‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 36 sur 82 · CHOIX D^OBSERVATIONS DE BLESSURES PAR IMPRUDBNCB · texte numérisé non relu

CHOIX D^OBSERVATIONS DE BLESSURES PAR IMPRUDBNCB

aurait été victime d^un accident qu^îl impute aa charretier B..., à l'effet, noB-Beulement de constater son état actnel, mais «ncore et rechercher : 1® sll est vrai qu'avant Paccident dont il «e plaint, il boitait précisément du côté où il a été blessé an mois de novuibre dernier; 2? si sa constitution particulière n'a pas exercé dt l'influence sur l'état dans lequel il se trouve aigonrd'hui ; 9» si k sieur N... est privé à tout jamais de l'usage de la jambe bleaséa.

Cet homme, porteur d'annonces, Agé de quarante ans, avait «a la cuisse gauche cassée par la chute d'une charrette. Après aa repos forcé de plusieurs mois, il n^avait guéri qu'avec un raceonrcissement considérable qui le condamnait à une claudication per> pétuelle. Quant à la question de savoir s'il boitait auparavant, ells perdait toute importance en présence de ce fait qu'il pouvait avant l'accident exercer une profession dans laquelle il marchait une grande partie du jour, tandis qu^à l'avenir la claudicatioB résultant de la fracture constituait une infirmité incurable qui lot rendait fort difficile l'exercice de son état de porteur d^annonees. L'action civile intentée par N... contre le charretier eut poir effet de lui faire allouer 3,000 francs de dommages- intérêts.

Obs. LXX. -— Vieillard renverté par une fxritnre de ia Cemp»^ gni$. Fracture du eol du fémur; infirmité incurabU, — Le nommé y.. .y Agé de soixante-quinze ans, marchand des quatre saisons, a été renversé le 8 novembre 1860 par une voiture de la Gompagnlt des petites voitures. Il a eu le col du fémur fracturé et de plus une luxation incomplète de l'épaule gauche.

Chargé par jugement de la 4* chambre du tribunal, en date di 22 février 1861, de constater la nature des blessures dont ee plaint y..., son -état présent, quelles conséquences elles ont eues pour le passé et pourraient avoir encore pour l'avenir, j'ai procédé A cette visite, le 12 avril 1861, cinq mois après l'accident, et j^ constaté que les blessures qu'il avait reçues ont laissé à lear suite des infirmités incurables.

Obs. LXXI. *« Fi9d écraeé par une vûiiure. Fraeêure; léfios arHeuUtireeoneéeutive; infirmité incurable; aggravation eameèepmr la mauvaiee direction du traitement, — • Commis par jugement di tribunal de la Seine, à Teffet de visiter le sieur A..., ordosmatear des Pompes funèbres, demeurant à Paris, cour des l^etitea-Eearies, constater les blessures dont il est atteint, en déterminer la gravité et apprécier les conséquences qui pourraient en résmlter pour l'avenir; après avoir prêté serment entre les maina de M. le président du tribunal, nous nous sommes transporté «n domicile

siHHindiqné où, en présence de M. le docteur 'Garteaux, médecin dé Tadministration des Pompes funèbres, et de U. le docteur Guibout, médecin du blessé, ainsi que des aroués des parties, nous ayons procédé à la Tisite du sieur A... et à Texamen approfon<fi de son état. — Nous avons ultérieurement reçu communication de deux dires émanant de MM. les docteurs Henry et Guibout, qui relatent les circonstances de la maladie de A... Nous avons enJin recueilli à lliôpital Lariboisière quelques renseignements sur les circonstances du séjour qu^ a fait le sieur A... et sur sa sortie de cet établissement. G^est d'après ces diverses informations que nous nous sommes formé une opinion sur les faits soumis par le tribunal à notre appréciation.

Des renseignemexrts recueillis par nous, n résulte qu^au mois de septembre 1^5, le sieur A..., âgé de trente-deux ans, dans Pexeroice de ses fonctions, fut grièvement blessé au pied gaucbe par la roue d^une voiture des Pompes funèbres; la jambe avait été fracturée complètement au niveau de Particulation tibio-tar sienne, qui avait été en partie écrasée. Le malade, transpoi*té à Phèpital Lariboisière, 7 resta deux mois, pendant lesquels la fracture paraîtl iTêtre consolidée.

Le 10 novembre, le sieur A... quittait I^ôpital : que ce soit sur Tinvitation du chirurgien au Boin duquel il était confié, ou sur ses propres instances, il est constant qu'il est sorti sans être guéri, et que le membre blessé était, à cette époque, entouré d^un appareil eontentif.

Ramené à son domicile, il resta onze jours pour recevoir les aoins qu^eût exigés «on état, et lorsque le 24 novembre on enleva Tappareîl qui était resté appliqué malgré les violentes douleurs qu^il déterminait, on trouva, suivant les propres expressions d^un des médecins du blessé, « que le pus n*ajant pas dUssue avait c opéré de vastes décollements sur le pied, autour de Tarticulation c et le long de la jambe. » Ces accidents, d^une extrême gravité, furent néanmoins conjurés, et après plusieurs mois d^un traitement énergique et suivi, Pinflammation articulaire s*apaisa, les portions d*os mortifiées se détachèrent, la suppuration se tarit.

A Tépoque de notre visite, qui eut lieu le 17 novembre 1856, quatorze mois après Paccident, la santé générale est complètement remise, le sieur A... est debout, mais il ne peut marcher sans béquilles. Le membre blessé est le siège d^un amaigrissement général et d^une déformation de rarticulation du pied, qui est presque complètement ankyloâée dans la position qui caractérise

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le pied-bot avec renversement de la plante du pied en debon. La jambe blessée ne peut supporter encore lejpoids du corps; mais il n^existe plus de traces d'inflammation ni de suppuration profonde, et la douleur n^est réveillée que par des mouvements forcés.

L^état actuel de la partie blessée doit certainement se modiâer avec le temps dans un. sens favorable. Si rarticulation ne doit jamais reprendre ses foi*ces ni la direction normale, et si le sieor A... est condamné à se servir pendant plusieurs mois encore de béquilles et à conserver toute sa vie une difformité incurable, il . est constant que, lorsque, sous Tinfluence du temps et d^n traitement bien dirigé, le membre aura repris de la force, et qa« toute douleur aura disparu, il pourra recouvrer une eertaine liberté des mouvements et se servira plus utilement de la jambe blessée.

En résumé, de Tinformation et de Pexamen auquel nous nom sommes livré, nous concluons que :

io L^accident dont le sieur A... a été victime au mois de septembre 1855, a présenté une extrême gravité, et déterminé m désordre considérable dans Tarticulation du pied gauche.

2o Les suites immédiates de cet accident, qui aurait pu entraîner la perte du membre et môme de la vie, ont été heureusemest conjurées, et la fracture a pu être consolidée.

3o Les conséquences ultérieures de la blessure ont été maniûitement aggravées par Tinterruption funeste qui a eu lieu da&i le traitement, et qui, après deux mois de séjour à Thôpital, a laissé le mal livré à lui-même pendant onze jours.

A^ L'état actuel du membre blessé, qui exige encore Pexereioe de béquilles, permet cependant la marche et doit certainement s^améliorer par la suite.

b^ L^infirmité incurable qui résulte pour le sieur A. de Taecident dont il a été victime, s^opposera à ce qu*il reprenne jamais un service actif, mais ne Pempêchera en aucune façon de remplir dès à présent des fonctions sédentaires.

Obs. LXXII. -^ Ecrasement par une witure. Mort après onu jours ; fracture multiple des côtes ; pneumonie traumatique.

Le nommé H... avait été écrasé par une voiture, le 8 mars 1847; il avait succombé au bout de onze jours aux suites de cet accident.

Le 20 mars 1847, j'ai été chargé par le parquet de procédera Tautopsie du nommé H..., mort à Thôpital de la Charité. Aucune ecchymose n'apparaissait à Textérieur, mais un vaaie

épanchement existait SOUS les téguments de la poitrine. Je constatai la fracture des quatrième, cinquième, sixième et septième cdtes du côté gauche; les cartilages des c6tes étaient détachés dans une grande étendue. Une inflammation traumatique du poumon et de la plèvre avait amené la mort.

Obs. LXXin. — Vieillard infirme renversé par une voilure. Fracture du crâne ; mort ; lésion ancienne du cerveau.

Le sieur D..., vieillard de soixante^seize ans, a été renversé le 8 février 1849 par une voiture et s^est brisé le crâne.

J^ai procédé, le lendemain, sur Tordre du parquet, k Pautopsie.

Je constatai les lésions récentes produites par l'accident. Une fracture de la région temporale du côté gauche et de Torhite, et un épanchement de sang considérable à Textérieur et à Tintérieur du crâne; des contusions et déchirures superficielles aux genoux, aux mains et à la tête, et enfin une ecchymose profonde dans Pépaisseur de la paroi du bas-ventre.

Mais, de plus, il existait dans le cerveau une altération ancienne siégeant dans le corps strié du côté droit, et consistant en un noyau hémorrhagique incomplètement résorbé, qui devait déterminer la paralysie de la moitié gauche du corps. Cette lésion était tout à fait indépendante de celles qu^avait produites Taccident; mais la paralysie dont le vieillard était atteint avait dû l'exposer plus qu*un autre au danger d^ôtre renversé «par une voiture. L'examen de Testomac montrait d'ailleurs qu'il avait été frappé à jeun, et que l'on ne pouvait attribuer sa chute à l'ivresse.

Artiole 111. — Acoidents professionnels.

Je vais rapporter vingt-deux observations d'accidents professionnels de nature et de gravité diverses, mais ayant tous ce trait commun d'avoir été produits sur des ouvriers de différents métiers par le fait même de leur travail, par des éboulements chez des carriers et des terrassiers, par la chute d'un échafaudage ou la rupture d'une échelle chez des maçons et des peintres; chez un charpentier par la chute d'une chèvre ; par la chute d'une pierre chez un tailleur de pierre ; d'un tonneau chez un vidangeur et chez un garçon marchand de vin ; d'une caisse très-lourde chez un miroitier ; par l'ac- Tardieu, Blessures, id

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tion d'une chaudière bouillante chez un apprenti savonnierf et de la fonte coulante chez un fondeur ; par un rouleau de presse chez un apprenti imprimeur, et par Tengrenage de machine chez un ouvrier mécanicien.

Tels sont les exemples de cette classe particulière d'accidents dont je citerai plus tard un grand nombre de cas et dont je déterminerai les caractères généraux.

Obs. LXXIY. -^ Ouvrier terratsier blessé par un éboulemnL

Fractures multiples des côtes, ^ Le sieur H... a été blessé par qb éboulement le 20 août 1857.

Je l'ai visité un peu plus de deux mois après Fficcident, snr rordonnance d^un de MM. les juges dUnstruçtion.

Il avait eu deux côtes brisées, la sixième et la septième du côté droit, au niveau de Tarticulation chondro-sternale. La consolidttion était complète, mais la poitrine présentait une déformatioi assez marquée. Il ne restait d^ailleurs aucune difficulté, aocta trouble dans la respiration, et aucune suite fâcheuse n^était A craindre.

Obs. LXXY. — Ouvrier terrassier blessé par un éboulemenf. Fr<'^ iure de la cuisse; raccourcissement énorme; infirmité incurahU- - Le sieur C..., ouvrier, étant employé à des travaux de fouilles, potf lesquels on avait négligé d'étajer les terres, fut entraîné par bb éboulement, et se brisa la cuisse dans sa chute.

Après une longue procédure, je fus chargé de le visiter paroi jugement de la 4e chambre du tribunal civil du 27 août iSSÎ. frappé d'appel, puis confirmé par la Cour, à Teffet de constater: 1» quel est l'état de sa blessure ; 2o quels sont ses résultats ; si Cest incapable de se livrer à son travail habituel ou à qnelqntf autres travaux ; si sa position doit ou peut s'améliorer, v L'exp«ri a visitera G... autant que cela lui paraîtra nécessaire, et ferasoa « rapport dès qu'il croira que son examen sera suffisant, et ao « plus tard dans trois mois, & partir de la prestatiou de se^ « ment. »

Ma visite ayant eu lieu le 11 janvier 1858, dans rintervalle <lo jugement à l'arrêt, l'avoué du blessé me fit savoir que mon rapport était iiTégulier à un double point de vue : d'abord parce qo'il avait été réfligé par moi à une époque où le jugement quî m'avait commis était frappé d'appel, partant sans force légale; puisensuit^^ par ce second niolif que la formalité du serment m'était imposée

et n^avait pas été remplie. Les choses furent facilement régularisées, et je pus accomplir la mission dontj^avais été chargé.

Le sieur G..., blessé le 26 septembre 1856, n^était pas entré à rhôpital; il s^était fait soigner chez lui, et était resté six mois au lit. Lorsque je Pexaminai, je constatai que la fracture de la cuisse gauche, résultant de la chute qu^avait faite le sieur C..., seize mois auparavant, s'était consolidée de la manière la plus vicieuse, que le membre présentait un raccourcissement de 9 centimètres ; que cet homme restait atteint d^une difformité énorme ; quMl marchait avec beaucoup de peine, et ne pourrait jamais reprendre son travail habituel non plus qu^aucun autre travail fati§ant ; qu'enfin le temps ne pouvait en aucune façon améliorer sa situation. Il pourrait, il est vrai, s'appliquer à un métier sédentaire ; mais il n'en a aucun autre, et aurait tout un apprentissage à faire.

Obs. LXXYL — Deux ouvriers maçons blessés par un èboulenienU Contusion des reins; fracture de la colonne vertébrale ; paraplégie. -^ Les nommés N... et G..., ouvriers maçons, ont été blessés tous deux, le il avril 1860, au milieu d'un travail de construction, par un éboulement.

Je les ai visités sur l'ordonnance du juge d'instruction le 29 juin suivant.

Us avaient été transportés à l'hôpital Beaujon. Jje premier en était sorti au bout de dix-sept jours, n'ayant eu qu'une contusion des reins ; le second y était encore, deux mois et demi après l'accî* dent, atteint d'une paraplégie complète sjmptomatique d'une fracture de la colonne vertébrale. 11 ne devait pas guérir. Les infirmités dont se plaignait N... à la même époque, hernie inguinale et varicocôle peu considérable que je constatai, n'avaient aucun rapport avec l'éboulement, et ne l'empêchaient pas de travailler.

Obs. LXXVIL — Ouvrier carrier blessé par un éboulement. Plaie de tête; fracture de jambe mal consolidée, — Le sieur L..., ouvrier, 'M été blessé, le 5 octobre 1858, par l'éboulement d'une carrière dans laquelle il travaillait.

Je l'ai visité près d'un an et demi après, en exécution d*un jugement de la 4« chambre du tribunal civil.

Il avait été blessé à la fois à la tête et à la jambe. Je constatai dans la région orbitaire du côté gauche la cicatrice d'une plaie profonde, qui n'avait d'ailleurs pas intéressé l'œil, et qui n'était ^ne difforme.

Je reconnus en même temps les traces d'une fracture complète de la partie inférieure de la jambe droite mal réduite, compliquée

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d'un cal vicieux et d'une ankylose incomplète de rarticulation tibiotai'sienne avec renversement du pied.

II y avait là une infirmité persistante dont le temps puarait atténuer les effets, mais qui laisserait le sieur L... toujours mal habile à un travail pénible.

Obs. LXXYIII. — Éboulement; un ouvrier terrassier tué; trw blessés. Fracture du crâne ; hémiplégie persistante; éptJfpm. — Pir suite d'un éboulement survenu le 25 août 1857, lors de travaux «trepris à Pancien Hippodrome, un ouvrier fut tué et trois aatm blessés grièvement. L'imprudence fut établie À la charge de l'etrepreneur. ^f

Dans le cours dû procès en dommages-intérêts intenté par lu des blessés, je fus chargé par jugement de la 4* chambre, leqœ! me dispensait du serment, de .visiter le sieur D..., à Teffet de donner mon avis sur l'état de sa blessure et sur les conséquesoE! qu'elle pourra avoir pour lui. Cette visite eut lieu le 29 féTrkr

1858, six mois après l'accident.

On avait cru au premier moment que cet individu ne surrimit pas à ses blessures ; il avait été transporté à Thôpital Beaujoooi il passa trois mois, et où Ton pensa quUI avait été atteint d'osé fracture du crâne. Il fut envoyé pendant un mois à Pasile de Vucennes, et en sortit dans le même état que celui oti je le troam c'est-à-dire avec une paralysie complète de toute la moitié ganebe du corps, des vertiges presque continuels qui dégénéraient ea attaques couvulsives épileptiformes, et affaiblissement notable das facultés morales. Il y avait là toutes les preuves d'une affectioc cérébrale grave dont on ne pouvait espérer la g^uérison.

Ous. LXXIX. — Garçon maçon blessé en tombant d*une èààk- Contusion du genou. — Le nommé G..., gai*çon maçon, en tombaat d'une échelle brisée, s'est fait au genou droit une forte contafiion.

Je l'ai vu, le 26 janvier 1859, quelques semaines après Ttecideat, sur l'ordonnance du juge- d'instruction.

Je n'ai trouvé qu'un épanchement médiocrement abondant dass rarticulatiori ; il n'y a pas eu de fractures, et le peu de soin qa* pris le blessé de son genou a seul retardé la guérison.

Obs. LXXX. — Ouvrier maçon blessé par la chute d'un échoft»dage. Fracture compliquée de la jambe. -^ Ed. exécution d'un jugement de la Ce chambre correctionnelle, j'ai procédé le 7 mar*

1859, à la visite du nommé G..., ouvrier maçon, blessé pari* chute d'un échafaudage sur lequel il travaillait.

Il S'était fait à la tête une plaie contuse, sans gravité, qui n^a laissé qu^une petite cicatrice au sourcil gauche; mais il s'était cassé la jambe droite.

Je constate, six mois après Uaccident, les traces d^une fracture •compliquée des deux os de la jambe, et d^une plaie qui n^était pas encore cicatrisée, quand, après deux mois, il est sorti prématurément de rhûpital. Le cal est difforme, et la marche s^accompagne d^une légère claudication ; elle a lieu cependant sans appui, et le sieur G... peut être considéré comme guéri. Il est possible toutefois qu*il ne puisse reprendre son métier de maçon, qui exige dans les mouvements plus de liberté et de sûreté que né peut lui en avoir laissé Taccident dont il a été victime.

Obs. LXXXL — Ouvrier maçon blessé en tombant tTun échafaudage. Fractures multiples; pas (Tinfirmités persistantes; exagération des troubles consécutifs. — Le sieur J... a fait une chute du haut d^un échafaudage mal établi, au mois de juillet 1859. Il a été traité à rhûpital Saint-Louis.

Je ne Tai visité que le 29 juin 1860, onze mois après Taccident, en exécution d^un jugement de la 4« chambre.

Il avait été atteint dans sa chute d^une double fracture d'une côte et de la clavicule gauche à son. extrémité externe. Il en était parfaitement guéri ; et cependant, malgré le long temps écoulé, il continuait à se plaindre d*étouffements, de douleurs dans les reins, dMnsomnie. L^examen le plus attentif ne permettait de constater aucun désordre soit du cdté de la, poitrine, soit du côté des centres nerveux. Je partageai à cet égard Topinion émise par quelques autres médecins que ces prétendus accidents consécutifs étaient au moins fort exagérés.

Obs. LXXXII. -* Ouvrier peintre blessé par la chute d'un échafaudage. Fracture des deux jambes. — Le sieur B..., ouvrier peintre, avait été blessé, au mois de décembre 1854, par la chute d^un échafaudage.

Un Jugement tardif de la 4e chambre du tribunal civil me chargea de constater quel est Tétat actuel des blessures qu'il a reçues ; s'il peut se livrer à ses travaux habituels, et, au cas de la négative, sUl le pourra plus tard et à quelle époque. Mon examen n^eut lieu que deux ans et trois mois après Taccident.

Je reconnus que les deux jambes avaient été fracturées : la droite, vers son extrémité inférieure, avec ankylose incomplète consécutive de Tarticulation du pied ; la gauche, avec plaie au milieu du tibia. La marche était possible, quoique assez pénible ;

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mais il était difficile que le sieur 6... pût jamais monter et se tenir solidement sur une échelle.

Obs. LXXXIII. — Maçon blessé par la chute iPun éehafaudagt. Commotion cérébrale grave; suites prolongées. — Le sieur G..., maçon, a été blessé, le 30 avtil 1860, par la chute d^un échafaudage. Il est entré à Thôpital Saint-Louis le 2 mai, et y est resté jusqu^an 21 juillet.

Je ne Pai visité, en exécution d^un jugement de la 6® chambre du tribunal, que le 21 décembre, plus de sept mois et demi après Paccident.

Il avait été blessé à la tête, et avait présenté tous les signei d^une commotion cérébrale des plus graves. On pouvait jugera quel point elle avait été intense par la cicatrice d'une brûlure très-profonde qu'avait déterminée à la partie postérieure de la cuisse un sinapisme appliqué pendant la période d^insensibilité. A la suite de cet accident, le sieur A... était resté dans un état de faiblesse et de langueur tel, qu41 était à peine capable, au moment de notre examen, de reprendre du travail. La mémoire et las facultés restaient même encore atteintes.

Obs. LXXXIV. — Ouvrier maçon blessé dans la chuU d'un et faudage. Contusion de la moelle ; parcUysie progressive. — Le sieor T..., entraîné par la chute d*un échafaudage, est tombé sur le dos le 21 novembre 1864, et n^a paru éprouver qu^une violente contasion dans les reins. Il avait déjà, douze ans auparavant, été TÎe» time d^un accident à peu près semblable ; mais à la suite de ce * dernier, des symptômes très-graves se déclarèrent.

Au moment de ma visite, je trouvai le sieur T... presque impotent. La marche était très-difficile ; elle amenait très-vite une fatigue extrême; la vue était affaiblie, la langue embarrassée, les membres agités d'un tremblement nerveux. Tous les signes d^une paralysie progressive étaient manifestes; et cette afifection incurable devait être attribuée à une contusion de la moelle produite par la seconde chute qui avait eu Hou il y a quelques mois.

Obs. LXXXV. — Ouvrier carrier blessé par la chute d'une pierre. Fracture compliquée du bras ; difformité. — Le sieur A... était employé, le 17 août 1857, à Pextraction de la craie danb ^a carrière des sieurs I..., lorsqu'il fut blessé au bras par la cbute d*aiie pierre. Il fut transporté à Thûpital Necker, où Ton constata uik fracture de Thumérus vers son extrémité inférieure, compliqué» de plaie. La blessure était assez grave pour que la question d»

Tamputation fût agitée. Il sortit cependant au bout de soixante et dix jours.

A... intenta une action civile aux propriétaires de la carrière où il travaillait. Ceux-ci furent déclarés civilement responsables comme n'ayant pas pris les précautions nécessaires pour empêcher Téboulement des terres et le glissement des pierres, cause de l'accident. Mais avant de fixer le chiffre des dommages-intérêts porté dans la demande à 5,000 francs, le tribunal ordonna une expertise, à laquelle, dispensé du serment du consentement des parties, je fus chargé de procéder, à Teffet de constater dans quel état était la blessure du nommé A... ; sUl en résulte pour lui incapacité de travail absolue ou seulement temporaire, et, dans ce dernier cas, quelle sera la durée de cette incapacité. Ma visite eut lieu onze mois après Taccident.

La fracture était consolidée, mais le cal formait sous la peau un angle saillant. Malgré le voisinage de Tarticulation^du coude, il n'y avait pas d^ankylose, et le blessé ne devait conserver qu'nne difformité sans importance, mais non une infirmité. L'incapacité de travail qui avait duré plusieurs mois ne devait être que temporaire.

Obs. LXXXVI. — > Charpentier blessé par la chute d'une chèvre. Fracture multiple des côtes-, traitement mal dirigé. — Le sieur L..., ouvrier charpentier, a été blessé, le 3 mai 1862, dans les travaux de construction d'une maison, par la chute d'une chèvre.

Un jugement de la 4« chambre du tribunal m'a chargé de constater son état, et ma visite a eu lieu le 24 novembre suivant, près ' de sept mois api*ès l'accident.

Cet homme avait eu plusieurs des dernières côtes du côté gauche brisées. 11 était resté seulement douze jours à l'hôpital, et en était sorti avant d'être complètement guéri. Depuis il n'a pas repris son travail, et dit éprouver toujours une grande gêne dans la respiration. Il ne peut se redresser tout à fait. Il y a un peu d'exagération dans ses plaintes ; son infirmité est cependant réelle, mala elle tient principalement à la mauvaise direction du traitement.

Obs. LXXXVII. — Tailleur de pierre blessé au poignet. Fractur& du radius ; paralysie consécutive, — Le sieur C. . , tailleur de pierres, a été blessé, ftu mois de mai 1862, par le choc d'une pierre.

Je l'ai visité le 30 avril 1863, onze mois après l'accident, sur la réquisition de M. le procureur général.

Il avait eu le radius du côté droit brisé, avec forte contusion du poignet. La fracture était consolidée sans difformité, mais il restait

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une paralysie incomplète des muscles extenseurs de la main. Le temps et un traitement convenable triompheront de cette infirmité très-probablement passagère.

Obs. LXXXYIII. — - Homme de peine blessé en chargeafU une toiture» Fracture de Vavant-bras ; plaie de tête; pas d'infirmités. — Le nommé C..., homme de peine, étant en train de charger un tombereau de charbon, le 27 décembre 1857, fut reuversé du haut de la voiture.

Chargé d*abord par un de messieurs les juges d^instmctioo, puis, plus tard, par jugement de la 4" chambre du tribunal driL de constater son état, je le vis une première fois le 24 février 185S. et une seconde le 8 juillet suivant, plus de six mois après racddent.

Il avait été blessé en trois endroits. A la tête, oU se voyait li cicatrice d^une plaie contuse au front au-dessus du soardl gauche ; cette cicatrice offrait cette particularité qu^elle était toQt à fait noire par suite de Tincrustation du charbon qui avait produit en ce point un véritable tatouage accidentel. L^avant-bni gauche avait été brisé en deux endroits, et je constatai la fracture double du radius, et la cicatrice d^une plaie contuse au coudedi môme côté; enfin, une contusion avec plaie à la hanche. Le blasié n'était resté que vingt-trois jours à Thôpital et quatre jours à IV sile de Vincennes, d où il était sorti encore incapable de travailler. La guérison de ses diverses blessures s'était d'ailleurs opérée suu infirmité.

Obs. LXXXIX. — Ouvrier vidangeur blessé par la chute iuv tonne. Fracture comminutive de la jambe; guérison. — Le nomfflé F...., ouvrier vidangeur, a été blessé par la chute d'une tonne qoi lui a fracassé la jambe.

Çn suite d*un jugement de la 4« chambre du tribunal civil, j* l'ai visité le 15 novembre 1859, huit mois après Taccident.

Il n^avait pu travailler depuis cette époque. La fracture comminutive avait donné lieu à la formation d'abcès dont je retrooval les cicatrices ; mais la consolidation était parfaite et trèsrégulière. Malgré la gravité de sa blessure, le nommé F... est bien guéri et ne restera pas infirme, il peut dès à présent niircher et se plaint seulement de quelques douleurs et élancements passagers.

Obs. XC. — Homme de peine blessé au genou par un tmneeM plein. Affection articulaire chronique grave. — Le sieur T..., Agé 4e quarante-huit ans, homme de peine chez un marchand de Tin* aélé

blessé, le 23 avril 1858, par un tonneau plein qui l'a atteint à lajambe.

Un jugement de la 7* chambre du tribunal correctionnel m'a chargé de l'examiner « pour constater la cause,, la nature, la gratt vite de sa blessure, la manière dont elle a été soignée, et si l'état c actuel de la jambe et du pied du plaignant peut ou être attribué c à sa propre imprudence, ou doit, au contraire, l'être uniquement « à l'accident dont il a été victime, p

La blessure du sieur T... a consisté en une profonde contusion du genou, à la suite de laquelle l'articulation est restée le siège d'un engorgement chronique. Cinq mois de repos et de traitement à l'aide d'émollients, de sangsues, de résolutifs, de douches prises pendant trois mois, n'ont amené aucun résultat satisfaisant. Il a vainement essajé de marcher. Au moment de ma visite, il existe un commencement de tumeur blanche avec ankylose incomplète ; affection chronique très-grave, dont les suites peuvent être plus graves encore et qu'il est difficile d'attribuer à une autre cause qu'à l'accident lui-même. •

Obs. XCI. — Ouvrier miroitier blessé par la chute d'une caiue. Contusion; pas d'infirmité ; exagération, — Le sieur D...., ouvrier miroitier, a été blessé par la chute d'une caisse remplie de glaces, dans les derniers jours de l'année 1859. Il n'a pas perdu connaissance sur le coup, et a pu remonter chez lui soutenu par les bras. II ressentait une violente douleur dans les reins où le choc avait porté, mais il n'avait rien de cassé et ne présentait aucun symptôme de commotion ni de paralysie. Il est resté pendant vingt jours alité. Malgré ce rétablissement assez prompt, le sieur D... ne reprit pas son travail. Mais on l'a vu colportant de la bijouterie, et il avoue s'être livré à cette occupation de courtage.

Cependant il a prétendu être incapable de gagner sa vie, et a intenté à son patron une action au cours de laquelle j'ai été commis par jugement de la 4« chambre du tribunal civil et dispensé du serment, vu Turgence, à l'effet de visiter D..., et dire la gravité, l'état et les conséquences probables de sa blessure.

Je l'ai examiné le 25 janvier 1861, plus d'un an après l'accident. Il disait n*avoir pu travailler qu'un seul jour dans tout le cours de l'année dernière, et être encore incapable de se baisser et de rien soulever. En réalité, il ne restait aucune trace des contusions qu'il avait reçues, et ses mouvements étaient libres. 11 présentait seulement les signes d'une phthisie pulmonaire déjà assez avancée, véritable cause de sa faiblesse et de son mauvais état de santé.

284 CHOIX d'observatiuns de blessures par imprube>ce.

double plaie de la lèvre est très-régulièrement arrondie, plus large à Pextérieur où elle est recouverte d^une croûte peu épaisse, elle présente sur la face interne un petit pertuis circulaire auquel correspond exactement une déchirure irrégulière de la gencive. Les dimensions de ces trois ouvertures répondent assez exactement à celles d^un grain de plomb no 8. Les bords de la plaie extérieure ne sont ni brûlés, ni noircis, et ne portent pas la trace d*aiie contusion violente. Aucun corps étranger n^est resté engagé dans la gencive.

Lorsque le sieur C... a été blessé, il suivait le trottoir, le long du parapet du quai des, Tuileries, dans la direction du pont Royal; au pont du Carrousel, sans avoir entendu aucune détonation, il s^est brusquement senti frappé à la mâchoire et a vu le sang jaillir sur ses vêtements où nous en constatons les traces. Il n*a pu distinguer ni retrouver le projectile qui Pavait atteint' Le sieur G... affirme qu^il marchait droit devant lui ; le corps qni Ta frappé à Tangle droit de la lèvre venait donc du côté de la rivière, en suivant une ligne très-légèrement oblique. Aucun autre projectile ou fragment de projectile n^a atteint soit le visage, soit les vêtements du sieur G...

En résumé : lo le sieur G... a été atteint par un projectile de très-petite dimension (à peu près de la forme et du volume d^oi grain de plomb no 8), qui lui a traversé la lèvre inférieure et s*est arrêté sur Tarcade dentaire.

29 Le projectile pouvait provenir d^une charge de plomb lancée par un coup de feu tiré de très-loin, et dont un grain se aerût égaré, ou avait été violemment lancé par un fusil à vent ou une espèce de sarbacane.

30 Quoi quUl en soit de ces deux hypothèses, ce qui est certain, c^est que le projectile venait de très-loin dans une direction toute fortuite et quUl n^avait pu être lancé dans une intention criminelle.

4o La blessure qu^a reçue le sieur G.., pouvait néanmoins n*ètre pas sans gravité, si le projectile avait atteint une autre partie que la lèvre, Tœil par exemple, et on doit Timputer à une imprudence condamnable.

Obs. XGYII. — Accident de chasse. Coup de feu chargé à plomb ayant atteint un œil^ les mains et les genoux', pas d*infirmité gratt* — M. L..., garde général des forêts, reçut de M. de L..., dans une partie de chasse, un coup de feu qui Tatteignit à Toeil, aux mains et aux genoux. L^accident avait eu lieu le 25 août 1865.

C^est seulement le 20 a^ril 1867, vingt mois après, que, désignés comme experts par jugement de la 4* chambre du tribunal civil, nos honorables confrères, MM. Sichel père, Baudouin et moi, nous avons procédé à la visite de M. L...

11 avait exposé dans sa requête « que les hommes de Part qui Pavaient soigné de ses blessures avaient constaté un gonflement des articulations fémoro-tibiales, que quelques grains de plomb ont été extraits, mais que la plus grande partie est restée dans les chairs et les os des membres inférieurs où ils ont occasionné des douleurs lancinantes s^irradiant dans le trajet des nerfs; que les articulations sont sensibles, ce qui porte à penser que quelques grains de plomb ont pénétré dans leur intérieur et y ont déterminé une inflammation latente qui peut durer plusieurs années ; que le doigt indicateur de la main droite a reçu deux grains de plomb, dont Pun a occasionné une roideur dans Particulation de la troisième phalange, tandis que Pautre a pénétré dans Pos de la première phalange et y reste fixé ; que le doigt médius de la main gauche a reçu un grain de plomb dans Particulation de la première à la deuxième phalange qui se trouve courbée et dans Pimpossibilité absolue d^être redressée à cause de Pankylose qui s*y est formée ; qu^enfin, en ce qui concerne Pœil, il est résulté du rapport de M. Desmarres, que M. L... est atteint d^une amblyopie occasionnée par un large épanchement de sang dans la rétine, remplacée aujourd'hui par des exsudations visibles à Pophthalmoscope ; que la vision de cet œil est très-afi*aiblie et quUl n'y a plus à espérer maintenant une notable amélioration. »

Ces sinistres prévisions ne se sont pas réalisées, et au moment de notre examen dont Pépoque tardive a eu Pheureux effet de rendre les résultats plus certains, il n'existait chez M. L... aucune infirmité sérieuse. On sentait sous la peau deux grains de plomb au niveau du genou et du petit doigt, mais sans ankylose ni lésion articulaire.

Quant à la blessure de Pœil, le plomb avait seulement effleuré la paupière supérieure et Pangle interne de Pœil, et si la contusion tout k fait superficielle qui en était résultée, pouvait avoir produit les lésions constatées dans Pintérieur du globe oculaire, celles-ci avaient presque entièrement disparu.

Obs. XGVllI. — Jeune fUle tuée par une halle. Gardes nationaux chassant pendant le siège de Paris avec leur fusil de munition, — Le 4 décembre 1870, deux gardes nationaux ont causé la mort d'une jeune enfant âgée de dix ans, dans la propriété de ses parents.

286 CBOix d'observations de: blessures pas imprudence.

maraîchers près du cimetière du Père-Lachaise. Ces gardes nationaux chassaient avec leurs fusils de munition.

L'autopsie, rendue nécessaire par les dénégations des inculpés, a été ordonnée par le procureur de la république, sur l'invitation de M. le capitaine rapporteur chargé de Penquête, conformément à Tordre d^nformation du général commandant le deuxième secteur.

Le cadavre, que j^ai examiné le 6 décembre à la Morgue, est celui d^une petite fille âgée de dix ans, très-bien conformée. Elk n'a reçu qu'une seule blessure consistant en un coup de feu qui fa atteinte derrière Toreille droite.

En ce point, nous trouvons une plaie régulièrement arrondie, de i centimètre 1/2 de diamètre, avec perte de substance et à bordf fortement contus, sans brûlure ni coloration noire du pourtour de l'orifice.

La plaie pénètre profondément à travers le crâne et directement de droite à gauche. Dans le point correspondant on voit à la partie supérieure et latérale gauche du cou une petite déchirure. L'examen des parties profondes montre qu'entre ces deux points les organes ont été lacérés par le projectile : l'occipital est brisé dtni toute largeur de sa base ; les bords du trou et l'apophyse basilain sont broyés. La substance cérébelleuse est labourée et réduite en une bouillie sanglante.

Dans l'épaisseur des muscles du cou, au-dessous de la déchirure que nous avons indiquée vers le côté gauche, nous découvrons le fragment d'une balle de fusil de munition, qui paraît avoir été ooapée en plusieurs morceaux. Nous l'extrayons etla joig^nons au présent rapport.

Les autres organes n'offrent rien à noter.

En résumé, de l'examen qui précède^ nous concluons que : io La jeune fille dont nous avons examiné le cadavre, a été tuée d'un coup de feu qui lui a brisé le crâne.

2o Le coup a été tiré à une certaine distance. L'arme était un fusil de munition, et la charge composée de fragments de balle coupés de manière à former une sorte de grenaille qui s'était réunie et avait frappé en un seul point.

Obs. XGIX. — Incendie de la rue Beaubourg à Paris. .» Exame» et autopiie des débris de cadavres trouvés dans les décombres i. —Vers

1. Tardieu, Étude médieO'lègaU des effets de la combustion sur les éifi' rentes parties du corps humain. {Ann, d'hyg, publ, et de méd. légale. 2< série, tome I, p. 370.)|

la un du mois de novembre 1853, un incendie terrible, allnmé an sein d^un des quartiers les plus populeux de Paris, détruisit en quelques heures plusieurs maisons agglomérées. Malgré Phabile direction et Ténergie- des secours, plusieurs victimes périrent dans ce désastre, et restèrent enfouies sous des monceaux de ruines. L^autorité judiciaire nous confia le soin d^examiner ces restes dans le double but de constater Pidentité des victimes et de rechercher si, au lieu d'avoir seulement à déplorer un malheur, il n*y avait pas en même temps des crimes à punir.

Nos recherches ont porté sur cinq groupes distincts, au milieu desquels nous avons mis tous nos soins à reconnaître et à poursuivre les effets du feu sur chaque série de tissus et d^organes.

Premier groupe. -^ Le premier gi*oupe se composait d*une portion de cadavre mutilé et comprenant seulement la partie inférieure dn tronc, le bassin et la partie supérieure des cuisses.

Quelques lambeaux de chair musculaire, en partie carbonisés, en partie réduits à un tissu fibrineux desséché et complètement cuit<, recouvraient les débris du squelette.

La paroi abdominale n^existe plus; les viscères ont été détruitit. On retrouve seulement les reins, qui ont subi une rétraction de plus de moitié de leur volume par l'action du feu. L'aorte descendante, qui n'a pas été atteinte, renferme, dans toute son étendue, un caillot de sang présentant des caractères que nous indiquerons plus bas. On reconnaît facilement les organes sexuels, le pénis est en charbons, on distingue quelques poils roussis.

Il né reste de la colonne vertébrale que la dernière vertèbre dorsale et les vertèbres lombaires ; les disques intervertébraux de cette dernière région sont compactes et présentent dans leur diarmètre ^transverse 5 centimètres 1/2 de largeur. Le grand bassin est étroit et ne mesure pas plus de 12 centimètres dans son plus grand diamètre. Les fémurs sont brisés vers la moitié de leur, longueur. Les fragments, longs de 19 centimètres, se terminent obliquement et par une extrémité carbonisée.

Il est permis de conclure, d'après ces données, que les débris appartenaient à un cadavre humain, du sexe masculin, de taille moyenne et d'âge adulte.

Deuxième qroupe. — Les restes dont se compose le second groupe sont exactement semblables au précédent, en ce sens qu'il n'y a que la moitié du tronc auquel adhère la partie supérieure des cuisses. Mais les dimensions de ces différentes parties sont plus

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