CHOIX D*0BSERVATI0NS DE BLESSURES PAR IMPRUDENCE
prise de le voir au lit, et lui représenta que rien, dans ses blessures légères, ne pouvait expliquer cette position.
Trois mois plus tard. G... se présentait comme incurable et comme atteint d^une amaurose consécutive à ses plaies contuses do front. Sa santé avait tellement souffert, qu'il était douteux qnli pût se rétablir. A ce moment, vers le milieu de mars, les plaies du front étaient représentées par de petites traînées cicatricielles: de sa poitrine, il n^en est plus question. Du côté des jeux, 1« pupilles étaient d^une contractilité remarquable. Un examen approfondi à la lumière directe et à la lampe, à Téclairage direct et à Téclairage oblique, à Pophthalmoscope, démontre de la manière U plus positive que la rétine est saine, qu^il n'y a ni amaurose, u amblyopie, ni altération quelconque de la vision, qu^il n^existe aucun trouble dans les centres nerveux et quUl n^y a pas liea àa sWrêter à cette affirmation.
L^état général de la santé s^expliquait par une maladie gn^ dont le sieur G., était à peine guéri au moment de Taccident.
Obs. KXXII. — Déraillement sur la ligne de Lyon-Méditemaùê^ Mécanicien jeté sur la machine; brûlures graves; infirmité «nciirièli* Contestation foniée sur le défaut de traitement, — Le sieur P... était employé à la Gompagnie du cbemin de fer de Lyon à la MéditeN ranée en qualité de mécanicien. Le 8 octobre 1855, il conduisait k train direct venant de Valence à Lyon, lorsqu'arrivant, à huitheares du soir, entre Tain et Serves, il s'aperçut, au milieu d*un violent orage, à la lueur d'un éclair, que la voie était obstruée.
La locomotive arrivait sur le ballast qui encombrait la voie. Elle déraille avec le train. P... fut jeté par la secousse contre la porte du foyer de la locomotive et blessé tant à la poitrine qu^au ventre, au côté et au bras.
L'état du blessé était constaté, à la date du 23 avril 1856, park médecin de la Gompagnie à Lyon, dans les termes suivants : f Li mécanicien P..., auquel j'ai donné des soins depuis le il septembre 1855, a été atteint de brûlures profondes et étendues siégeant : io sur la paroi abdominale dans une étendue de 22 à :^ centimètres de droite à gauche et de 15 à 18 de haut en bas (troisième et quatrième degré) ; 2° à la partie supérieure de la face interne du bras droit et sur le bord postérieur de Taisselle du même côté (troisième degré) ; 3® sur le dos, à l'avant-bras et à la main (premier et deuxième degré). La cicatrisation complète avait été obtenue depuis une dizaine de jours, lorsque, le 17 décembre 18^ je crus pouvoir permettre au mécanicien P..., en vue des besoins
ACCIDENTS DE CBEMINS DE FEK. 237
du service, de reprendre son travail. Il ne put conduire sa machine que pendant trois jours, la cicatrice s*étant déchirée au bord postérieur de Taissellé. La roideur de jointure et la difficulté des mouvements, surtout de celui d^élévation, subsistant après la cicatrisation complète, j^ai combattu ces accidents par les moyens ordinairement mis en us^ge en pareil cas et, en définitive, j^ai eu recours à l'électrisation, qui a été employée sous la direction de mon honorable confrère le docteur P..., Fun des médecins les plus répandus de Lyon. Je puis résumer ainsi Tétat actuel du mécanicien P... : i^ La cicatrice du ventre, bien que très-apparente, n'occasionne pas la moindre gêne. Les brûlures du dos et de l'avantbras n'ont pas laissé de traces. 29 II existe une difficulté considérable des mouvements de Tépaule droite, surtout de celui d'élévation, qui ne dépasse pas Tangle droit, et cet état doit être attribué : à une paralysie incomplète de certains muscles de Tépaule, à une lésion de nature rhumatismale de la jointure ; à Taction du tissu cicatriciel. La gêne produite par les cicatrices ne peut pas constituer un obstacle à la guérison ; les cicatrices ne sont pas adhérentes, et d'ailleurs la peau du voisinage doit se prêter à leur rétraction. La roideur de la jointure doit être combattue avec succès lorsque, ainsi qu'il y a tout lieu de l'espérer, l'électrisation aura amélioré l'état des muscles de l'épaule. Quatre séances de faradisation localisée ont été faites par M. le docteur Philipeaux, qui comptait arriver, à l'aide de ce moyen, à une amélioration notable; mais, depuis le 14 avril^ M. P... ne s'est pas présenté au cabinet du médecin et ne nous a pas fait connaître les motifs de sa détermination. Sans pouvoir affirmer que l'articulation malade doive acquérir bientôt la parfaite intégrité de ses fonctions, j'espère que si le malade est soumis à l'électrisation, on pourra obtenir une amélioration telle qu'il sera à même de reprendre ses fonctions de mécanicien. En tout cas, rien ne peut s'opposer à ce que M. P... soit employé à un travail exigeant moins de force et des mouvements moins étendus que celui qui consiste à conduire une locomotive. »
Le tribunal de la Seine a alloué une provision à P...; mais, avant de statuer définitivement sur toute l'indemnité, il a désiré notre avis sur la position du blessé et sur ses chances plus ou moins grandes de guérison.
P... s'étaut rendu tout de suite à Paris, je procédai à la visite dont j'étais chargé le 2 août 1858, prés de trois ans après Tacciilent. Je constatai, outre les cicatrices étendues et profondes des brû-
â38 CHOIX d'observations De blessures par imprudence.
lures au flanc droit et sous le bras, au niveau du plexus, une paralysie presque complote du muscle deltoïde du cAté droit et rispossibilité pour le blessé non-seulement de conduire une machiaf et de reprendre son ancien état, mais encore de ae livrer, à. ancsA travail manuel.
Je reçus du chef. du contentieux de la Compagnie lesobsemtlons écrites que je vais citer : a Je n^ai pas insisté suffisammoU lors de Texpertise à laquelle vous avez prooédé aujourd'hui entn la Compagnie et M. P..., sur un point qvi me paraît essenliflL M» P.. n^est pas encore, après près de trois ana«. guéri dea^snitai de son accident; mais, depuis plus de deux. ans, depuis le il airii 1856, il s^est soustrait à tout traitement et a renoneô aux. soins^ô lui étaient donnés, ainsi que le constate le rapport ci-Joiat âb médecin de la Compagnie à Lyon, qui remonte à cette époqoe. U neveux pas dire que M. P... ait agi ainsi dans le but de faire OM spéculation du procès qu'il intentait à. la Compagnie à la jiJmt époque; mais il est certain que, s^il avait continué le traiteoMil ai rationnel auquel il était soumis, il serait depuis. Innfptnnfff gViéri; en tout cas, sa position ne se serait-elle pas aggravée, comme il a dû résulter de cette abstention de soins? C'est à. vou* monsieur, de prononcer sur ce point; mais je ne. pense paa qpalt Compagnie puisse être responsable. des suites de*C6 mauYaia vmlûir. »
Quelqiie équitable quUl me parCit de tenir compte de ces observa tiona et de les admettre dans une certaine mesui'e, je n^ai pa8.crt possible, en présence de la gravité des brûlures et des suites oïdir nairement irrémédiables qu'elles produisent, d^attribuor une part principale- au défaut de soins daus le développemeuA de riafirmité incurable dont devait rester atteint le sieur P...
Ofis. XKKIII. — Déraillement $%r la ligne de VEêU Employé dm jlpitêe bUshè grièvement; commotion de la moeUe; accidenie eoneàcÊr tifs à march: progressive. — Le 7 juillet 1866 , à onze heuxvsdo matin, à HepenfeLd, près Brumath, le train dans lequel M. C^, employé de Tadministration des postes, se trouvait pour son sernoe* dérailla sur un remblai d^environ six à. buit pieds de profondeur. Ce déraillement, ainsi que cela a été constaté par les procés^verbanx dresses à cet effet, fut causé par, le bris des essieux des fourgças destinés aux bagages. En raison de la rapidité de la marche et de la violence du choc, quatre v^agons de voyageurs et le wagon de poste furent précipités en bas du remblai et brisés dana leur, chute. Par suite de cet accident, M. G... fut grièvement blessé. Il a jété atteint.