ACCIDENTS DE CHEMINS DE. FEB
dérisoire de déplorer qae M. Sanjurjo se soit soustrait à un régime moral exempt de toute excitation iotelleetueUê, conune si cet homme, dont on s'est complu à dépeindre la nature irritable, aurait pu profiter un seul instant de ee repos et de cette prétendue libsence d^excitation, à deux cents lieues de son pajs, dans Tisole^ ment, sur le théâtre même de son malheur et au milieu des preoc*cùpations de toute nature qui devaient venir Tassiéger. Pour loi reprocher son départ précipité, il £anl perdre de vue toutes ces conditions pourtant très-réeUes, Ui supposer un tempérament antre que celui qui lui appartient et dont on voudrait la rendre res^ pensable., «t enfin lui faire porter la peine de la défiance assez U9r turelle que lui inapirmni des conseils fort peu convaincus en ap^ parence de la réalité et de la gravité de ses bleseures.
c En résumé, sur oe premier point, je persiste à penser que le traitement que l'on reproche à M. Saajuijo de n'avoir pas subi, eût été teut à fait impoissant à cox\jurer les suites de ses blessui^s, et que c'est une hypothèse toute gratuite d'attribuer au refus qu'il a jfait de se laisser traiter la prenûère part dans lea conséquences ^'a eues pour lui l'accident du 18 septembre*
« 2* Ksi-œ à son départ préci]^ ei à des imprudences répétées ^'il faut imputer les souffraaees et les infirmités de M. San* jvrjo f C'est là ee que aoutîeot de la manière la plus absolue i/L Def«rgie; c'eet là ee qim, pour ma part, je ne peurraia admettre lorsque je eonaidére, ee qu'il me faudrait jaoiais perdre de vue dans tBtts afi^ire, la aatone même des bleisures, ieur nomJbre* leur Mié§$ et lear incontestable gravité.
c II. Devtsrgie, qui semUe ea temr pea de eompte, se fait trop facilement l'écho de cette assertion iBcroyable que M. Sanjurjo a quitté Saiut-Benoît dans un état de MuUé pmrfcnie. Quelle santé, eft etfRrt, que celle d'un hoaune qui, il ne faut pas se lasser de le répéter, a eu, il j a moins de àntt joura, le crâne et lescètes fracturés;, lea genoux déinroiés, te cerveau, te peuauMi et le éoie eoAtusieanést c En vérité, ai je ne vemlaie m'interdire tonte réflexion qui ne fêt pas purement médicale, il y a quelque chose de bien dififieiie à eeneilier dane eetta déolaratron de gnérieoa presque eomplèle et les prétendus efiTorts que Ton aurait faits pour retenir le blessé. I*aime mieux rappeler qsi'à Saint-Benott même le maître de la «laison oh avait été transporté IL, Sanjurjo, atteste qa'il est resté presque complètement a» lit; et j*afirme qn'aa moment où il a ^fvitté ce pays, il ne pourait être daas «a étidt partsst.
a On a beaucoup insisté sur la i es igiMa r et tsa diCficaitâa de la
248 CHOIX d'obskrvations de blessures par imprudence.
route pour expliquer Tétat déplorable dans lequel était M. Sanjurje à son arrivée à Madrid. Mais on oublie encore qu^à Bordeaux déjà, c*est-à-dire après quelques heures à peine d^un voyage exécuté dans les meilleures conditions, M. le docteur Lugeol coDsigntit rimpression pénible qu^avait produite sur lui la vue de M. Sasjurjo, dont le visage était gonflé, la respiration extrêmemeoi gênée, la marche très-difficile.
« Que Ton vienne maintenant compter la durée du vojage, les cahots des voitures et jusqu'aux inégalités des chemint et Espagne , on n'arrivera pas à faire qu'une inflammatioa du foie, un engorgement du poumon, un épanchement au cerveau, pulueit être attribués à de semblables causes plutôt qu^aux plaies de U tête, aux fractures des côtes et à la commotion générale dontiii sont la conséquence naturelle. Bn ejQTet, si Ton veut bien , au Hh d'une discussion théorique sur les fractures du crâne, s'attacher aux circonstances spéciales du fait, qui seul doit nous occuper, (A verra qu'il ne s'agit pas ici de blessures ordinaires^ mais bien d« ces lésions multiples liées à cette commotion générale etprofoD<ie. qui est le caractère essentiel, quoique encore mal défini, des accidents terribles dont les chemins de fer peuvent être le théâtre. Sans doute, M Sanjurjo n'a pas eu les os du crâne brisés etli cerveau désorganisé comme dans les cas oh la mort est instantanée. Mais il a été soumis à une cause vulnérante qui , outre ses efets immédiats, a laissé dans tout l'organisme une perturbation dont les manifestations pouvaient se faire attendre plus ou moins looftemps. Ce n'est pas en quatre jours, ni en huit, ni méine en quinze, que s'opère la consolidation de la fracture la plus simple, et le travail inflammatoire qui accompagne cette opération ne » développe lui-même que graduellement.
« Il en résulte que, quand les os qui sont le siège de la fracton avoisinent des organes importants comme le cerveau et le poumon le blessé reste exposé pendant longtemps à des accidents qui, pour n'être pas immédiats, n'en sont pas moins graves. Quant à l'iaflammation du foie, M. Devergie sait aussi bien que moi qu'elle est par essence lente à se développer partout ailleurs que dans les régions tropicales. Il n'y a donc, en réalité, rien que de trèa-ntturel dans la marche qu'à suivie la maladie de M. Sanjurjo, et quoique part qu'on fasse aux fatigues du voyage , celle-ci derrt toujours être minime auprès de Tinfluence directe résultant des blessures mêmes et des dispositions physiques et morales dans lesquelles elles plaçaient le blessé.
ACCIDENTS m: CHEMINS DE FER. 241>
tf So II me reste encore à examiner si, ainsi que le prétend M. Devergie, les conséquences de ces blessures n'ont pas été aussi funestes qu^on Va. dit et si la gravité n'a pas été exagérée. J'avoue que, sur ce point, j'éprouve quelque embarras à répondre. M. Devergie fait remarquer que je n'ai pas vu M. Sanjurjo; je ne sache pas qu'il l'ait vu davantage. Mais, en ce qui me concerne, en rédigeant ma consultation, j'ai teuu pour vrais et authentiques les documents qui m'ont été fournis et notamment les rapports des médecins espagnols que M. Devergie ne craint pas de taxer d'inexactitude et d'exagération.
«c Et lorsque j'ai exprimé mon opinion personnelle, il est bien entendu que je ne l'ai fait que sous la réserve de la sincérité entière des renseignements sur lesquels elle était fondée.
a Cependant je trouve, dans le mémoire de M. Devergie, un fait dont je n'ai pas eu connaissance, ainsi qu'il veut bien le reconnaître, et qui serait de nature à produire une certaine impression. Je veux parler de la présence de M. Sanjurjo à une séance des Gortès du 5 décembre 1853, à laquelle non-seulement il aurait assisté, ce qui n'aurait rien d'impossible , mais où encore , ce qui me paraîtrait beaucoup plus extraordinaire, il aurait pris la parole et aurait soutenu une discussion longue et animée.
« Pour apprécier la portée de ce fait, il faudrait avoir la complète certitude de sa réalité, et, en outre, en connaître d'une manière positive les circonstances et les détails. Je ne puis que faire remarquer combien peu il est conciiiable avec l'avis unanimeexprimé par tous les médecins espagnols qui ont été appelés à voir M. Sanjurjo, soit à la fin du même mois de décembre 1853, soit dans le courant de l'année 1855. jusqu'à la grande consultation contradictoire du mois d'octobre. S'il fallait pourtant expliquer la présence de M. Sanjurjo, malgré son état de souffrance avéré, à une séance des Gortès, il me semble qu'il serait permis de faire observer que, dans le désespoir d'une carrière brisée . dans cette lutte d'un homme jeune encore et d'un caractère énergique contre le mal qui ruine son avenir, peut-être dans la préoccupation excusable de cacher aux autres son impuissance et ses infirmités, afin de se rattacher à la position qui lui échappe, il serait possible qu'il eût pu vaincre la douleur et tenter un essai de ses forces.
c Qui sentira le courage de condamner une si légitime imprudence? Et en supposant même, ce que rien n'établit, qu'elle eût eu des suites fâcheuses, n'y pourrait-on pas voir une preuve nouvelle de la gravité de cet état, que le moindre effort exaspère, et de la.
:250 CHOIX d'observations dk blksslrks par imprudence,
réalité de cet affaiblissement des facultés intellectuelles qui ne seraient réputées saines qu^à la condition d'une inaction complète? c Kn résumé, quoi qu'on suppose et qu'on dise, on se trouve Imh Jottrs en face de ce tableau, si triste encore, tracé à la date d'octobre 1854 par les six médecins experts, et qui reste comme U de^ nière expression de l'état de M. Saigurjo. M. Devergie, qui, sar une singulière inadvertance, affirme que, dans ce rapport, on ae dit rien des facultés intellectuelles, cite lui-même textuellement li phrase ob les experts déclanent que M. Sanjurfo ne peut pas st livrer à ses occupations habituelles ni aux travaux de l'intelligence. Si, dans la même consultation, la possibilité d'une g^uérison très-problématique de l'affection du foie et le retour d'une certaine activité intellectuelle sontentrevos dans un lointain avenir, il n'a est pas moins vrai que les six médecins représentant les deux intérêts opposés sont unanimes à reconnaître que le blessé conservera toujours une prédisposition à la souffrance, et ne pourra saM danger retourner dans les colonies, là ob. Tattendident la positioB et la fortune qu'il a perdues.
« Je n'ai pas, quant à moi, voulu dire autre chose, et^ sans m'arréter à des disputes de mots, je maintiens avec une comTiction eatière le sens de mes premières conclusions ; et je répète^ en fiat^ sanf, que les infirmités graves dont est atteint M. Snnjuno, se peuvent être attribuées qu'à ses blessures, et qu'il se ressentirt tonte sa vis de l'accident dont il a été victime le 18 septembre 1053. »
Le tribunal a rendu., à la date du 20 décembre 1856s un jiiginmnt ainsi conçu :
« Attendu qu'il résulte des circonstances de la cause et des documents produits, que Sanjnrjo est dans un état de souffrance et d*infirmité qui est la conséquence directe de l'accident qui lui «rt arrivé en chemin de fer le 18 septembre 1853;
« Attendu qae la Compagnie ne décline pas la responsabilité civile de Taocident, et qu'elle reconnaît qu'une indemnité est due-
« Attendu que le tribunal a les éléments nécessaires pour ai cler le préjudice causé et pour fixer l'indemnité provisoire «ni être allouée à Saajuijo; (( Par ces motifs, le tribunal :
« Condamne la Compagnie du chemin de fer de Paris à Bordeasi àpayer à Sanjurjo : 1« la somme de 6,000 firancs; â» et, en ovtre. une rente annuelle et viagèie de 4,000 francs^ à eoatpter d« jonr di* la demande;
ACCIDENTS DE \OITURES. â5i
« Dit toutefois que, dans le cas où Sanjurjo viendrait à décéder «▼«nt sa mère, ladite rente subsisterait pour moitié au profit de sa <dite mère et juaqn^à aon déoès ;
(1 Dit que le payement de la rente viagère devra éCns &it à Ifadiid^ afi domicile qui sera indiqvé ,par Sanjurjo, et érentuellMBeat par sa mère, et qu'il aura lieu par semestre et d*avaace;
u Dit que la condaBsnation au pajemeat de la «omme^ 6,000 fr. irera eiécutoire par provision, nonobstant appel «t caoa caution ;
« Condamne la Compagnie aux dépens. »
Articla H. — Acoidents de Toitiirefl.^
Je choisis les Irente-huit observations qnî vont suivre parmi les 116 cas d'accidents de voitures que j'ai observés et dontj^exposerai plus loin l'analyse détaillée. Elles suffiront à donner un aperçu très-complet des formes très-diverses sous lesquelles se présente cette espèce d'accidents, les plus fréquenls de tous, tant au point de vue des formalités de procédure et des conditions d'expertise, que de 1h na^re des blessures qu'ils déterminent et des conséquences procàoînes ou éloignées qu'ils entraînent.
Ok. XXXVl. -— Femme himêiê far im camion 4e chemin eft fer. Modèle dêjuffewunt. — A la date du tô aTril iSôi^ la fille L... a été jelée par un camion d« ohenoin de fer de Lyon contre la dewature dHine boutique et aerrée violemment contre cette devantuna*
Attendu que la fille L... demande, à raiaon de cet faits et des lUeaearea qui en sont le résultat, des domatiages-âatéréts centre la Compagnie de Lyon ;
Attendu que ie triliiHial n'a pas les éléments nécessaires pour statoeor; qu'il y a lieu 'de recourir k une «xpertiee;
Parées motifs^ commet iee docteurs Tardieu, Piogej et Béhier, experts, dispensés du eerment, du consentement des parties, les» tpiels visiteront la fille L.«., rechercheront quel était son «état 4e eanté autant Taceideat, constateront son état actueU et indiqueront, «i faire se peat, quelles pourraient en être les coneéquencee ; pour être leur rapport déposé, par les parties requis, et par le tribunal Statué ce qu'il appartiendra; lesquels experts, en eas d'empêchement, seront remplacés parordesinaneedn prétideot de oette chatny bre ou de celui de la chambre des vacations.
252 CHOIX d'obsi:uvations de blicssurks par imprudence.
Oj3. X.XX.VH. — Cou:) de timon lU fiacre dans l'êxtomnc. Pas de suites graoes, — LesidurP... avait été blessé, le 2 octobre 1^. par un coup de timon de fiacre quUl avait reçu dans restomac. II avait été retenu huit jours au lit , et des sangues avaient été appliquées à Tépigastre. Une ordonnance du juge dUnstruction m commit à l'effet de le visiter le 29 octobre 1858.
Vingt-sept jours après Taccident, il accusait encore quelques douleurs; mais rien de grave, en somme, n'était résulté de cett« blessure.
Obs. XXXVIII. — Nourrice blessée par un coup de timon l voituri\ Abcès du sein. — La femme Ch... a été blessée, le 2 juillet 1845, par un coup de timon de voiture à Tépigastre. Elle étiit nourrice, et, à la suite de ce coup, un abcès se développa au seic, qui la retint six semaines à Thôpital.
Chargé par le juge d'instruction de constater son état, je conS" tate, à la date du 4 septembre, deux mois après Taccident, qull n'y a plus de traces de la blessure, mais seulement un grao^ affaiblissement causé par le trotible de la lactation et la maladie qui en a été la suite.
Obs. XXXIX. — Jtum fille renversée par un omnibus. Traces à scrofule<f non de blessures; simulation, — La fille J. R... a été res* versée, le 1" novembre 1861, par le choc d'une voiture de remise- Elle dit avoir été foulée aux pieds des chevaux et avoir été blessée k la t(He et aux bras. M. le juge de paix la soumit à mon examen.
Je la visitai le 1°^ février 1862, trois mois après l'accident.
Cette jeune fille est âgée de seize ans, bien formée. Elle pr^ sente au plus haut degré tous les signes d'une constitution scrofo* leuse : cicatrices d'abcès , taie sur les yeux, écoulement àfs oreilles, engorgement des ganglions du cou. Mais, dans tout cela, il est impossible de découvrir la moindre trace de blessures» li moin ire cicatrice de plaies faites parle pied d'un cheval. Il y t, de la part de cette jeune fille, une évidente et grossière exagératioa.
Ob3. XL. — Accident de voiture sans gravité. Lésions conséeulitt» tardivement alléfuées; folie hypochondriaque : procè'i fait aux experts. -<-La demoiselle R. .. ancienne cuisinière, renversée, en 1856, par ane voiture conduite par un cocher de l'administration des voitures de Paris, a actionné ladite administration et le cocher en dommagesintérêts.
Par arrêté de la quatrième chambre de la Cour de Paris , en date du 14 janvier 1860, j'ai été commis, avec dispense de serment pour procéder .à la visite de la malade.
Cette demoiselle, âgée de quarante-huit ans, blessée il y a quatre ans, se dit en proie à des terreurs, à des vertiges*. Elle n^a cependant jamais eu d^attaques. Elle dit avoir eu, en outre, une amaurose de Toeil droit, mais depuis un an seulement, et ayoir sans cesse des mouches noires devant les yeux.
Ses douleurs sont absolument imaginaires. Elle n*a conservé aucune trace de Taocident dont elle a été victime, et ce n^est que tardivement qu*elle a songé à attribuer à cette cause les maux sans nombre enfantés chez elle par la maladie hypochondriaque la plus caractérisée.
Pendant plusieurs années, après que la Cour eut rejeté ses prétentions, elle n'a cessé de nous poursuivre de ses réclamations, et, au bout de dix ans, elle a voulu nous faire un procès, nous attribuant le déni de justice dont elle persiste à se plaindre.
Obs. XLI. — Blessure par un coup de pied de cheval. Infirmilé incurable. — Le sieur Th... a été blessé le 6 avril 1863. Il a eu le pied gauche écrasé par un cheval, qui lui a fait une plaie en arrière, sur le tendon d'Achille et sur la malléole externe.
Visité par moi, en exécution d'un arrêt de la Cour (chambre des appels correctionnels), il ne m^offrit pas d*ankylose, mais seulement une rétraction de la cicatrice avec douleur le long des nerfs et œdème des orteils.
La marche est très-difficile et restera probablement toujours gênée.
Obs. XLII. — Relayeur d'omnibtis blessé par un cheval. Fracture de cuisse; guérison sans infirmité. — Le sieur L..., âgé de dix-sept ans et demi, relayeur au service de la Compagnie des omnibus, a été blessé, le 16 juin 1869, par le cheval de renfort quMI conduisait. Il a été retenu trois mois à Thospice Beaujon et un mois à Tasile de Vincennes.
Sur Pinvitation de Tadministration de la Compagnie, j^ai visité le sieur L... le 21 mars 1870, et j'ai constaté la guérison complète et une bonne consolidation. Il n^y a pas d'atrophie du membre, le cal est à peine sensible, et Ton ne trouve qu'un raccourcissement insignifiant de l'écartement. L'enflure de la jambe est nulle, et rien ne s'oppose à ce que ce garçon reprenne son travail.
Obs. XLHI. — Fracture de jambe par suite d^une chute de cheval au service de la Compagnie des omnibus ; nulle complication ; incapacité de quatre mois. — Le jeune D..., dix-sept ans, au service de la Compagnie des omnibus, a eu la jambe cassée par le cheval de renfort qu'il conduisait le 10 dccjmbre 1869. U est resté à l'hô-
iS4 GHOIK d'OBSERVATUHCS DB m.KSSWBS PAR IMPRUDENCE.
pital de la CSfeuurité Yingt-huii jovra* «i TÎAgt joaca à TasilB db
VÙMMiiiesi.
A la demajida fia eontanUeax dâ U Goaipa|;»M« ^ui déairait Itit ftx^ sar la daréa de Tiaeapaeité do travaiUyai viaitA W Javna Dw. le 5 avril 1870, près de quatre moia aprèa raecid#at. U a*agiaMit d^une fractara aiaipla da tibia du côté drail^trèa'^Ma guéria, caato* lidée avec une parfaite régularité^ «t dont U ne vaaladLfc d'aolm traees ^^aaa légère teadanca à renfliàie des majléolas.
Le jeune blaaaé était, dèa k présent, an état d<a re]pr«»dre stt travail journalier.
Obs. XLiV. — F/oiV d# tkê et fraeturt de la €ksfHeulm iàêz m jêwnê hemmê rmnerwà par une voiture; pas de iuiêe» forâmes, — J'iî procédé, le S4 jotUet 1851, eD¥eftud'oa jitgemaal deia buitièns chambre de polioa correctionaeUe^ à riaman da aleajr B.— , paia* tre sur porealaine, qui, le 11 juin précédent, a élé raaveraé par aat Toiture. Il a>Mit faift une plaie à la téla et a*ast fraaiiiré la clavicali. Entré à l*Mpital Lariboisiôra, il n'y eai raaté qaa dtja Mais on doit estijner à deux nkois enviroa lla^apaciM d* quVntratnerant ses blessures, dont la guérison eai di^à. praeqoe complète an noateart de ma TÎsita.
Osâ. KL¥. — > Ewfmi reniPêné pmt tma fiiiy miâmn. SàmpU ma-
tusion de Pépaule; nuUe trace au moment de la «m#«. -^ La3 jak
!860, lé jeune B. M...» ftgé da treize aaa,. apprenti b\ioiitier, a été
renvei*se et blessé par une voiture appartenant à la Compagnie des
petites voituree.
Chargé par un jugement de la quatrième chambra du tribaaal de le visiter et de constater ses blessurea, j'ai proeôdé à o&k examea dans les premiers jours de février.
Il j avait eu simple contusion de Pépaule droita^ aana fracinn ni déplacement des os. L'enfant avait été soigné peAdant quiast jours à rhôpital Sainte-Eugénie et était resté em toat daoz mois sans travailler.
Toute trace de Taccident était dèa Longtampa effacée «la y^^^^i iomt de ma visite.
Obs. XL VI. <— Pied écrasé par la rouê d'un oiimtèiia; jmw di fracture; tncapoeUé de trois mois, — M. L..., louai&r d* iNMtarea, a eu le plad gauche écrasé, le 21 juillet 1860; par la roua dhia oninibua.
Je 1^ TU ua mois après, en exécution de Tordodutaiiea dHui dt messieura las jages d'instruction.
De chaque eété du talon, en dedans et en dehora, ^^^^^^^^ ^
AGGlDKlfTI» DE VOITDRSS. 25&
plaies à peine têirméêa. L'engorgement est énorme et ki roideur des artiouiations complote. A droite dn mollet, on voit la oieatriee d^une plaie récente. Lee os n*Qn% pas été atteints.
LUncapaoité de traTail résultant de cette blessure sera de trois mois environ.
Obs. XLVIL — Chute produite par wm omiit^. Plaie peu profonde à la tête; aucune euite grave, — En exécution d'ua jugement de la quatrième chambre du tribunal civil, j*ai procédé, le 9 janvier 1861, en présence des médecins et des consuls des parties, à la Tisite de la dame H..., blessée par un omnibus.
L'accident remontait au 22 août précédent, o'e8tmà'<^iie à quatre mois et demi. Cette dame, âgée de cinquante ans, avait été renversée et s'était fait uae plaie contuse peu profonde au-dessus de roreille droite; il ne parait pas qu'elle ait éprouvé de commotion. Elle dit avoir gardé le lit une semaine et la chambre dix-huit jours, et avoir conservé une névralgie persistante.
Je ne constate rien autre chose qu^une tràs-légère différence dans la motilité de la paupière et de Tiris du cété bleesé.
En somme, les suites de l'accident ont été absolument sans gravité.
Obs. XLVIil. — Femme renversée par une wfiiure. Siwtplee eon*^ tueiotu; aucune infirmité; grande exagération, -*- Mademoiselle U. B..., âgée de trente-six ans, a été renversée par une voiture le 7 avril 1800.
En vertu d'un jugement de la quatrième chambre du tribunal civil, je l'ai visitée le • 14 novembre 18ti0, sept mois après l'aocîdent.
U n'y a pas de fracture, mais une simple contusion d«i tibia ga\iohe et de la hanche. On a appliqué un emplâtre snr le bas de la jambe. Sans motif appréciable, je constatai une grande exagération dans les plaintes de la demoiselle H.... qui prétend qu'elle ne peut marcher, mais chez laquelle rien ne vient à l'appui de ce dire.
Obs. XLIX. '^ Fradure êimpU de jambe par une charrette; incapacité deeixmois, — Le sieur L..., ouvrier briquetier, âgé de dixneuf ans, a eu la jambe cassée par une charrette du la fabrique le 24 décembre 1845.
Un jugement de la sixième chambre correctionnelle me chargea de constater son état.
Je le vois le 20 avril 1846, quatre mois après l'accident. Le tibia a été fracturé au tiers inférieur. La consolidation est complète et
i56 CHOIX D'OBSLilRYATIONS DE BLESSURES PAR IMPRUDENCE.
régulière. La marche n^est pas encore bien assurée et ne le sert pas avant six semaines ou deux mois. 11 n^j aura, d^ailleurs, pas d^autre suite de la blessure que quelques douleurs passagères, et U durée totale de Pincapacité do travail, eu égard à la profession do blessé, peut être évaluée à six mois.
Obs. L. — Enfant écrasé par une voiture. Fracture de jambe omc plaie ; consolidation rapide ; incapacité de six semaines. — La jeune M. Z..., âgée de neuf ans, a été renversée, le 26 juin 1846, par uik voiture. Elle a eu la jambe droite cassée-
Je suis chargé de la visiter par le juge dUnstruction, et je constate, moins d^un mois après, le 23 juillet, TexiRtence d^une fracture du tibia droit avpc plaie de 9 centimètres de long sur 3 de largv déjà parfaitement consolidée. La marche n^est cependant pas encore possible, et l'incapacité d^exercice se prolongera durant six semaines. Il ne restera, d^ailleurs, à Tentant, aucune infirmité consécutive.
Obs. LI. — Contusions simples sur les jambes et la région lombairt par le passage d'une voilure. — Le jeune Ch. D..., âgé de dix-neof ans et demi, a été blessé, le 15 mars 1846, par une voiture qui lai a passé sur les jambes et sur les reins.
Je Texamine trois mois après, le 17 juin, en exécution d^unjagement de la sixième chambre correctionnelle.
Il ne restait d^autres traces de Faccident qu\in gonflement pafl douloureux à la région lombaire, avec une certaine gêne dans les mouvemeuts de la colonne vertébrale. La marche et le travail étaient, dès cette époque, redevenus possibles.
Obs. LII. — Enfant renversé par une voiture. Blessure à VèpasU. Contestation médicale. — Par ordonnance de référé du 14 novembre 1863, j'ai été commis pour constater la nature et la gravité àt la blessure de la jeune demoiselle B..., renvei'sée, le 7 septembre 1803, par un fiacre passant sur le boulevard du Temple.
L^enfant, âgée de onze ans et demi, avait été blessée à Pépaole droite. Les médecins qui lui donnaient les soins avaient admis une fracture du col de l'humérus dont l'existence était contestée ptr les médecins de la Compagnie; leur opinion est formulée dans le certificat suivant à la date du 19 octobre, c'est-à-dire six semaines après l'accident :
a Nous avons reconnu les traces d'une assez violente contusion de l'épaule. Les restes que celte eufant conserve de son accident sont un léger degré d'atrophie du muscle deltoïde et de la géDé dans les mouvemeuts étendus de ré])aule. Ces doux symptômes.
qui disparaîtront promptement dès que Tenfant reprendra Texercice de son membre, ce qu'elle doit faire le plus Xàt possible, sont le résultat et de la contusion et de Tinsensibilité à laquelle le membre a été condamné. Nous savons que nos confrères qui ont visité cette enfant ont craint Pexistence d'une fracture du col de Fbumérus. Nous regrettons de n'avoir pu nous rencontrer avec eux près de cette jeune malade. Nous ne doutons pas qu'ils eussent reconnu avec nous que toute idée de l'existence d'une fracture devait être ici écartée. C'est qu'aujourd'hui, que tout gonflement a disparu et que la région a repris ses caractères normaux, le diagnostic est devenu absolument certain. Il n'y a pas eu de fracture : io parce qu'il n'a jamais existé d'ecchymose ; 2o parce que la conformatioik de la tête humérale est exactement à droite ce qu'elle est à gauche; 3o enfin, parce que la longueur des membres est rigoureusement la même des deux côtés. Or, comme nous pensons qu'il ne saurait exister de fracture du col humerai sans ecchymose, sans déformation et sans un certain degré de raccourcissement, nous en concluons que l'enfant a simplement eu une contusion. »
C'est dans cette situation que l'affaire me fut renvoyée par l'ordonnance de référé précitée. Je vis la petite fille une première fois, le 4 décembre 1863, trois mois après sa chute.
Il demeure évident pour n^oi qu'il y avait eu fracture non pas, il est vrai, du col de l'humérus, ainsi qu'on l'avait pensé d'abord, mais de l'acromion. Le cal était facile à sentir et les mouvements de l'épaule étaient encore très- difficiles, ce que Ton n'eût pas observé chez un enfant à la suite d'une simple contusion ; d'autant plus que cette gêne se prolongea pendant plusieurs mois.
Je revis l'enfant le 9 février 1864 ; dix-sept mois s'étaient écoulés depuis l'accident, et la guérison était parfaite.
Obs. lui. — Éeratement par un$ roue de voiture. Contusions pro' fondes ; pas de suites graves. — Sur l'ordonnance d'un de messieurs les juges d'instruction en date du 30 septembre 1843, nous avons été commis à Teffet de visiter le sieur B..., ouvrier maçon, de constater l'état oîi il se trouve en ce moment, et de nous expliquer sur les causes des blessures qu'il a reçues, ainsi que sur les conséquences qu'elles pourront avoir.
Après avoir prêté serment, et pris connaissance du certificat délivré le 1*' septembre par M. le docteur Lombard, nous nous sommes transporté au domicile indiqué, oii nous avons procédé à l'examen du sieur B..., âgé de soixante et un ans.
Tardiku, Blessures. 17
258 CHOIX d'observations de blessures par imprudence.
Noas rayons trouvé levé, mais encore renfermé dans sa câiambre, qu'il nous a déclaré n'*avoir encore quittée qu^une eenle fois, deni jours avant notre visite, époque à laquelle il fut renTeraé parl^ cabriolet qui lui passa sur le corps. L^ayant fait lever et marcher* nous avons remarqué quUl semblait avoir quelque peine à se lemr droit, et que sa démarcbe n^était pas bien assarée. Il ne poi^ plus de traces de contusion, ni de plaies sur le visage, si ce n'«it une légère ecchymose en voie de résolution de rœil gauche. L» sieur B... nous déclara que, depuis Taccident dont il a été Tictîme, il n^entend presque pas de Toreille gauche, et qu^îl j éprouve dei bourdonnements. Il nous a été difficile de constater cette surdilé, qui d^ ailleurs, au dire même du malade, va en dimixmaBt. n existi au coude du c6té droit la marque presque effacée d^ane contudoi déjà ancienne, et pouvant remonter à un mois. Le pli dn brat à» même c6té offre la trace d^une double saignée. De nombraiiM» sangsues ont été appliquées assez récemment, en arrière, au niveau de Tépaule gauche et sur le côté du thorax. Mais on ne trouve plus dans ces différents points aucune trace visible de contusioa, ni déchirure des téguments, ni épanchement de sang dans le tim cellulaire sous-cutané. La peau ne présente aucun changement d* coloration ; il n'y a pas non plus de gonflement. Cependant le milade se plaint d'une douleur assez vive dans le côté ganche de k sixième à la huitième côte. Cette douleur augmente à la pressîoD, et dans les grandes inspirations qu'elle rend presque impoasiUfli» En touchant Tendroit douloureux, on ne sent ni tumeur, ni flnetuation, ni crépitation. Les côtes examinées isolément n'*offieBt rien qui indique qu'elles aient été fracturées dans aucun point de leur étendue. L'auscultation et la percussion montrent, en outre, que la respiration est parfaitement pure dans tonte la poitrine et que les organes qu'elle renferme sont intacts; le sieur B... ae tousse pas. Le sang qui^ à ce qull dit, aurait teint pendant quelque temps ses crachats, a complètement dispara; il n^a pasls moindre fièvre .
De l'examen des faits que nous venons de rapporter, il résulta que :
io Le sieur 6... a reçu, lors de Taccident dont il a été victime, il y a environ un mois, des contusions plus ou moins violentes dani différentes parties du corps, et notamment à la partie postérieure et latérale gauche de la poitrine ; sans plaies ni fractures .
29 Les accidents qui ont dû suivre immédiatement et qui ont nécessité un traitement énergique, ont complètement disparu, ei
ACGIDfiNTS DE Y^TUIES. - fS^
laissant toutefois nn affaiblissement nvtabie dans la Milité générale.
3o II reste simplement une assez g^rande gène de la respiration et une doulenr due à la difficulté qu'éppotiTent eneora à se mouyMr les parois de la poitrine ; mais sans lésion des poumons.
40 Le sieur B... n*a pas encore recouvré toutes ses forces, mais il est aujourd'hui en pleine convalescence, et sera dans huit jours au plus tard, à moins de circonstances impossibles à prévoir, en état de reprendre ses travaux.
0b8. LIY. — Fêmm$ renversée par un omnibue. Fratture du poignet, malëdiê de U matrice fauseement attribuée à Vomnihue Exagération, — > La damoiselle D..., marchande des quatre saisons^ est renversée par un oomibus.
Peu de temps après, le 7 décembre 1861, sur un avis du cootentieux, le médecin de la Compagnie, M. le docteur Gontier, se rend à THôtel-Dieu, où il trouve la femme D... couchée et conetatenme fracture du radius au tiers inférieur, une violente contusion de la région lombaire et de la caisse gauche, de nombreuses excorioticnw. Sans s'occuper des contusions qui devaient guérir pendant le temps nécessaire à la consolidation de la fracture, M. le docteur Gontier conclut à quarante ou cinquante jours. d'incapacité de tra* vail, ce qui lui parait très-suffisant pour une fracture du radius •ans complication aucune.
Sur un nouvel avis il dut visiter, vers la moitié de j aimer, la femme D..., mais cette foie à son domicile. Cédant, oonmie 11 arrive trop souvent, à de mauvais conseils, elje avait qiihté fhôpital; il constata alors une consolidation très-srvancée, mais pas assez toutefois pour permettre k cette blessée de reprendre ses occupations; il trouva encore quelques traces èe contusion. La malade se plaignait très vivement de son liras, de htL hanche et de la cuisse. Ses plaintes parurent trèe-exargéréea ; 11 engagea cette femme à prendre courage, réappliqua un banttagis roulé qu'il avait trouva appliqué d'une manière tout k U&t irtém, galière et insuffisante, et engagea la malade à faire quelques «oduvements du poignet et du coudé.
Au mois d'avril, M. Gontier revit encore cette femme-; «B» n^avait tenu aucun compte de ses recommandations, elle avait tenu son bras immobile et serré, aussi trouva-t-il le membve itft peu atrophié par défaut d'exerciee et compreseion^ il y avAlt 'de la roideur dans les articulations du poignet et du coude, et, far suite, un peu de douleur. La malade continuait k te phdodM tU
^60 CBOIX D*OBSERYATIONS DE BLESSURES PAR IMPRUDENCE.
sa hauche, bien que de son aveu, on n'y ylt plus traces de contusion. Il y avait dans ses plaintes tant d'exagération « quUl n'hésita pas à déclarer à cette malade qu'il n^cyoutait aucune foi à sci assertions.
Chargé par jugement de la 8* chambre de police correctiona^e de constater à mon tour l'état de la femme D..., je procédai à cette Tisite le 12 juillet 1861, sept mois et demi environ après Paccideit Je reconnus les traces d'une fracture du radius du cdté gaude guérie sans la moindre difformité.
Elle me fit voir également qu'elle portait une ceinture nécessitée par une chute de la matrice, et qu'elle avait mal à l'œil gancie où je constatai une inflammation ulcéreuse superficielle de II cornée. Mais il me fut impossible de rattacher à Taccident ces ii> firmités très-réelles, bien que fort exagérées par la femme D... Obs. LV. — Enfant blessé par une voiture. Écrcuement de lamsa»
Compagnie d'assurance; intervention du conseil de famille. M. li
juge de paix du XIX* arrondissement m*a fait'Thonneur de fflV dresser, à la date du 17 novembre 1863, la lettre suivante :
u Veuillez prendre la peine de me faire connaître par an oit votre avis sur une affaire délicate intéressant le mineur A..., qui été blessé grièvement aux deux mains, et notamment à Tune d'dK par une voiture au moment où il se trouvait à jouer dans U i^ L^enfant a de sept à huit ans; une Compagnie d*as8uranceoffit<^ payer, en réparation du préjudice permanent causé à cet enftit, une somme capitale de 1,800 francs. Cette Gompag^nie suboniosii cette allocation à une acceptation k faire de cette indemnité défiai* tive par le conseil de famille du mineur. Appelé à préûâertt conseil de famille, je vous ai nommé expert, àreflTet de m'édairer, ainsi que le conseil, sur la gravité des blessures reçues par !'«- £ant, sur les entraves que ces blessures pourront apporter pour \à à l'exercice d'une profession nouvelle, et de me faire savoir «• dans votre opinion, la somme proposée est ou non suffisante, i raison du préjudice causé. »
J'ai constaté seulement chez ce jeune garçon, à la maingao^ Pexistence d'une bride cicatricielle qui réunit à leur base lesdecziôme et troisième doigts, mais qui ne peut d'ailleurs déternûa^ que très-peu de gêne, et n'appportera dans l'avenir aucun obstaeb à l'exercice d'une profession quelconque.
Obs. LVI. — Blessures faites par une toiiurê dont Us deeeat étaient emportés. Fracture de jambe ; aucune infirmité perpt lanto. — Le sieur R...« marchand de couleora et entrepreneur^
peinture en bâtiments, traversant la place de la Bastille le 7 avril 1857, fut violemment atteint et renversé par une voiture dont les chevaux avaient pris le mors aux dents.
Dans sa requête, M. R... expose qu^il a eu la jambe broyée delà manière la plus grave. Relevé et transporté dans l'état le plus déplorable à TbApital Sain^Antoine, il y est resté trente-cinq jours, sans pouvoir faire le moindre mouvement et en proie aux plus vives souffrances ; au bout de ce temps seulement, il a pu être ramené dans un wagon spécial à son domicile, k Corbeil, où il est demeuré également plusieurs mois sans pouvoir vaquer à ses affaires, et livré à un traitement très-coûteux. Aujourd'hui encore, 13 février 1858, il marche très-difficilement à Taide de béquilles et est menacé de rester estropié pendant fort longtemps, si ce n'est pour toujours.
A la suite de cet exposé, M. R... demandait, devant la 4® chambre du tribunal civil de la Seine, une somme de 12,000 francs de dommages et intérêts à la propriétaire de la voiture dont les che- Taux Pavaient renversé.
C'est dans ces circonstances que M. le président de la 4« chambre me donna mission de visiter le sieur R..., de constater l'état de ses blessures, et d'apprécier les conséquences qu'elles pourront ultérieurement entraîner. Cet examen eut lieu le 2 mars 1858, onze mois après Taccident.
Je constate qu'il y a eu chez lui fracture complète des deux os au tiers inférieur de la jambe gauche. Les plaies sont très-régulièrement cicatrisées. Aujourd'hui, la consolidation est parfaite; il n'y a pas la moindre déviation du membre ; il n'y reste que des douleurs vagues et pasygères. La plaie qui existait au coude gauche était sans importance.
En résumé, les suites de l'accident étaient loin d'avoir eu la gra- TÎté alléguée parle sieur R..., et ne devaient pour l'avenir entraîner aucune infirmité durable.
Obs. LVII. — Écrasement de la jambe par une roue de charrette: Fracture avec plaie ; guèrison parfaite sane difformité, — Le sieur J. A..., âgé de quinze ans, travaillant en qualité de garçon briquetier dans l'usine de la Compagnie du gaz, a été, le 21 août 1857, Tictime de l'imprudence d'un charretier dont la voiture, chargée et attelée de deux chevaux, le renvei;3a. Une des roues lui ayant passé sur la jambe, il en résulta une blessure grave. Transporté le même jour à l'hôpital Lariboisière, il y resta jusqu'au 10 octobre suivant, et depms cette époque il n'a pu se
26â cuoix d'observations de blessures par imprudence.
iLTcer à aucua travail, il ue peut marcher qu'à Taide «k liéquilles^ et il est à craindre qu'il ne puisse marcher de longtemps encore.
Un jugement de la 4^ chambre du tribunal civil me commit à Pûffet de visiter ce jeune garçon, ce que je fis le 23 juillet i858« onze mois après Taccideiit, en vue de donner mon avis sur les coi^ séquences q|u*il avait pu avoir, et notamment jusqu^à quel pointu blessure a été et peut être encore de nature à fkire obstacle à TexercLce de son état de briquetier.
Je constatai les traces d'une fracture de Textrémité inférieure dé laj/imbe gauche, compliquée de plaies en avant et en arrière^ Maîfl la consolidation s'est faite sans déformation, sans ankylosa; la guérison est complote et parfaite.
Ce jeune homme ne conservera aucune difformité» il pouna reprendre son état, et, dès le mois de février, c'est-à-dire au bout de cinq mois, il a pu se remettre au travail.
0b3. LVIII. — Femme écroêé^ par %tM «othare. Lmxaiioa^ âê Vépaule ; contusiont graves ; incapacité de tra»ail de traie mots» —
M"* L... a été renversée et écrasée par une voiture le 8 novembre 1862. En exécution d^une ordonnance de référé, je la vîacteU 10 décembre suivant, un mois après Taccident.
Cette dame a été gravement blessée. Il existe au talon do: cété droit une plaie non encore cicatrisée. L'épaule gauche a ét4 luxée et fortement contuse ; den sangsues en grand nombre y ont été appliquées. En môme temps que la luxation du bras, se produisait une foulure du poignet et du pouce du môm» côté. Toutee cet parties sont encore, après trente-deux jours écoulés, très-endo* leries, et je constate une difficulté encore très-grande dans les mouvements de l'épaule, malgré la l'éduction complète derla luxation.
M^* L... n^a pu reprendre encore aucune occupation etseceeMi^ tira certainement pendant environ trois mois de l'aœident dont «Ue a été victime.
Oes. LIX. * Femme renversée par un omnibue. Fracture dueUêu fémur; complication. Double expertiee à intervalle éloigné, La dan» Ik.., ouvrière en ch&les, a été blessée, le 17 janvier IfôQ, parus omnibus. Le col du fémur a été fracturé. Entrée à PHôteL-Diei», elle j est restée deux mois et^demL
Je Fai visitée une première fois le 17 juin suivant, par suite d'io jugem en t de la 4e chambre du tribunaL Quoique cinq moia. se Aissent écoulés, la dame D... n'avait pu encore reprendjBa aon trth
ACCIDENTS DE VOITIIEES. 263
'ml. Je constatai à la fesse gaudie ane cicatrice proyenant d^une plaie contuse. Des abcès con8écati& à an épanchement et à une infiltration de sang très-profonds s'étaient formés jusqne dans Taine droite. On retrouTait les marques de TouTertare de trois de ces abcès. Les mouvement» de flexion de la cuisse étaient difficiles, et la marche était également fort pénible. Le nombre inférieur gauche restait notablement tuméfié. La dame D... pouvait néanmoins reprendre le travail sédentaire de sa profession.
Une nouvelle décision du tribunal m'appela à constater Tétat de M*** D... une seconde fois, le-SA janvier i862^ trois ans après Taoddent. Au lieu de travailler dans les chAles, eUeanraât fait des ménages. Il restait bien encore un peu de gène dans lajambe gauche, mais je ne trouvai ni raccourcissement ni amotg^ssement du membre blessé, où se voyaient seulement les cicatrices d'un ulcère «tonique qui pouvait être rapporté au trouble produit dans la circulation par la fracture compliquée du col du fémtir. La dame D... se plaignait aussi d'une incontinence d'urine dont l'origine ni la réalité ne pouvaient être précisées.
Obs. LX. — Fracturé de jambe proêmtw par k pastoffê d^yne roue de voiture. IneapaeUè de tnfoail de quatre woi§, — Le sieur R..., Toiturier, a été blessé le 3 septembre ^66 par la roue d^une «alèebe.
Chargé par jugement de la 8* chambre du tribunal correctionned, -Je constate, à la date du 20 décembre suivant, quHl a eu le péroné fracturé, avec une très-légère déchirure de la peau, et qu'il ne reste pius à cette époque, trois mois et demi après l'accident^ qu'un peu dTengorgement et de raideur de la jambe. Il ne peut cependant pas encore travailler ; il avait passé quarante-trois jours à THAtel-Dieu ; il faut estimer l'incapacité de travail à quatre mois environ.
Obs. LXI. — ChuH de voiture. Entoree du genou ; arthrite sane infirmité consécutive persistante. — M. M..., que j'ai été chargé de ▼isiter par jugement de la 6* chambre, a été blessé, le* 3 janvier 1860, par un cheval qui a fait verser sa voiture. Il a eu, dit-il, le ^nou tourné et est resté au lit vingt-deux jours.
L'examen auquel je me livre, le 19 mars, deux mois et demi après Paccident, me permet de reconnattre les traces de Pentorse du genou droit, le gonflement, les marques de sangsues et de deux Tésicatoires. Le pied est encore assez douloureux, et le blessé marche en boitant un peu ; mais il n'y a pas d'ankylose, ainsi que Favait admis le mrédecin du- blessé, et la claudication ne persistera
264 CHOIX d'observations de blessures par imprudence.
pas. Une consultation de médecins, à la date du 6 mars, n^atatt admis qu^une arthrite traumatiqae.
Obs. LXII. — Choc de deux voituree» Chute iur le pavé ; lésùm U bassin ; inea'paciiè de plusieurs mois ; pas d'infirmité persisiamte. — Le 13 juin 1869, vers six heures du soir, le sieur M..., cultiTatear à Glamart, était monté dans une voiture attelée d^un cheTil et chargée de pommes de terre quUl conduisait lorsqnUlfit accroché par une voiture de bois de charpente qui se dirigeait en sens contraire. Le choc fut assez violent pour que le tieor M... fût jeté sur le pavé et la charrette renversée* sur lui. Oali releva grièvement blessé, et il expose que depuis raccident il a*a pu se livrer à aucun travail, et est atteint d^uae infirmité dèi à présent incurable.
Le tribunal civil, devant qui le sieur M... a porté sa demanda de B«000 francs de dommages et intérêts, a ordonné, ayant de faire droit, une enquête sur les circonstances du fait, et une expaHiv sur la nature et la gravité des blessures dont se plaint le sieur IL.. J^ai procédé à cette expertise vers le milieu du mois de mars 1960. neuf mois après Paccident.
La principale blessure qu^ait reçue dans sa chute le sieur U-. a porté sur le bassin ; il n'a pu se relever ; tout mouveaait était impossible ; pendant les quatre ou cinq premiers joaii, il a eu une rétention d'urine ; une infiltration énorme de uMf oceupait toute la région fessière ; il est resté au lit pendant fOirante-cinq jours.
Au moment de mon examen, neuf mois après Paccident, os sent manifestement, au niveau de Tarticulation sacro-iliaq[M du côté droit, une saillie formée par le cal des os brisés on pv le déplacement des surfaces articulaires. Le mouvement di fiexion des reins reste difficile. Il existe une hernie inguinale da côté gauche, mais rien ne prouve qu^elle doive être attribuée à Ttecident.
Vers le mois de septembre, trois mois après sa chute, le sieor M... a pu reprendre de petits travaux dans les champs. Soaélil s'est amélioré lentement et il est actuellement capable de se linet k ses occupations, à la condition toutefois de ne pas estnprendre de trop gros ouvrages ni de porter de trop lourds &r* deaux.
Obs. LXIII. — Fracture de la jambe produite par unêvoit»t Affection articulaire; infirmité persistante ; paralysie des doigts cmeèeutive à Vusage des béquilles. — Le sieur D..., ancien priscipil
clerc d^avoué, a été renversé par la Toiture d*on contrôleur à la halle aux huîtres.
Un jugement de la 4« chambre du tribunal ciTil, en date du 7 mars 1860, m^a donné mission de constater son état.
Le sieur D... a eu la jambe gauche fracturée à son extrémité inférieure et a été transporté à Thôpital Lariboisière, d*où il est sorti au bout de quarante-sept jours sans être guéri. Les deux os ont été brisés et les trijumeaux déchirés au niveau des malléoles. Je constate, six mois après Taccident, le 16 mai 1860, outre la cicatrice d^une plaie profonde, un gonflement considérable de Tarticulation tibio-tarsienne avec ankjlose incomplète, raccourcissement et amaigrissement du membre. La marche est impossible, et, malgré Pamélioration qu^on peut encore espérer du temps, le sieur D... conservera une infirmité incurable et ne pourra se soutenir sans appui sur sa jambe blessée.
Je constate, en outre, une complication qui consiste dans la paralysie des muscles extenseurs du poignet, affection indépendante de Paccident, produite par Pusage des béquilles et la compression des nerfs du bras.
Obs. LXIY. Ecroiement de la main par une voiture. Contusiont multiples; ineapaeitè prolongée, — M. 0..,, régisseur, âgé de cinqudnte-trois ans, a été renversé et écrasé le 8 octobre 1862, par une petite voiture de la Compagnie.
Commis par une ordonnance de référé rendue à la requête de la Compagnie des voitures de Paris, à Peffet de constater la gravité de ses blessures, j*ai procédé à cette visite le 24 décembre suivant, deux mois et demi après Taccident.
M. G... a reçu des contusions nombreuses au flanc droit, où se ▼oient des marques de sangsues appliquées en grand nombre, à la tête, aux épaules, aux deux genoux. Mais la blessure la plus grave consiste en une déchirure étendue et profonde du dos de la main droite. Les tendons ont été en partie écrasés, une inflammation des , synoviales tendineuses a amené dans ces parties un épaississement notable. La peau des doigts est frappée dUnsensibilité, et ils ne se meuvent que très-difficilement.
M. G... a été retenu quarante et un jours au lit par ses blessures, et Ton peut évaluer à trois mois Tincapacité de travail qui doit en résulter. Il est même à craindre qu'il ne recouvre jamais Pentière liberté des mouvements de la main droite.
Obs. LXY. — Eerasemenide la jambe. Fracture compliquée ; tn/irmilé incurable. FomuUiié de procédure. — Par Jugement de la
266 CHOIX d'observations db blessures par imprudence.
4» chambre du tribunal civil, eu date du 27 août 1859, qui me dispense du serment (et qui, diaprés le désir du président, n^a dû être ni levé ni signifié), j^ai été commis pour visiter M. K..., relifior, qui, en descendant d^omnibus, place Daaphine, a ea la jambe écrasée par un camion du chemin de far de TEst, et donner moo avis sur Tétat actuel du blessé et sur 1^^ conséquences de li blessure»
L'accident avait eu lieu le 14 octobre 1858 ; M. K... avait été renversé par le cheval qui lui avait cassé la jambe. La fracture aie* geait au tiers inférieur de la jambe gauche, elle comprenait I0 deux os et était compliquée de plaie. La consolidation fut lente et tardive ; le blessé fut retenu quatre mois au lit. L'examen anquil je le soumis le 10 mai 1859, sept mois après Taccident, me il reconnaître une déformation notable du membre avec gonflement persistant de la jambe et du pied.
Il fallait encore au moins deux ou trois mois pour qae M. K... pût se servir de sa jambe, et il devait rester atteint d^una cianâir cation incurable.
Obs. LXVI. — Ecrasement de la jambe. Fracture ; compUcëliim graioee. FormaUtéi de procédure. — L'affaire qoe je vais citer oire un exemple d'action civile dans laquelle la* visite de l'expert a éfté réclamée avant la signification du jugement. Voici dans qndi termes cette visite était réclamée par l'avoué du blessé, dans ut lettre datée du 9 mars 1859 :
ce J'ai l'honneur de vous adresser ci-après les termes mtan d'un jugement de la 4o chambre du tribunal ^ni tous don* une mission que les circonstances rendent urgente (jugement di 4 mars courant).
a Cette urgence est mon excuse pour la démarche peu régulièrt que je viens faire auprès de vous, monsieur, i^n ds vans prier di vouloir bien, avant môme que je n'aie pu obtenir la grosm di mon jugement, faire une visiste et un constat de Tétat dm lequel se trouve le malheureux malade, il s'agit de M« G... »
Voici les termes du jugement : a Le tribunal déclare dés àpré» a sent P.. . et S... civilement responsables de l'accident arrivée ce G...: ordonne,^ avant faire droit, que, par le docteur A. Ttrff dieu, expert, lequel est dispensé du serment, que le tribunal <t commet à cet effet, Q... sera visité à l'eflbt de déterminer l'état «( dans lequel se trouve actuellement ce demieir,. les chances, ainsi « que l'époque probable de sa guérison, les suite» présumées de « l'accident dont il a été victime, et l'ineaqiacité de tramûl qii
ACCIDENTS DE V0ITUB6S. 267
a pourra rôsulter pour lui de sa blessure ; dit qu'eu, ea» d'empêa chemeut de Uexpert ci-dessus commis, il sera pourvu à son « remplacement par ordonnance de M. le président de cette « chambre, rendue sur simple requâte, pour, sur le rapport « dressé par ledit expert et déposé au greffe^ être ensuite, c par les partie» conclu et par la tribunal, statué ainsi quUl a appartiendra, tous droits et mojena des parties réservées ainaî , « que les dépens. »
. L^aocident dont avaât été victime le sieur G..., avait eu lieu le ù décembre 1858. II y avait eu fracture de la jambe droite, fraoture du péroné en deux endroits et du tibia complètement. La fracture était comminutive. Ella ne tarda pas à se compliquer de fnaées purulentes^ d^abcès et plus tard d^une entérite et d^une bronchite généralisée^
Lorsque je visitai le blessé trois mois après Taccident,. je constatai que la fracture n^était. pas encore consolidée^ que q^lques portions dea fragments étaient atteinte» par la nécrose* Il était évident que la guérison devait se: faire attendre eojsove • plusieurs mois, et que M. G... ne devait jamais recouvrer le libra exercice de sa jambe. U j avait là de- tente nécessité une infirmité incurable.
Gfis.. LXVIL — Clmie produite par la rencontré àedeux voitwre»m Fraetttre du bras '^ dépkuement et défaut de eonsolidatûm ; infirmité ineurakle attribuée à un traitement mai dirigée •— J'ai, procédé le i3 mai 1859,. en vertu d'ua jugement de la 4^ chambre du tribunal civil, k Uexainen d'une demoiselle G.,., confeetiomiieuse, qui aurait été blessée pac une voilure en deacendan/t d'un omnibus, et qui assignait en même temps la Compagnie dés voutunes; de Pmôs et oetie. dea omnibus,, en payement de 36^0 fr« de dommages-» intéfféts.
Ma visite eut lieu en présence des médecin» des deux Gompa** gnies et die ceux de la blessée, en même temps que da Leurs conr seils . Je reconnus qu'il j avait eu chez elle fracture du col chirur^ gical de Thumérus du câté gauche. J'appris que le déplacement avait été réduit à l'aide du chloroforme une première fois au bout de quatre JAursy mai» que s'étant reproduit il n'avait pu être ré«* duit. L'appareil avaliste maintenu jusqu'à la fin de janvier^ cTeat»* Ic-dire pendant deux, moia et demi..
Au moment de- moa examen, e'est<-àHiire cinq mois et demi après l'accident, je constatai la saillie du fragment inférieur dans Taisselle, unB dépression marquée au-desaouB du moignon.de Té-
268 CHOIX d'observations de blessures par imprudence.
paule, et une impossibilité presque absolue des moaTements da bras. La peau de la main était lisse et luisante, les ongles longs et recourbés comme on le voit après une longue inaction. Uinfirmité était réelle et complote.
Mais il convenait de tenir grand compte, dans cette affaire, dei objections très-judicieuses élevées par M. le docteur Mathieu, médecin de la Compagnie des omnibus, et que je crois utile de citer textuellement :
<K Envoyé par la Compagnie des omnibus le lendemain de Paecident, j'ai offert de donner mes soins à la malade ; elle a refusé, ayant son médecin. La douleur, le gonflement ne permettant point de faire une appréciation rigoureuse, je suis revenu après trois on quatre jours pour rétablir. Un appareil était appliqué : la malade me dit avoir eu les soins de deux médecins; qu'elle avait une fracture ; l'appareil, du reste, le disait assez. Sur ce, je fis un rapport à la Compagnie, annonçant que la malade serait environ deux mois sans pouvoir faire usage de son membre. Je n^ai plus entendu parler de cette malade depuis. A présent, voici mes réflexions : La Compagnie ne refusera pas une indemnité pour un accident dont elle accepte la responsabilité; mais je doute fort qu'elle consente à subir les conséquences de ce que je considèrs comme une faute chirurgicale. Comme il s'agit de deux de mei confrères, je veux être très-réservé à cet égard, mais à vous je puis bien dire tout le fond de ma pensée. Je me demande pourquoi ces messieurs, ayant échoué la seconde fois dans la tentative de réduction, se sont sitôt rebutés, et se sont si facilement résignés! voir s'établir une infirmité. Les médecins de Paris, ne faisant pas habituellement delà chirurgie, n'ont pas à rougir d^ôtre embarrassés ; d'ailleurs la question d'humanité avant tout. Ne pouvaientils pas, ne devaient-ils pas invoquer d'autres mains chirurgicales que les leurs ? C'est là, suivant moi, qu'est la faute, que je voudrais bien cependant faire connaître. Je suis, à cet ég^i*d, dans un grand embarras. »
Obs. LXVIII. — Fracture de jambe produite par le choc d^unê voiture des Pompée funèbret. Claudication antérieure par une fradure ancienne du même membre ; complications dans l'apprédaiion de k double infirmité, — M. T..., marchand de vin, renversé par une voiture de l'administration des Pompes funèbres, le 4 février 1858, s'est brisé la jambe gauche et a eu quelques contusions à la tête et à l'épaule droite.
Le tibia a été fracturé à sa partie supérieure sans aucun dépla-
ACCIDENTS DE YOITUBES. 269
cément des fragments, ce qui a laissé de prime abord quelques doutes sur Texistence d'une fracture. Le péroné est resté intact. L'articulation fémoro-tibiale était en même temps le siège d'une inflammation qui a cédé facilement aux cataplasmes froids et aux topiques résolutifs. Pendant quarante jours à peu près on a maintenu la jambe dans une gouttière, et au bout de ce temps M. T... a commencé à se lever et à marcher à Taide de béquilles. Si la progression a été retardée, et aujourd'hui elle reste encore difôcile, on croit pouToir principalement Tattribuer à une ancienne claudication dont M. T... est affecté par suite d'une fracture qui, de l'aveu du malade, avait laissé chez lui une telle faiblesse, qu'avant son dernier accident il lui était impossible de faire une course un peu longue.
Cette question délicate d'ifne claudication antérieure est venue compliquer l'examen dont j'ai été chargé dans cette affaire par un jugement de la 4* chambre du tribunal civil.
Le blessé produisit des certificats établissant qu'il avait été affecté, il est vrai, au mois de mars 1855, d'une fracture de la cuisse du môme côté que celui où la jambe avait été brisée trois ans plus tard ; mais que ce premier accident n'avait en rien altéré la liberté de son allure. Cependant je constatai trôs-positi* vement les traces qu'il avait laissées et qui consistaient en une incurvation marquée de la cuisse.
La seconde fracture, celle du mois de février 1858, siégeait à la partie supérieure de la jambe gauche, au-dessus du genou. Le tibia seul a été atteint; le péroné est intact. La consolidation est complète, mais le raccourcissement du membre doublé par la doublé fracture est considérable. La jambe reste engorgée, l'articulation fémoro-tibiale roide et douloureuse. Les cicatrices que l'on voit au côté droit de la tête proviennent de plaies sans gravité.
Il est demeuré évident pour moi que le sieur T... était déjà boiteux avant 1 ^accident dont la responsabilité incombait à l'administration des Pompes funèbres, mais que cette infirmité a été notablement accrue par le dernier accident, dont les suites ont été rendues plus fâcheuses précisément en raison du défaut de conformation et de l'affaiblissement antérieur du membre blessé.
Ofis. LXIX. — BUtsure faite par la chute d'une charrette. Fracture de cuisse; claudication incurable; infirmité antérieure; incapacité professionnelle, — Le 18 mars 1845, je fus chargé par l'un de messieurs les juges d'instruction de visiter le sieur M... • lequel