‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 30 sur 82 · ACCIDENTS DE CHEMINS DE FER · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE CHEMINS DE FER

Il restait un dernier point fort important à établir, c^est, en pré* sence d'une affection que l'on parait croire et que Ton dit si grave, la complète inaction, Tabsence de tout traitement, quand notoirement le médecin de la compagnie et M. X... l'expert avaient formellement conseillé une cure thermale, dont le pays même qu'ha* bite le sieur N... offre soit à Balaruc, soit à Lamalou, les plus précieux et les plus sûrs agents. Il j a pour nous, dans cette abs* tention significative et que le sieur N... ne peut justifier, un fait de la plus haute gravité; car nous ne doutons pas que, sinon la paralysie qui n^a jamais existé, du moins les suites de la fracture du bassin n'eussent été promptement* amendées par un traitement rationnel rigoureusement suivi, et surtout par l'usage des eaux minérales qui viennent d'être indiquées, et qui se trouvent par la plus heureuse rencontre à proximité de la résidence du sieur N.

Notre mission, telle que nous l'avons comprise, resterait incomplète, si, quelque délicate que soit la tâche, nous ne faisions connaître notre opinion sur le rapport et les conclusions du médecin qui s'est trouvé accidentellement chargé de l'expertise qu'avait jugée nécessaire le tribunal de la Seine.

11 est évident pour nous que M. le docteur X... frappé, comme tout médecin instruit devait l'être, des symptômes inconciliables entre eux et tout à fait insolites qu'accusait le sieur N..., et répugnant à admettre une complète simulation, s'est laissé entraîner, pour les expliquer, à des hypothèses qui, en ne le satisfaisant pas lui-même complètement, ont eu le grave inconvénient de l'éloigner de la réalité des faits. Il a admis une lésion de la substance nerveuse qui n'a jamais existé chez le sieur N.... et dont on ne saurait retrouver chez lui, soit antérieurement, soit à l'heure présente, absolument aucun signe. Il n'a pas tenu compte autant qu'il l'eût fallu de la région primitivement atteinte, de la limitation de la paralysie supposée à un seul membre, de l'intégrité de La nutrition de celui-ci, fait capital; de la conservation des fonctions de la vessie, du rectum et des organes sexuels, excluant absolument toute lésion passée ou présente de la moelle et, par suite, toute paralysie incurable. Quant à la supposition qu'a faite M. X... sur la nature de l'affection dont il avait cru le sieur N... atteint, en admettant une hémorrhagie capillaire qui aurait intéressé à la fois les branches antérieures et postérieures des nerfs lombaires, il a laissé l'imagination prendre ici la place des données anatomiques et physiologiques les plus élémentaires. Ajoutons qu'en déclarant incurable une maladie si mal définie et contre laquelle, de son propre

i34 CHOIX d'observations de blbssurbs par imprudence:.

«veu, la sciencemct à notre . disposition des meyems -qui *n'oHt «pas encore été seulement tentés, Texpert de* Montpellier s^eçt trop hâté de désespérer de l'ayenir.

En réeuxné, de l'exposé des faits qui pi*éoèdent et àe Wnn direct auquel nous noua sommes livré,* nous n'héaitons 'pas--à dure que :

.lo Le sieur ^...a été atteint, lors de Tacoident du 6 juillet IffS. d'une fracture de la partie antérieure et inférieure du basak produite par la contusion et la eompressLon violente de ettte cégioti ;

.20 Ce(tte fracture, exempte de complication, est aujourd'hiûet depuis longtemps guérie de la manière la plus oomplàte etla phs satiafaisaLte, sans aucune déformation apparente et sans aoêr» conséquence qu'un peu d'abaiasemeut du bassin du oôtédroit^ d'où peut résulter une légère claudication et un peu moins d'aiBplitude du mouTemeut d'éoartemeut de la cuisse; .^0 L'accident. dont il a été victime ,n'a pas et n'aura pa» poiu^4e aieur N... d'autres conséquences que celles qui viennent d'être rappelées ;

4o Non-seulement la vie n'est, pas rmonacée^imais la aanté^eit excellente à tous égaMs, eO' apparence et en réalité; ..5«> La.paralysie dout il se. dit atteint «au. membre infériear adroit, n'est pas réelle. Si. dans le principe, il a pu exister dece e^té quelque gêne des mouvements résultant de la fracture du baBein,tl n'en existe plus trace aujourd'hui, et nous^affirmons «ie la<=manière la plus foimelle que tout est simulé dans cette prétendae paralysie, et que l'habitude et la longue inaction viennent en aide à la simulation;

6o Le sieur N... ne doit donc en aucune façon être coasidéfé Qomme atteint d'une infirmité incurable ;

.7o Alors même que l'état dans lequel il se présente a tgourd%Bi serait réel, ce qui n'est oertainement pas, cet état d'une paria» l'empêcherait pas le moins du monde d'exercer lés fonctions d'ia»tituteur, défaire une classe ou un cours quelconque, d'écrire ou^de remplir tel autre devoir de sa profession ; d'une autre part, il serait parfaitement et promptement curable par des moyens appropriés, notamment par le traitement hydro- thermal, que le sieur N... tt^ jamais employé;

8o Rien ne justifie les prétentions exorbitantes du sieur N...

0b3. X.XX.1. — Choc de dtux trains, dèraiUemtnt. EtmpiQffè éi$ poètes blessé. Grounde exagération dans VindicaUon des symptâmm»

ACaDENTS DE CHiaUlNS DK 7RR. '235

"TiBnttUiffe de^simuiaiion d'une ammur ose eonsécwkve, — Par jtrgement de la quatrième ^cfa ambre du' tribunal civil' ide la Seine, k 1" août 1863, nous avons été eommiâ, avec MM. Devergâe et Boys 'de Loury, à Teffet de visiter le sieur C..., employé de> l'administration des postes, demeurant à 'Paris-la^Chapelle.

Le sieur G... a été blessé lors d'un accident arrivé sur la Ivghe .du chemin de fer du Nord, le'i8 janvier 1863, à Louvres,'et c'est à la suite de. la demande d^ndemnité formée contre la' Gompagnie'du chemin de fer que Texpertise a été ordonnée.

Des renseignements qni nous ont été fournis et de nos pi*opr6S constatations, il résuite que, lelendemain.de ^accident, on ne trouvait, chez le blessé, que deuxou trois petites plaies au front. Ges plaies étaient insignifiantes et n'intéressaient pas même toa#e répaisseur du derme. Au moment de l'accident, le blessé n^avait pas perdu connaissance, et ses petites plaies frontales étaient guéries en quelques jours. Outre ces plaies'du front, le sieur G... accusait une douleur dans la région thoracique et au niveau 'de Tune des ci^êtes iliaques. En ce dernier point, il existait une petite plaie, comme une égratignure. ir n'y avait ni épanchement sanguin, ni gonflement, ni douleur ^xe ; aucun signe, en un mot, de fracture ou de contusion violente. Du o6té*dii thorax, le blessé accusait une douleur spontanée et exagérée par la pression : elle siégeait sur l'un des côtés du thorax. Mais* il n'y avait aucune ecchymose, aucune trace de violence extérieure. *A la palpation, on peut s'assurer que le sieur G... ne rapportait pas toujours la douleur au même point. Il n'y avait point de dyspnée, point de douleur à la tempe. Il avait pu y avoir ébranlement et trouble nerveux, mais on ne constatait aucune trace de fracture de c6te, aucune trace d'épanchement thoracique, et quelques jours de repos semblaient devoir suffire pour faire disparaître ces légers acci^ients. Le sieur G... était maigre, pâle et portait l'empreinte d^une santé délabrée.

Deux jours après, ses plaies du front étaient presque tout à fait cicatrisées, et, quelques jours après, elles étaient guéries. Il en était de même de la petite plaie sur la crête iliaque. Il n'y avait aucune ecchymose, et la douleur, comme au premier jour, n'était Jamais dans un point ûxe,

"^De plus, pas de toux, pas de dyspnée, etc. G .. était au lit lorsque le médecin de la Compagnie vint le visiter. Mais celui-ci, que l'on avait fait attendre quelques minutes à la porte, fut surpris de trouver le blessé couché avec son pantalon. Il lui manifesta sa sur-

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