationdes mouvements et delà force musculaire dans le membre inférieur droit, dont le sieur N... prc^tend ne pas pouvoir se servir.' Nous avons dit que les deux membres reposent sui^ le*^ lit également et parallèlenrent allongés à côté l'un de l'autre. Si nous prenons dans les deux mains le membre inférieur droit, nous pourrons 'fléchir la cuisse sur le bassin, et la jambe sur la ciiisse ^ans aucune diffictilté, et nous assurer ainsi que le jeu des articulations est pai'faitement libre et qu'il n'y a pas traces d'ankylose, è'est-à-dire dMmmobilisation même incomplète d'aucune des jointures de ce membre. Mais de plus, nous constatons de la manière la plus positive quUl n'y a pas de contracture des muscles qui font mouvoir le genou et que, d'un autre cAté, quand on maintient la jambe élevée pendant un certain temps »an<i la soutenir complètement, les muscles de la jambe et dé la cuisse entrent en jeu instinctivement pour l'empêcher de cé'^er à son propre poids. Enfin, il demeure évident que les muscles de la totalité de ce membre B^t subi ni amaigrissement, ni dégénérescence, ni atrophie, ni relâchement, ce qui se serait inévitablement et invariablement produit sous l'influence d'une paralysie même incomplète ^ît de cause quelconque datant de près de deux ans- Mais la lumière éclate encore plus vive et la démonstration devient véritablement décisive, lorsque nous faisons lever le sieur N... et que nous le voyons marcher appuyé d'un rôté sur une' béquille, de l'autre sur une simple canne. D'abord, il ne faut pas oublier que le membre inférieur gauche est parfaitement sain et vigoureux et présente cette singulière anomalie d'une paralysie, qfie l'on a attribuée à une lésion des lombes ou de la moelle, et qlii ne frapperait qu'un seul côté, chose qui ne se voit pas d'ordinaire et sur laquelle nous aurons à revenir. Mais voici qui est plus fort! eette jambe droite qui tout à Pheure s'étendait complètement et e^llongeait sur le lit, que nous pouvions fléchir et étendre sans que rien s'opposÂt à la parfaite souplesse des mouvements, est maintenant demi'-fléchie et comme portée par le sieur N.. tant qu'il est debout. On en cherche vainement la raison. V.n effet, lorsqu'on voit de pauvres paralytiques traîner une jambe inerte, celle-ci pend et n'est ramenée en avant que parl'impulsion de tout
232 CHOIX d'observations de blessures par UiPRUDEIfCE.
Id corps et en fauchant en quelque sorte au ras du sol. Pour qu^un membre perclus reste demi-fléchi, il faut qu^il y ait soit une rétraction permanente des muscles, soit une ankylose avec flexion do genou, soit une atrophie avec diminution de volume des musdes et du membre tout entier. Rien , absolument rien de tout ceii n^existe chez le sieur N..- Et sUl tient la jambe fléchie, c^est parmi efibrt volontaire, c'est par la contraction très-apparente des muscles de la cuisse, qui, ainsi qu'il est facile de le voii% communiquent à tout le membre une roideur extrême. Là se trouve, à n*eB pas douter, Texplication du volume exagéré qu^a acquis la cuise que la paralysie eût dû amaigrir. C'est Texercice violent que loi imposent la simulation de la paralysie et la flexion persistante de la jambe qui a développé ses muscles outre mesure. Lorsque le sieur N... est debout, appuyé sur sa béquille, le membre inférienr droit demi-fléchi repose, non à plat ni sur le côté, mais sur le bout du pied et l'extrémité du gros oi*teil; et loin d'être mou, pendant et inerte, ce membre est dur, roide et contracté. Nous Teng»geons à poser les deux pieds à plat en se tenant immobile, il a soin de prendre la jambe droite avec sa main et de la placer dans l'attitude que nous lui demandons. Il s'y maintient bien, en inclinant un peu le bassin du côté droit, et les muscles sont alors dans le relâchement; mais quand nous l'invitons à se remettre en marche, il commence par replier la jambe supposée paralysée par un mouvement qui atteste précisément la force et le libre jeu des muscles de ce membre.
En ce qui touche cette paralysie signalée par le sieur N. , comme la principale conséquence de l'accident dont il a été victime, le doute rt'est donc pas possible. Quant aux autres symptômes qu'il dit avoir éprouvés ou ressentis encore, qu'en pourrions-nous dire! Cette prétendue lésion des facultés mentales que démentent si formellement l'attitude et le langage du sieur N..., et que Texpert de Montpellier lui-même a rejetée comme inadmissible, ne pouvait en aucune façon se rattacher, si jamais elle avait existé, au genre de blessures reçues pas plus qu'à l'apoplexie nerveuse. L'inertie de rintestin et de la vessie n'est plus même alléguée aujoui*d^hui. Et quand nous interrogeons les fonctions viriles, si souvent atteintes dans les lésions des lombes et de la moelle, le sieur N..., qui ne parait pas préparé à cette question, nous dit qu'il a de fréquentes érections et se trouve comme un homme qui se masturberait tonte la journée. Nous citons textuellement sa réponse, qui n'est pas celle à coup sûr d'un homme frappé de paralysie.