LÉSIONS PRODUITES PAR LES ÉBOULBMENTS ACCIDENTELS
Les blessures non suivies de la mort que déterminent les éboulements sont généralement très-graves; ce sont le plus ordinairement des fractures des membres ou des côtes. Cellesci ont un caractère plus particulièrement sérieux, car elles sont souvent multiples, et peuvent se compliquer d*inflammations ou d'épanchements traumatiques de la plèvre.
Quelquefois il s*agit simplement de contusions, mais dont retendue et la profondeur rendent les suites non moins redoutables que celles des fractures.
La moelle épinière ressent fréquemment le contre-coup de ces contusions, dont la colonne vertébrale reçoit principalement le poids ; il en résulte des paraplégies qui persistent toujours très-longtemps, parfois même à Tétat d'infirmité incurable.
Ces différentes lésions peuvent s'accompagner de plaies sur diverses parties du corps, et notamment à la tête.
L'un des cas les plus remarquables que j'aie rencontrés de blessures produites par un éboulement, m'a été ofi'ert par un ouvrier terrassier qui avait été transporté à l'hôpital dans un état tellement grave, que Ton avait pensé qu'il ne survivrait pas à la fracture du crâne dont il présentait tous les signes. Je le vis six mois après l'accident; il restait atteint d'une paralysie complète de toute la moitié gauche du corps. Il avait, en outre, des vertiges presque continuels, qui dégénéraient en attaques convulsives épileptiformes, avec affaiblissement notable des facultés, indices d'une affection cérébrale grave dont il n'était pas permis d'espérer la guérison.
Dans un autre cas, un éboulement laissa après lui une paralysie du nerf oculo-moteur commun, probablement déterminée par un épanchement qui s'était fait dans l'intérieur du crâne.
Ces effets consécutifs des éboulements accidentels méritent la plus sérieuse attention au point de vue du pronostic médico-légal de ces blessures, presque toujours imputables à l'imprudence.
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Aitiol* B7.,-— Aceidents rèaultantr d.'una. cbirte. laite,d*iiii>
lieu éle.vé.
Les chutes "d^tm lieu élevé tiennent une gronde piaofi.paimi les' accidents profession nel& ou autres.
Elles atte^gnentt annéef moyenne* et. dépassent même eo nombre les accidents de \ioitures^
Mais elles sont beaucoup moinsisouvent Toccasion de pmces en responsabilité, et, par suite; d'expertise môëieotlégaie. par la raison qu'elles- sont- dans bien des cas ou voluiitaires, ou produites par la maladresse propre des victimea. Mais^ si elles se rattachent ainsià Thiatoire dUi suicide eU à celles: des blessures en générai, elles n en doivent, pas moins èli-e étudiées ici au point de vue spécial qui nous occupe.
Les faits de cet ordre que j'ai rencontrés le plus fréquemment sont des chutes faites par les ouvriers dits du hàtimaat, maçons^ couvreurs, peintres et< autres^ du. haut d'un» èchafliudage ou d-une échelle briaéev. ou encore lai chute que font certaines- pensonnes dans des fosses- laissées ouvertes «par mégarde^ dans^des excavations mal closes.
Lorsque la mort est la suite immédiate de semblahlea^aocîr dents, elle est presque toujours- produite par la flhaclure do oràne, ou par la commotion cérébrale que peut, amener la chute d'un lieu' élevé.
Mais, même sans avoir des résultats aussi funeslesv c'est le plus ordinairement à la tête que se montrent les bleasurei déterminées par cette cause, plaies contuses, à larges iam? beaux, toujours^aocompagnées d'un certain degré de coimmotion. Il s'ensuit en général des accidents plus: ou moins graves et prolongés. Les blessés restent alors dans un étatde faiblesse et de langueur qui peut durer plusieurs mois et auquel se joint raffaiblissement de la métnoire et des facultés.
Il en est de même lorsque la moelle épinière a été intéressée, soit directement dans une chute sur le dosv par la contusion du rachis ou à plus forte raison par une fracture de la colonne vertébrale, soit indirectement et par contrecoup. La paraplégie est donc une suite habituelle et prévue
ACaDENTS RÉSULTANT D'tJNE CHUTE FAITE D'tJN UEU ÉLEVÉ. 39îf
de ces sortes d'accidents. Tai vu mèhie là paralysie affecter dans un cas dé celte nature la marche progressive que j'ai déjà signalée dans les accidents dé chemins de fer, et qui atteste ordinairement une lésion ascendante du cordon ractridien qui gagne Tèncéphalie, et se manifeste par la pertb graduelle des forces, l'embarras de la parole, le tremblement des membres.
* D'autres blessures très-variées peuvent encore résulter de chutes faites dans lès conditions que je viens d'indiquer.
Les fractures peuvent porter isolément ou simultanément' sur les côtes, sur là clavicule, sur les os des membres supé» Heurs et inférieurs; elles sont quelquefois simples, mais plu» souvent compliquées de plaies contuses;
Des contusions plus ou moins profondes peuvent atteindre en même temps plusieurs points du corps. 11 faut signaler particulièrement les contusions des grandes articulations, des genoux, de Tépaule^ qui sont suivies d'arthrites souvent^ assez graves et toujours très-léntes à guérir; et enfin la rup^ ture des ligjiments, soit du genou, soit de l'articulation tibib^ tarsienne, dans les chutes sur les pieds.
Article V.— Blessures déterminées par la chute d'un corps
lourd.
Les accidents qui consistent dans le choc d^un corps pesant' sont fréquents dans certaines professions; ils peuvent être aussi purement fortuits.
Un carrier, un tailleurde pierres, un maçon, peuvent être atteints par une pierre qui tombe; un charpentier, par une grue ou une chèvre mal assujetties; un vidangeur,. un tonnelier, un marchandée viiL„par un tonneau plein qui le renverse; un homme de peine, par un ballot ou une caisse lourdement chargée; comme aussi un passant peut recevoir sur la- tète un pot de fleur, une brique, une poutre tombant dtr haut d'iine maison, ou ètt^ heurté par le volet d'une boutique qu'on ferme.
Le corp9;peut être plus ou moins lourd, le choc plus ou
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moins violent; Le cuir chevelu peut être entamé, le crâne brisé, et le blessé tué sur le coup. La mort peut encore être déterminée par Técrasement de la poitrine et du ventre, ainsi que j*en ai vu un remarquable exemple chez un homme employé dans les caves de l'Entrepôt à dégerber des pièces de vin, dont Tune tomba sur lui et lui broya les côtes et les viscères abdominaux.
Sans être toujours aussi fâcheuses, les suites de semblables accidents ne laissent pas d*être encore très-graves. La fracture simple ou compliquée d'un membre, la fracture comminutive des deux jambes ; les contusions des reins ou des articulations, avec leurs conséquences connues et si souvent redoutables; les paralysies locales qui suivent certaines contusions profondes, tels sont les effets les plus ordinaires produits par les chocs violents.
J'ai vu une tumeur blanche se développer à la suite d'une contusion du genou par un tonneau plein qui avait renversé un garçon marchand de vin (obs. XG) ; et chez un tailleur de pierres qui avait eu le radius brisé par une pierre, la paralysie incomplète des muscles extenseurs de la main persister après la consolidation de la fracture par suite de la contusion du poignet.
Un ouvrier blessé par la chute d'une grue m*a présenté à la fois une double fracture des deux jambes, l'écrasement du bras, et des contusions de la colonne vertébrale.
Une femme a eu la clavicule cassée par le volet d'une boutique que fermait un maladroit.
Un maçon a été tué par une brique détachée d'une construction et qui lui fendit le ci^ne.
Article VI. — Blessures produites par les machines
et moteurs mécaniques.
Le rôle considérable et de jour en jour plus important que jouent dans l'industrie les machines et les moteurs mécaniques, explique la fréquence des accidents professionnels dus à cette double cause. J'ai donné ailleurs le tableau des établissements qui à Paris seulement emploient des appareils de