‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 33 sur 82 · ACCIDENTS DE CUEMIMS DE FER · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE CUEMIMS DE FER

qu^à son retour à Paris quUi prit le lit, en proie à des accidents nerveux qui allèrent en s'aggravant.

Je le vis dans les premiers jours de Tannée 1869, dix mois environ après Taccident. Il était couché sur le dos , se plaignant de douleurs générales et sourdes dans tous les membres, et plus particulièrement dans la tête et dans les reins. Ses mouvements étaient difficiles et lents, sa mémoire très-affaiblie, sa voix cassée et sa parole manifestement embarrassée. Toutes les fonctions languissaient, Tappétit était nul, la langue chargée , Thaleine fétide, la peau terreuse et froide, le pouls très-petit et faible, la vessie paresseuse, la digestion pénible. Il était presque toujours dans un état de somnolence et ne répondait d^ailleurs avec justesse que quand il y était vivement sollicité. Les sens étaient obtus. De temps en temps, les douleurs présentaient un caractère marqué d'exacerbation.

Depuis cette époque, je revis à plusieurs reprises M. B... Rien dans ses antécédents de santé ne pouvait expliquer les troubles profonds que j^avais constatés chez lui et qui, pour mui, étaient évidemment la conséquence de la commotion et très-probablement de la contusion du cerveau éprouvées lors de Paccident de l'année précédente. Je reconnaissais les signes d'une encéphalite subaiguë à marche progressive. Le temps ne fit que confirmer cette impression.

Par un progrès lent mais continu, les phénomènes de la paralysie s^accusèi eut de plus en plus. Les facultés se troublèrent et les forces allèrent en déclinant. Au bout de deux ans, M. B... était sous le coup d'un ramollissement chronique du cerveau dont la terminaison ne pouvait être éloignée.

Obs. XKXV. — Rencontre de deux trains. Voyageur atteint de blessures graves \ témoignages médicaux contradictoires ; discussion médico-légale: jugement, —Par suite de la rencontre de deux trains, un choc terrible eut lieu, le 18 septembre 1853, à 3 kilomètres de Poitiers, sur le chemin de fer de Bordeaux à Paris Six employés de la Compagnie furent tués et trente voyageurs plus ou moins grièvement blessés.

Des condamnations graves ont été prononcées en police correctionnelle contre les auteurs de l'accident.

La Compagnie eut de plus à répondre à une demande de 150,000 francs en dommages-intérêts dirigée contre elle par une des victimes, don Manuel Sanjurjo, membre des Cortès espagnoles, âgé de quarante et un ans.

Tardieu, liUssures. 16

242 CHOIX d'OBSBRYATIONS DK BLBSSUBB8 PAR DfFRUDBlfCK.

Relevé sans connaissaoce après i*aooiâ«Dt , M. Saojurjo fat tout d'abord compté parmi les voyagears grièveinaiit hlené» U était atteint à la tète, à la poitrine, aoz membres mipdrieQrs et inférieurs. On le transporta à Saint-Benoit, ob il resta pendait huit jours, presque constamment au lit ; puis, imalgré I'atis ém médecins, il part pour Madrid. Mais il avait trop compte aar su forces, et il est obligé de s'arrêter encore trois jours à Bordaaai. ot il reçoit les soins du docteur Lugeol, qui déoisrs qas la vue di blessé produisit sur lui une impression pénible. U ooaatata Ifl plaies de la tète, les ecchymoses de la face, la gtoe de Aa respintion, la difficulté de la marche et la claudication. Il «herche • yain à le retenir; après trois jours de repos, M. Sai^ui;^> se ni en route, fait encore une courte station à Bayonna et arrivs I Madrid.

A son arrivée , il consulte une des illustrations médicalei et

TEspagne, M. Ramon Félix Gapdeville. Gelai*ei, appelé près ^

M. Sanjurjo le 30 septembre 1853, constate la tuméfaction de b

face, de larges ecchymoses, de Tinsomnia, de la fièvre. Prostn-

tion, hébétude, deux plaies non encore guéries au front, aiit

tumeur osseuse et dépression vers la partie externe. Une aatat

plaie à la face, sur la joue. Une fracture de la cinquiôsM eèlaà

gauche, non consolidée, un épanchement bien earaotérisé diosk

poitrine, la dilatation du thorax avec souffle et matité. A la nais

gauche, déchirure cicatrisée, avec impossibilité de mouvoir dsox

doigts. Au genou gauche , gonflement , doulenr, épanchemeai

Contusions de la jambe et de la cuisse. Une diminution notable 4i

la motilité dans tout le côté gauche. La contractilité de la maia4i

ce côte est très-affaiblie, la sensibilité diminuée; une contractuit

douloureuse des bras paralysés et la perte de la mémoire. Il existe

en même temps des troubles digestifs liés à ane augmentation àê

volume du foie. M. Gapdeville conclut en ces aermes : fracture et

crâne et d'une côte ; épanchement et compression du cervesa;

engoi*gement du poumon et du foie. Un traitement très-énergifn

est institué et continué sans succès pendant trois mois. L*état èb

souffrance est le même le 30 décembre.

L^etat du malade s'aggrave et des accidents nouveaux paraiaaa&t se manifester; le 14 janvier 1854, une nouvelle consultation a liaa entre trois des premiers médecins de Madrid, MM. lea docteart Usera, Dupierriz et Benavidès , qui reconnaissent rexactitodt des faits signalés par M. Gapdeville. Le visage est onoore boarsoifflé, le regard morne. Les consultants constatent la paralyais»

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