PARTISANS ET ADVERSAIRES DE LA DOCTRINE DE TARDIEU
Toutes les expériences sont bonnes dans leurs conditions respectives. Tant que les expériences ne sont pas d’accord, c’est qu’il y a une ou plusieurs conditions du phénomène qui ont échappé à l’expérimentateur ; c’est qu’on n’est pas arrivé au déterminisme expérimental , c’est-à-dire qu’on ne connaît pas encore toutes les circonstances dans l’ensemble desquelles se produit le phénomène. C’est là le problème, car la science, selon l’expression de Léonard de Vinci, n’est au fond que l’étude des circonstances des choses.
Cl. Bernard.
Avant de passer rapidement en revue les différents
travaux de ceux qui sont venus soutenir ou combattre la doctrine du maître, il nous paraît utile d’étudier les caractères des ecchymoses sous-pleurales, d’autant plus que les uns et les autres sont loin d’être d’accord sur la description de ces lésions.
Voici, en effet, la définition que donne Tardieu de cette altération anatomique à laquelle il a voulu attribuer une haute signification :« Ce sont de petites taches d’un rouge très-foncé, presque noires, dont les dimensions varient sur les poumons d’un enfant nouveau-né, depuis eelles d’une têted 'épingle jusqu’à celles d’une petite lentille, et gardenL, quoique plus larges chez l’adulte, les mêmes proportions. Leur nombre est excessivement variable: tantôt réduit à 5 ou 6, il peut s’élever à 30 ou 40, et devenir dans certains cas si considérable que le poumon offre exactement l’apparence du granit. On les voit parfois réunies entre elles et agglomérées de manière à former des plaques et des espèces de marbrures. Dans tous les cas elles sont très-exactement circonscrites et leur contour très-arrêté se détache des parties voisines, et tranche plus ou moins fortement sur la teinte générale du poumon. Leur siège n’est pas moins irrégulier que leur nombre. Cependant on les trouve le plus souvent à la racine des poumons, à la base et principalement sur le tranchant du bord inférieur. Ces caractères anatomiques ont du reste l’avantage de persister tant que le tissu n’est pas détruit. Leur seule couleur suffirait pour les différencier. Elfes sont mieux circonscrites, plus tranchées et formées par du sang coagulé
tandis que les autres sont violaacées, livides, diffuses et constamment fluides (1). »
Telle est l’idée que se forme Tardieu des taches ecchy • motiques, et que partagent tous ses partisans. En effet, Briant et Chandé, dans leurs éditions postérieures aux recherches du professeur de Paris , reproduisent sa description, et admettent même ses opinions sans contrôle.
Blanchard, dans sa thèse inspirée par Tardieu, précise davantage encore les idées de son maître, en distinguant les ecchymoses de la suffocation des extravasations sanguines delà strangulation. «Ces extravasations sanguines, sortes de noyaux apoplectiques, sont des taches noires et entourées d’une auréole rouge'; leur dimension varie entre celle d’une pièce de 20 centimes et celle d’une pièce de5 francs. Elles occupent en général les bords inférieurs ou les surfaces contiguës des lobespulmonaires. D’autres fois ces taches sont rosées ou d’un rouge peu foncé, disposées par plaques et affectant la forme d’une éruption de roséole. A cause de leurs grandes dimensions, j’aime mieux donner à ces taches le nom d’extravasations sanguines que celui d’ecchymoses, réservant cette dénomination spéciale pour les petites taches de la grandeur d’une lentille au plus. »
M. Séverin Caussé, un des plus chauds partisans de la doctrine de Tardieu, trouve, à l’autopsie d’un nouveauné mort d’hémorrhagie intestinale, que « les poumons
(1) Tardieu. De la pendaison, 1870, p. 256 et 259.
(2) Blanchard. Consid. médico-lég. sur les différ. genres de mort violente confondus sous le nom d’asphyxie. Thèse de Paris, 1858.
ne sont pas fortement dilatés, quoique l’enfant ait vécu quelques jours. Ils sont comme contusionnés à leur surface externe et antérieure. Ils présentent en effet, dans ces parties, des taches noirâtres qui ne sont pas du tout le fait de la déclivité du petit cadavre. » Et il ajoute: « L’autopsie de cet enfant avait été faite en vue de rechercher les causes de la mort. Les poumons ont été l'objet d’un examen superficiel; toutefois j’ai noté le peu de développement de ces organes et les taches noirâtres qui les recouvraient à la surface. » Mais il ne considère pas évidemment ces taches comme des ecchymoses souspleurales, car : « ce sont des cas semblables, dit-il, qu’on a objectés à M. Tardieu comme propres à détruire la valeur et la signification des taches sous-pleurales (1). »
On peut voir par ces citations que, pour Tardieu etses partisans, toute tache qui ne réunit pas au moins les conditions de couleur (rouge foncé, presque noir) et de délimitation des bords n’est pas une ecchymose, mais une suffusion sanguine. La forme et la grandeur de la tache sont des caractères moins importants, puisqu’elle peut constituer une plaque ou une espèce de marbrure.
Cette définition n’est pas celle qu’adoptent les adversaires de Tardieu. Voici, en effet, ce que dit à ce sujet M. Legroux, dans le remarquable rapport qu’il présenta en janvier 1878, après quatre années d’investigations minutieuses, à la Société de médecine légale, au nom de la commission nommée à l’effet d’étudier la question des ecchymoses : « Les suffusions sanguines que l’on peut
(1) Séverin Caussé. De l’asphyxie par suffocation, etc., 1869, page 25.
observer à la surface des poumons se rencontrent sous plusieurs aspects : tantôt ce sont des taches d’un rouge cerise ou noirâtres, d’une étendue assez considérable, irrégulières, à contours bizarres..., tantôt elles se rapprochent parleur aspect, leur forme, leur disposition, des taches de purpura ou des sugillations hémorrhagiques. En effet, ces dernières, les plus intéressantes au point de vue que nous envisageons, sont constituées par des taches de couleur rouge sombre ou rouge vif carminé, quand on les examine à l’état frais, souvent entourées d’une auréole rosée, de telle sorte que la tache est alors foncée à son centre et de plus en plus claire à la périphérie ; ces taches ont la forme arrondie d’une tête d’épingle noire que l’on verrait par transparence; quelquefois, plus petites, elles ne forment qu’un point; plusieurs de ces taches étant très-rapprochées se fusionnent et le bord de la plaque, ainsi constituée par agglomération, est festonné ; quelquefois elles ressemblent à des étoiles ; enfin elles peuvent être linéaires ou en coup d’ongle. La dimension de ces taches est variable, depuis celle d’un point imperceptible (ecchymoses punctiformes, pointillées, ponctuées) jusqu’à celle d’une lentille (tache lenticulaire) et même celle d’une pièce de 20 centimes, de 50 centimes et de 1 franc (1).»
Cette description se distingue de la première en bien des points, mais la différence est surtout sensible en ce qui regarde la limite de l’extravasation, car, pour M. Legroux, ses contours peuvent aussi être irréguliers, étoilés, festonnés, entourés d'une auréole rosée, et par suite
(1) Legroux. Des ecchymoses, oie , .1878, p. 3 et 4.
se confondre plus ou moins avec les tissus voisins. Pour cet observateur, en un mot, les ecchymoses sont des suffusions sanguines dont la dimension varie d’un point presque imperceptible à la surface d’une pièce de 1 franc. « Si la distinction des ecchymoses qui ont la suffocation pour cause, dit avec raison M. Legroux, repose uniquement sur l’aspect granité ou ponctué, ou en semis, du poumon, je dis que cette distinction est trop subtile, trop délicate pour qu’on en puisse faire un signe absolu (1). » 11 est en effet bien difficile de désigner d’une manière exacte la limite précise où les extravasations sous-pleurales cessent d’être ecchymoses pour devenir suffusions sanguines, d’autant plus que, sous différentes causes, les ecchymoses à bords bien nets, taches de Tardieu, perdent facilement leurs contours tranchés pour s’entourer d’une auréole concentrique moins foncée et qui ne garde pas toujours une coloration visiblement différente des parties voisines. M. Descoust, préparateur de M. Brouardel, qui a fait de nombreuses recherches sur cette altération anatomique, a souvent observé lafacilité qu’ontles ecchymoses de se transformer en suffusions au contact d'un liquide. Vicq, dans sa remarquable thèse, déclare être arrivé avec lui à transformer en suffusions, par la seule pression des doigts, des taches obtenues par suffocation (2). Avec cet infatigable observateur, auquel nous devons, nous aussi, bon nombre de remarques intéressantes sur la matière, nous avons obtenu le même résultat en insufflant, jusqu’àproduction de l’emphysème mé-
(1) Voyezdans notre appendice, à la fin de ce travail, la note de M. Legroux.
(2) Vicq. Thèse de Paris, 1878, p. 24.
canique, des poumons ecchymosés, et en les laissant revenir sur eux-mêmes.
Cependant, comme c’est sur la confusion faite (à raison, an point de vue médico-légal) entre les ecchymoses et les suffusions par les adeptes des idées nouvelles que se basent Tardieu et les partisans de sa théorie pour réfuter leurs contradicteurs, nous ne donnerons, pour notre part, dans les observations que nous rapporterons plus loin, l’appellation d’ecchymoses sous-pleurales qu’au type présenté par Tardieu, réservant le nom de suffusion sanguine pour toute tache qui ne présenterait pas les mêmes caractères.
Faure est le premier auteur qui, après Tardieu, ait entrepris des expériences sur les différents genres d’aspliyxie. Dans ses expériences, réalisées sur des chiens qu’il sacrifia indistinctement par strangulation, suffocation, pendaison et submersion, il put voir, disséminées sous les plèvres, des taches ecchymo tiques aussi nettes et aussi caractéristiques que celle de Tardieu dans la suffocation (1).
En 1861, M. Toulmouche (de Rennes) publia un grand nombre d’observations d’infanticide par suffocation, sans faire mention des taches sous-pleurales dans aucun de ces cas (2).
L’année suivante, F Allemagne apporte sa protestation dans un article sur l’importance en justice des ecchymoses sous-pleurales, du professeur Simon, de Ber-
(1) Faure. Archives gén. de méd., 1856, t. I, p. 20 , 299, 543, t. II, p. 64.
(2) Toulmouche. Ann. d’hyg., I. XVI, p. 364; t. XVIII, p. 157, 365 Mémoire sur l’infanticide et la grossesse cachée.
lin (1). En même temps, paraît le Traité de médecine légale de Gasper qui signale les ecchymoses dans de nombreux cas de suffocation, dans la strangulation (obs. 285), dans la pendaison (obs. 270), dans l’asphyxie par la fumée de charbon (obs. 259 et 260), et, d’une façon moins précise, dans un cas de suicide par le chloroforme (obs. 325). Il cite aussi des faits où des ecchymoses souspleurales ont été trouvées chez des enfants mort-nés et sur des fœtus se trouvant encore dans l’utérus au moment de la mort de leur mère : dans un cas, la mère, enceinte de huit mois, s’était pendue; dans un autre, la mère, enceinte de sept mois, mourut d’apoplexie après quatorze jours de maladie (2).
En an plus tard, le Dr J. -B. Garibaldi s’élève aussi en Italie contre la doctrine de Tardieu (3).
De son côté, Maschka publiait dans un jounral allemand une étude sur les ecchymoses sous-séreuses chez les nouveau-nés, où il déclarait « qu’on les rencontre le plus souvent chez les nouveau-nés, plus rarement dans l’enfance et la jeunesse, et très-rarement chez les adultes. » Il y dit avoir trouvé des ecchymoses sous-pleurales chez des enfants nés avant terme et macérés, et dans l’empoisonnement par le phosphore, par l’acide prussique et par des champignons vénéneux (4).
En 1867, MM. Desgranges et Lafargue publient dans la Gazette des hôpitaux des observations desquelles il résulte qu’ils ont rencontré presque constamment des
f (l)gGazette hebdomad., 1852, p. 102.
(2) Casper. Traité de méd. lég., 1862, t. II, p. 323.
-r- t3) J.-B. Garibaldi. Esame délia nuova dottrina di Tardieu sulle morte per strangulazione, 1863
(4) Maschka. Allg. médiz., Cenlralzeitung, mai, 1864.
Chassaing.
taches sous-pleurales dans les autopsies faites sur des individus morts par suffocation, mais que, dans quelques cas assez rares, ils les ont recherchées inutilement. Quelques cas de pendaison (suicide) leur ont fourni également dix preuves pour et contre la présence de ces taches. Ils en ont trouvé aussi chez des enfants dont la vie propre n’avait pas encore pris la place de la vie foetale et qui, par conséquent, n’avaient pas respiré et n’avaient pu être suffoqués.
Cette même année, Liman, de Berlin, s’élève énergiquement contre les conclusions de Tardieu, et prétend avoir rencontré des taches sous-pleurales dans la moitié de toutes les asphyxies, et souvent ne les avoir pas vues chez des enfants suffoqués par occlusion des voies aériennes. Cependant il constate que l’on rencontre les taches pétéchiales, comme il les appelle, plus souvent chez les suffoqués que chez les pendus, les étranglés, les noyés (1).
Sabinski (2) s’élève aussi contre la spécificité des ecchymoses punctiformes sur les poumons comme symptômes prouvant, ainsi que Tardieu le soutient, la suffocation.
C’est à la suite de ces attaques que le professeur de Paris revint sur ses premières affirmations et se décida à ajouter quelques réserves aux conclusions trop absolues qu’il avait émises tout d’abord : « Je n’ai pas su, paraît-il, me faire suffisamment comprendre quand j’ai cherché à établir la valeur de certains signes, nolam-
(1) Liman. Ann. d’hyg. et de méd. lég., 1867, t. XXVII, p. 3S8.
(2) Sabinski. Signifie, méd -lég. des ecchym.de Tardieu dans la mort par suffocation, etc., 1867.
ment clés ecchymoses sous-pleurales qui, comme tous les signes en médecine légale aussi bien qu’en médecine clinique, ri arien cV absolu et doit être sainement interprété (1). »
En 1869 parut un remarquable travail deM. Caussé(2), dans lequel l’auteur démontre par des expériences et par quelques observations que les signes donnés par Tardieu comme caractéristiques de la mort par suffocation peuvent manquer, lorsque, dansdescirconstances données exceptionnelles, il vient à se produire une hémorrhagie ombilicale, dépendante de l’occlusion des voies aériennes. Ses expériences avaient été faites sur cinq chiens suffoqués par un tampon introduit dans le pharynx, en même temps qu’on leur pratiquait une plaie de la crurale pouvant jouer le même rôle que les artères ombilicales chez l’enfant. Les autopsies faites le lendemain ne révélaient pas d’ecchymoses. — La contre-épreuve futfaite sur deux chiens auxquels on ne pratiqua pas de saignée. Ces deux chiens présentaient des ecchymoses sur leurs poumons.
L’année suivante, Tardieu, citant avec éloge le mémoire deM. Caussé qu’il considère comme d’un très-grand intérêt pour l’histoire de l’infanticide, enregistre la possibilité d’une suffocation sans ecchymoses, en cas d’hémorrhagie ombilicale concomitante (3). Ce fut là la dernière concession que fit Tardieu, et l’opposition subis-
(1) Tardieu. Ann. d’hyg. et de méd. lég., 1868, t. XXIX, p. 104. Voy. plus loin la lettre de M. Gaussé, à l’Appendice.
(2) Séverin Caussé. De l’asphyxie par suffocation, etc., 1869.
(3) Tardieu. Elude sur la pendaison, etc., 1870, p. 250. V. la note de M. Legroux, dans notre Appendice.
sant un temps d'arrêt, sa doctrine devint classique : la plupart des auteurs même oublièrent de signaler les réserves qu’il y avait apportées.
Pendant ce moment de calme, Hestrées signalait la présence des ecchymoses dans l’insolation : « Les lésions anatomiques les plus constantes et les plus remarquables du coup de chaleur, dit-il, se montrent dans la cavité thoracique. On trouve souvent des ecchymoses sous-pleurales disséminées... » Et plus loin : « Les poumons sonl congestionnés, présentent des taches ecchym otiques (1) . » La querelle se ranima à l’occasion d’un mémoire que publia le professeur Page, d’Edimbourg, mémoire dans lequel il avait consigné un grand nombre de faits expérimentaux opposés à ceux sur lesquels repose en partie la doctrine de Tardieu (2), et qui fit l’objet d’un rapport de M. Liant à la Société de médecine légale (3).
La même année, la doctrine régnante eut à subir une nouvelle attaque : M. Girard, de Grenoble, fit acquitter un homme accusé d’avoir étouffé sa femme dont le cadavre, trouvé dans un puits, présentait des ecchymoses sous-pleurales. Les experts ayant conclu au crime, M. Girard leur démontra par des expériences positives, que les ecchymoses sous-pleurales se trouvent aussi bien dans la submersion que dans la suffocation et que dans l’uri et l’autre cas les lésions sont identiques (4).
L’année suivante, M. Tenneson appelait l’attention de
(1) Hestrée. Etude sur le coup de chaleur, thèses de Paris, 1872, p. 60 ot 86.
(2) Page. Un Lhe value of certain signs observed in cases of suffocation, 1873.
(3) Annales, t. XL11, p. 180, 1874.
(4) Girard. Gazelle hebd., 1873.
la Société de médecine légale sur la valeur des ecchymoses de Tardieu (1), et une commission composée de MM. Devergie, Giraldès, Riant, Tenneson, Legroux, fut nommée le 13 juillet 1874 pour étudier cette question.
Depuis cette époque, un grand nombre de travaux ont encore été faits sur ce sujet :
M. Lancereaux dit avoir constaté des ecchymoses souspleurales dans plusieurs cas de syphilis héréditaire (2).
En 1877, MM. Belliniet Filippi, partisans de la doctrine de Tardieu, déclarent que dans la suffocation, comme signe pathognomonique, on remarque la surface des poumons parsemée de petits points ecchymotiques, nei pulmoni punteggiature ecchimotiche sotto pleurcili corne segno pathonomonico (3) .
MM. Bergeron et Montano déclarent (4) que dans la submersion « il y a toujours un certain degré de congestion et quelquefois des ecchymoses sous-pleurales; mais ces ecchymoses qui donnent aux poumons un aspect tigré n’ont jamais l’apparence des ecchymoses ponctuées de la suffocation. Le signe donné par Tardieu comme caractérisant ce dernier genre de mort conserve donc toute sa valeur et nos expériences viennent le confirmer (5). »
M. Pinard présente à la Société de médecine légale 16 observations relatives à des enfants mort-nés ou ayant peu vécu, chez lesquels il avait trouvé des taches souspleurales (6).
(1) Tenneson. Annales, 1874, t. XLII, p. 161.
(2) Lancereaux. Traité de la syphilis, 1874, p. 426.
(3) Bellini e Filippi. Eiblioleca medico-leg., t. 11, p. 216, Pisa,
(4) Bergeron et Montano. Annales, 1877, l. XVIII p. 353, 371,
(5) V. plus loin notre appendice, noie dei\I, Legroux.
(G) Pinard. Annales, 1877, I. XLVIII, p. 546.
Grosclaude confirme par ses expériences celles de Faure, Liman, Page et Girard (1).
Enfin, après quatre années d’études et de recherches, la commission nommée [en 1874 a terminé ses travaux, et M. Legroux lit, en janvier 1878, à la Société de médecine légale, son rapport qui conclut à la non-valeur médico-légale des ecchymoses sous-pleurales, en les regardant toutefois comme l’indice d’une mort rapide et violente, surprenant l’organisme dans un état de santé normal ou en apparence normal.
Presque aussitôt les thèses importantes de Déchoudans et de Vicq, les intéressants articles de Cliquet viennent corroborer cette opinion, et le Congrès international de médecine légale ouvert à Paris pendant l’Exposition, le 12 août 1878, déclare à l’unanimité que les ecchymoses sous-pleurales, qui ont été données comme signe indubitable de la mort par suffocation, ne peuvent avoir isolément aucune valeur en médecine légale, les causes qui peuvent les engendrer étant très-multiples.
C’est ainsi qu’a été jusqu’à ce jour combattue et défendue pied à pied cette doctrine qui est une erreur nonseulement nuisible aux progrès de la science et contraire aux plus saines notions de physiologie pathologique, mais encore préjudiciable aux intérêts de la Société et susceptible de détourner les tribunaux du droit chemin de la justice.
(1) Grosclaude. Thèses de Paris, 1877.