‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 52 sur 82 · HOMICIDES PRODUITS PAR LES ACCIDENTS DE VOITURES · texte numérisé non relu

HOMICIDES PRODUITS PAR LES ACCIDENTS DE VOITURES

résulter d*une consolidation viciease ; et encore dans des paralysies locales sur lesquelles je reviendrai. Enfin il en est qui, par elles-mêmes, déterminent la mort d*une manière presque fatale : ce sont les. fractures multiples des côtes; les fractures du crâne et de la colonne vertébrale, qui s'accompagnent le plus souvent, dans les accidents de voitures, d'écrasement et de lésions viscérales profondes.

Après les fractures, les lésions traumatiques les plus fréquemment causées par les chevaux ou les voitures maladroitement dirigées, sont les contusions plus ou moins étendues, plus ou moins nombreuses, que Ton peut rencontrer sur les points les plus variés du corps, et que j*ai notées 24 fois sur le tronc, dans la région lombaire, à Tépigastre, sur la poitrine, au bas-ventre, 18 fois sur les membres inférieurs, 11 fois aux membres supérieurs et à Tépaule, et 11 fois à la tète. Quelques-unes sont insignifiantes et pourraient passer pour inaperçues; mais elles ont le plus souvent un caractère de Tiolence qui les rend assez graves; elles ne sont pas toujours accompagnées d'ecchymoses apparentes à l'extérieur, mais elles donnent lieu à des épanchements de sang qui s'infiltrent dans l'épaisseur des muscles ; elles sont souvent compliquées de plaies, principalement à la tète. Leur gravité est, en général, en rapport avec leur siège; lorsqu'elles atteignent une articulation, elles y déterminent, soit une simple foulure, soit une véritable entorse, dont les suites peuvent se prolonger très-longtemps. J'ai vu durer plus de trois mois des foulures de la main ou du poignet chez des individus renversés par des Toitures. Les contusions de la poitrine peuvent être immédiatement sOiivies de crachement de sang. Un coup de timon reçu à l'épigastre déterminait des douleurs encore vives au bout d'un mois ; chez une nourrice, le même accident est suivi d'un abcès au sein, et au bout de deux mois, cette femme roste encore très-affaiblie.

Le plus ordinairement les blessures sont multiples. La victime de l'accident de voiture est frappée à la fois à la tète, au tronc, aux membres. La chute et le choc qu'elle éprouve produisent alors des désordres nombreux et variés. Sans revenir

sur. les fractures, les conlusions^ les plaiâSi qoe Ton tsQum stiuv)eni réunies sur le môme individu, |il. paut &'èlre. fait en tombant une luxation : J0 Tai vue le. plus souvent à.llé» paule; ou une entorse d!une ou, de piusieurS' articulaiicni^ quicpeui être la point de départ d'une- athraie ireuimaliqiift. Dos déchirures étendues survejuiasdan^^certaiae» parties oà elles peuvent donner lieu à de.grajvesiacGÎdontfi' uitécteun: ainsi» un. homme renversé par une voiture, et, qui a reçu dw coatusions nombreuses dans le tlanc droite et la. lôie^ an épaules et. aux. deux, genoux, présente en mônne temps um déchirure étendue et profonde du dos. de la raainr droite, las tendons ont éié en partie écrasés;, une inÛammalion des agf* noviales tendineuses a amené dans ces parties un épaissisfâr ment notable. La peau des* doigts est frappée. dJiosensibilitÂ; ils ne se meuvent que ti^-difiicilement, etil esX.à.craiodia qu*iL ne recouvre jamais l'entière: liber téi des mûuvemeiiJt«r(ift

la. main.

J*ai vu également, dans un cas d'éccasemeni du.pied.parU» roue d'un omnibus, des plaies irrégulièrea en: dedans âten< dehors de chaque côté du talon, avecengorgenoLenténonneeli raideur complète de l'articulation tibio-tarsienne,. sans qnt les os aicnt.été atteints. Un coup de pied de cheval peut faire, des déchirures du même genre; j'en ai observé sut le tendûii< dJAchille et sur la malléole externe dont laiùcatrice aviûtsul» une rétraction, avec douleur le long des. nerfs et œdème; dsi orteils, qui rendait la marche.pour toujours tràs-dlfficile.

Quoique moins violente que.dans.les accidents de cheminsiiA' fer, la secousse q,ui accompagne les accidents de voitunes eeL> qiaelquefois assez forte pour déterminer quelques trouble»* généraux; mais ceuxrci sont en général peu graves et de courte durée : ce sont des douleurs g^nérales„de la céphalalgie compliquée parfois de bouixionnements d'oreille et de dor reté de l'ouïe,, une sensation de brisement qui.laisse après elle un grand afîaiblissement..

Il peut se faire que l'on observe dans certains, cas de vérir tables paralysies : les unes consécutives à de profondes, con* tusions des muscles, qui restent atrophiés et en partie privés

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de mouvements; d'autres, à là compression dès nerfà. Il fliiit ranger dans cette catégorie celles qui surprennent' dans lës' membres supérieurs par Tusage trop prolongé des béquilles; J'en ai vu q^i'îl fallait certainement rapporter à une lésion di-» recte des cordons nerveux. Le maître d'un des grands maga*sjns de Paris, que j*ài été chargé, par un jugement du tribunal, de visiter avec mes distingués confrère», MM. H. Bourdioni et G. Bergeron, et que nous avons suivi pendant plusieursmois, ayant été renversé par une voiture qui détermina une profonde contusion, peut-être une fracture dii bassin, fut atteint consécutivement, et dans le membre inférieur correspondant, d*une paralysie, avec atrophie musculaire, qui résista à tous les traitements, et qui rendit la marche impossible, autrement qu'avec un appareil destiné à immobiliser l'articulation du genou, et à empêcher le membre malade de fléchir sous le' poids du corpsi

Les organes internes présentent, dans quelques cas malheureux, des désordres profonds et de nature à amener la mt)rt.

Les lésions du cervean etdélér moelle^ é^ihièro n'ont pas besoin d'être rappelées; elles sont inévitables'dftnvidstfracK tures dli crâne et du rachis produites par éerasefuent.

La compression violente dé la poitrine et du> ventre amène aussi des altérations non* moins* graves^ non moins 'souvent mortelles.

J'ai rencontré plusieurs de ces cas. La poitrine éeras él i n'offre aucune ecchymose apparente. Un épanehemeni de sang considérable s*est fait sous les téguments et'dansTé^ paisseur des muscles thoraciqucs : quatre côtes= sont brisées^ leurs cartilages sont détachés; une pneumonie traumatit[ue se déclare, et se termine par la mort douze jours après l'accident. Dans un autre cas à peu près semblable, je constate à l'autopsie un épanchement pleurétique purulent. Lorsque l'écrasement a entraîné la mort presque immédiatement par broiement de la poitrine, on trouve les poumons affaissés et quelquefois parsemé» à leur surface d'ecchymoses sous-pleurales.

Une voiture qui passe sur le ventre ne laisse le plus souvent pas de traces à l'extérieur, ou seulement des traces trèàlégôres; une dépression, une empreinte à peine visible, quelquefois une infiltration sanguine dans l'épaisseur des parois du ventre ; et à Tintérieur de la cavité abdominale, on rencontre un épancbement de sang considérable, des décbirures profondes et complètes, soit de Tintestin, soit du foie, des reins ou des autres viscères.

Il faut citer, en terminant, ces cas exceptionnels où les accidents, qui semblaient devoir être suivis des conséquences les plus funestes, ne produisent aucun mal. J'ai vu un enfant fort et bien constitué renversé par une voiture, dont la roue lui passa sur le ventre sans faire la moindre lésion au dehors ni au dedans.

Article HZ.— Lésions produites par les ébonlements Lï^.^ ^ accidentels.

Les éboulements de terrains Ou de constructions rentrent le plus souvent dans le groupe des accidents professionnels; ils atteignent les ouvriers qui travaillent dans les carrière à des terrassements ou à des fouilles, les maçons occupés à des démolitions ; ils peuvent aussi engloutir, sous dea murs qui s'écroulent, les habitants d'une maison, ainsi qu'on Va vu dans le pavillon d'une auberge des environs de Fontainebleau.

Les lésions qui se produisent dans ces diverses circonstances sont les mêmes, et peuvent être réunies dans une description commune.

Les suites de ce genre d'accidents sont fréquenunent fu<nestes ; et des décombres ou des masses de terre qu'ils amoncèlent, on ne retire souvent que des cadavres. Les uns ont eu la tète ou la colonne vertébrale broyées, et sont morts par le fait de la lésion du cerveau ou de la moelle ; les autres ont péri étouffés, et présentent à l'autopsie les signes caractéristiques de la suffocation, ecchymoses ponctuées disséminées à la surface des poumons et du cœur.

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