‹ Étude médico-légale sur les épileptiquesChapitre 9 sur 25 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

ÉPILEPTIQUES AFJÉNÉS

Accès de folie épileptique et de fureur maniaque. — Assassinats dans l'intérieur des établissements d'aliénés.

Voici l'épileptique séquestré : il présente des troubles intellectuels presque permanents ou permanents; il est aliéné et il est dangereux. Son état acquis d'aberration mentale se révèle de deux façons, soit par des accès très-particuliers d'agitation et de fureur, suivis d'accalmies plus ou moins durables et de retour provisoire à une lucidité relative, soit par une diminution assez profonde du niveau intellectuel et de la mémoire, avec dépression habituelle et voisine de la torpeur.

L'accès de délire maniaque débute parfois très-brusqueraent, comme tout ce qui appartient aux manifestations rapides et inopinées de i'épilepsie, mais il se fait annoncer souvent par de la céphalalgie, de l'accablement et de la tristesse, une expression distraite et un peu effarée de la physionomie, une certaine altération de la voix et môme un vomissement. Tout à coup le malade ne tient plus en place : il parle, gesticule, s'excite, récrimine, menace, crie, déchire, brise, hurle, frappe et mord. Sa face se colore; ses yeux sont brillants, presque flamboyants; son regard est tragique, sa salive s'échappe. Terrilié p;ir la vue du feu ou du sang, de cadavres horribles ou de spectres grimaçants, par des voix insultantes ou par d'infectes odeurs de soufre, de fumée ou d'excréments, rien n'égale la fureur de ses emportements. Poussé par une aveugle frénésie à tout broyei', à faire table rase de tout, H se rue sur le pre-

inier venu ou s'élance contre un mur. Il n'a presque plus rien d'humain.

Dans le cours de cette scène furibonde, l'épileptique est bien moins incohérent que le maniaque ordinaire. Il saisit ce qu'on lui dit et il y répond. Il rend compte de certaines choses et suspend ses vociférations pour donner un renseignement ou demander à boire. Et cependant tout à l'heure, après l'accès, il ne se souviendra de rien : idées, paroles, cris, violences, impulsions homicides et tentatives de suicide, tout sera pour lui lettre close.

L'accès est court. Au bout de quelques heures, de deux ou de trois jours, la convulsion mentale prend fin à l'improvisle, et la trêve est signée. Silencieux, presque aphone, larmoyant, demi-stupide, le malade est comme écrasé. Ses traits sont altérés, fatigués, enlaidis; ses mains tremblent. La connaissance lui revient peu à peu, et il sort enfin de cette lutte effroyable, comme l'on sort d'un rêve pénible ou d'un cauchemar aux visions atroces.

L'accès subséquent est calqué bur celui qui vient d'être esquissé. Là encore, les manifestations sont uniformément les mêmes. Les crises sont toutes des sœurs jumelles.

La fureur maniaque épileplique peut aujourd'hui ne plus s'observer dans les établissements spéciaux et rester à l'état de souvenir clinique d'une époque passée. Le bromure de potassium, même lorsqu'il ne suspend pas les attaques convuisives, dans les cas les plus rebelles, supprime les violents et périlleux paroxysmes d'exaltation délirante. Il est la muselière de l'épilepsie. Les malades sont calmes, patients, moins querelleurs et beaucoup moins emportés. Ce fait, qui n'est ni fortuit, ni passager, a été déjà remarqué et signalé par MM. J. Falret, de l'hospice de Bicêtre, Arlhaud, de l'asile de Lyon, Clouston, de l'asile de Cumberland, et Williams, de l'asile de Norihamplon. Depuis l'introduction de la médication bromurée, en effet, la physionomie des quartiers d'épileptiques s'est notablement améliorée. Les malades se sont transformés, apprivoisés, civilisés. Il y a donc là une action médicatrice puissante. Le médecin inexpérimenté est le seul qui puisse douter.

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car l'esprit humain est ainsi fait, que l'on nie d'ordinaire ce que l'on ne sait pas.

En présence des résultats obtenus, les familles interviennent parfois et réclament la sortie de quelques-uns de ces épileptiques qui paraissent tellement améliorés qu'on les suppose guéris. Si le traitement peut être continué au dehors, je fais droit à la demande, mais si le prix élevé du sel bromique ne permet pas la prolongation nécessaire des soins thérapeutiques, je m'oppose à la sortie. Non-seulement une rechute pourrait arriver un jour ou l'autre, à une date impossible à préciser, mais cette rechute ne conduirait-elle pris à un crime contre les personnes?

Le bromure de potassium maintient indéfiniment le convulsif aliéné dans une apathique et inoffensive débilité, qui est presque analogue à la seconde forme des troubles intellectuels permanents, dont il nous reste k parler.

Dans cet état, le malade, affranchi des luttes à outrance, a subi une diminution très-appréciable de l'entendement, et il a la douleur de posséder une sorte de demi-conscience de cette infériorité acquise. Il fait preuve parfois de bon vouloir; porte secours à ses compagnons et rend compte du degré d'intensité de leurs attaques; remplit bénévolement l'office d'infir nier auxiliaire; descend sans maugréer aux plus répugnantes attributions de sa domesticité d'occasion ; espère que chacun de ses accès sera le dernier ; prend confiance en voyant autour de lui les crise? s'éteindre et les sorties s'effectuer; annonce qu'il aura également son tour; fait et refait ses petits calculs; perd et reprend courage; se montre encore quelquefois difficile et quinteux ; réclame et proteste à son heure ; s'amoindrit lentement; s'accoutume au cloître, et finit par y passer une grande partie de sa vie, après avoir tant désiré le quitter. Un jour, une affection incidente se déclare, et le voilà qui s'acquitte de souffrir.

Dans l'intérieur d'un établissement spécial, on peut faire cette remarque que les épileptiques s'attirent et que les aliénés se repoussent. En s'atlirant, les épileptiques complotent entre eux, font des projets d'évasion, récriminent avec ai-

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greur contre le médecin, le surveillant ou l'infirmier, et, à l'époque où ils n'étaient soumis à aucun traitement efficace, la cabale pouvait aboutir à une explosion subite de violences, à un guet-apens et à un assassinat.

A l'asile de Marseille, le 24 janvier 1868, à deux heures de l'après-midi, K..., militaire, entré comme aliéné, mais épileplique méconnu à son régiment, déclara tout à coup qu'il ne travaillerait pas et menaça du poing le surveillant. Il fut conduit au quartier des agités et y rencontra l'épilcptique B..., relativement tranquille et non camisolé. K... et B... se confièrent leurs griefs respectifs, prirent la résolution de s'insurger contre quiconque essaierait de les retenir, descellèrent une barre de fer, tentèrent de se frayer un passage, étendirent à leurs pieds un premier infirmier, puis un second qui accourut au secours de son camarade, et s'acharnèrent à broyer le crâne de chaque cadavre. Brandissant leur barre de fer, ils s'élancèrent du cô:é de la sortie, trouvèrent les portes closes, revinrent fouiller les infirmiers assassinés, s'emparèrent ainsi des clefs, passèrent dans une section voisine, et furent enfin désarmés, terrassés et garrottés, après les plus grands périls encourus par les préposés de l'asile.

Peu après celte horrible scène, K... se déclara très-malheureux, pleura, se désespéra, prétendit qu'il s'ennuyait, qu'il souffrait de l'estomac et qu'il voudrait aller voir sa mère, puis il s'excita de nouveau, proféra des menaces de mort et essaya de se ruer sur les serviteurs qui lui apportèrent des aliments. Il déclara au chef du parquet et au juge d'instruction, qu'il avait en des llammes dans les yeux, qu'il avait entendu des voix qui parlaient de meurtre, qu'il a cru qu'on allait le tuer, que les gardiens étaient bien morts, qu'ils n'en reviendraient pas et qu'il avait vu leur cervelle sur le plancher. Il ne témoigne ni regrets ni remords.

Quant à B..., il tomba dans un très-grand état de prostration, se souvint d'avoir reçu une barre de fer des mains de K..., ne se rappela point ce qui s'étuit passé et n'apprit la mort cruelle des infirmiers qu'avec l'indifférence la plus marquée.

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Le 28 janvier, des obsèques solennelles lurent faites aux deux victimes.

Dans l'observation sj particulièrement douloureuse qui va suivre, on retrouvera encore quelques-uns des caractères fondamentaux de la criminalité épileptique.

Obs. XVII. — C... (Gelorum Edouard), tailleur, âgé de trente ans, protestant, très-peu aisé, ayant à nourrir son père, sa femme et plusieurs enfants, entre à l'asile public d'aliénés d'Avignon, le 17 mai 1836, en vertu d'un arrêté du préfet du Gard. Sa mère avait un caractère très-emporté et s'adonna t à la boisson. Son oncle paternel était somnambule et son cousin germain maternel était atteint de folie furieuse, avec impuisions homicides. Il sait lire et écrire, est très-laborieux, s'impose des privations et s'alimente d'une manière insuffisante. Il a perdu un fils et deux filles à la suite de convulsions.

Il s'est marié à l'âge de vingt ans et n'est devenu épilei)tique que trois ans après. Une nuit, il éprouva des mouvements convulsifs et fut pris d'un ronflement particulier. Sa femme se leva pour lui porter secours et s'aperçut qu'il était sans connaissance, qu'il avait la face violacée et noirâtre, et que sa bouche était remplie d'écume. A son réveil, il n'eut conscience de rien. Une attaque semblable se renouvela un mois après, et dès lors il en apparut d'autres, mais sans aucune trace consécutive de trouble intellectuel. Au bout de cinq ou six mois, les attaques disparurent, et on le crut guéri. Tout à coup, après une vingtaine de crises, qui se succédèrent presque sans interruption, C... devint furieux, voulait tuer quiconque s'approchait de lui et dut être attaché. A dater de cette époque, les mêmes fureurs reparurent de temps à autre, et, une fois, il faillit étrangler son père. Un autre jour, il était au lit et surveillé par deux personnes, quand il se leva précipitamment, s'élança d'un bond vers la fenêtre, rompit l'espagnolette, se jeta dans la rue et se blessa à la tête.

A l'asile d'Avignon, C... se montre calme, poli, orgueilleux et vantard ; il ne convient pas qu'il soit malade et se croit très-supérieur de toute façon à tous ses compagnons. Son appétit et son sommeil ne laissent rien à désirer.

Quelques attaques convulsives surviennent, et on note à la suite de la demi-stupeur, des hallucinations de la vue et de l'ouïe, et de légères divagations. Une aura abdominale l'avertit qu'il va être ma-

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lade, et avant de tomber il appelle lui-même l'infirmier. Dans l'intervalle des attaques, il a des vertiges.

M. le docteur Geoffroy, ancien député de Vaucluse, médecia de l'asile, officier de la Légiou d'honneur, lui témoigne un sincère intérêt, s'occupe de lui, lui accorde le régime exceptionnel, lui fait quelques petits cadeaux, et le malade dans l'effusion de sa reconnaissance, l'appelle son « second père ». Et cependant, le 23 avril d857, à onze heures du matin, C... prétexte une indisposition, se montre inquiet, réclame le médecin, et se place devant la porte du cabinet médical, dans l'attitude il'un homme souffrant et blessé, appuyé sur la jambe gauche, la main droite placée sur la poitrine et enfermée dans sa veste. Il voit s'approcher M. Geoffroy, lui dit qu'il a mal à la jambe, et, au moment où le médecin va se baisser, il le saisit et le frappe violemment au côté gauche. M. Geoffroy recule étonné. L'interne, M. Laurent, appelle du secours et se suspend au cou de G..., qui se débat avec force, cherche à s'élancer de nouveau sur sa victime, et brandit en l'air une forte paire de ciseaux, dont les deux lames sont placées en croix et assurées dans cette position par un mouchoir de poche, ce qui avait permis à l'assassin de se servir d'une des lames comme d'un poignard. On le désarme, on s'empare de lui et on l'enferme dans une cellule, puis on s'approche de M. Geoffroy, qui, stupéfait, pâle et chancelant, continuait à donner des ordres. Une heure et demie après, le médecin de l'asile d'Avignon n'était plus !

C... avait eu des attaques vers la fin de mars et au commencement d'avril. Le 21 et le 22 avril, on n'avait rien remarqué d'anormal chez lui. Son appétit était excellent et son sommeil tout à fait paisible. Le 23 au matin, il avait été à l'atelier des tailleurs, et y avait pris la paire de ciseaux. Dans la nuit du 23 au 24, il a eu une attaque d'épilepsie. Le 24 au matin, il est sans remords, ne sait ce qu'il a fait et parait surpris du mécontentement courroucé qu'on lui témoigne.

L'enquête a démontré que, depuis quelques jours, C... avait entendu des voix venant de membres d'une société secrète, qui lui disaient que, s'il ne tuait pas le médecin, il serait malheureux toute m vie. Il avait voulu tuer M. Geoffroy sur le coup, et il assure qu'il n'avait eu qu'à se louer de lui, qu'il l'aimait beaucoup, mais que, néanmoins, il est très-content de ce qu'il a fait. Les voix lui avaient également appris qu'il fallait frapper au côté gauche de la poitrine.

A la suite de ce crime, C... a été retenu en cellule et éloigné, de

liPILEl'TIQL'ES ALIKNKS.

tout contact avec les autres malades. Les attaques couvulsives sont devenues fréquentes et presque toujours suivies de trouble mental, d'hallucinations des sens et d'impulsions homicides. Les périodes de calme et de lucidité ont été de courte durée. Dès qu'il revenait complètement à lui, il regrettait amèrement l'assassinat qu'il avait commis, se laissait aller à un véritable repentir, et s'accusait d'être un misérable ; mais, dès que son intelligence commençait à se troubler de nouveau, il s'enorgueillissait de son crime et s'applaudissait d'avoir obéi aux ordres reçus.

C... est resté à l'asile, et il y est mort quelques années après.

Hau^aller a rapporté dans sa thèse l'observation d'un épileptique, dont les tendances religieuses étaient très-accusées, et qui lança un jour, à peu près sans naotifï, un violent coup de pied dans les parties génitales d'un aliéné. Cet acte de brutalité ayant consécutivement amené la mort, on mit le malade en présence du cadavre de sa victime, dans l'espoir que ce spectacle l'impressionnerait vivement et lui ferait tempérer ses emporlemenls ultérieurs ; mais il fut impossible de surprendre chez lui la plus légère trace d'émotion, et de lui arracher une seule parole de repentir .

Le trouble et l'égarement que les plus grands coupables sont souvent inhabiles h léprimer en pareille circonstance sont un hommage k la conscience humaine : ils accusent celui qui les a ressentis, loin d'atténuer son crime. Mais lorsqu'une névrose extrêmement grave a rompu le fil conducteur de l'intelligence, enchaîné la volonté et voilé les sentiments affectifs, la société n'a plus qu'à constater une infortune immense et à se proléger contre les chances de récidive.

Obs. XVIIl. — Un homicide fut commis, à la fin de 1871, dans une fabrique d'encre, à Puteaux. Le contre-maître de l'usine, Bitouzet, s'approcha un jour du chimiste Schikler, et, sans provocation, sans querelle, il lui tira deux coups de revolver dans la tête en lui disant : Tu ni'as assassiné moralement , voilà ta récompense. Aussitôt après l'accomplissement du crime, le meurtrier était allé spontanément en informer le commisfaire de police. On l'interroge, et voici ce qu'il raconte : Depuis quelque temps, il s'était aperçu que ses camarades d'atelier le regardaient d'un mauvais

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œil : on se détournait de lui, on affectait de ne plus lui tendre la main, line savait d'abord à quoi attribuer cet éloignement; mais il en eut bientôt l'explication, car il entendit à plusieurs reprises qu'on disait de lui : « Vous le voyez, c'est Tropmann, un voleur, un a«sa«sin! » Qui pouvait avoir répandu sur son compte des bruit-, aussi outrageants? Cela ne pouvait être que le chimiste Schikler. Cette idée, d'abord mal arrêtée, se changea progressivement en une conviction profonde. La veille du jour où fut perpétré le crime, Bilouzet, obsédé par ses hallucinations, vint à Paris pour se distraire. Mais dans les rues, dans les cafés, partout on le montrait du doigt, on disait : Cent Tt^opmann, c'est l'assaxsin! La mesure éiait comble. II revint à l'usine, et le lendemain matin il assassina l'auteur supposé des calomnies répandues sur son compte.

Je rencontrai Bilouzet au dépôt de la préfecture, quelques heures après ce sinistre événement; je l'interrogeai longuement et je fis passer au parquet une note médico-légale sommaire, dans laquelle j'établissais que le prévenu était un vertigineux avec incontinence nocturne d'urine, un hypochondriaque, un persécuté et un halluciné.

Deux jours après, M. Lambert des Cilleuls, juge d'instruction, nous commettait, MM. G. Bergeron, Motet et moi, pour constater judiciairement, à Mazas, l'état mental de ce dangereux épileptique-aliéné. Je rédigeai le rapport, et Bitouzet, bénéficiant d'une ordonnance de non-lieu, fut envoyé au quartier de la sûreté, à l'hospice de Bicêtre, dans mon service.

Après quatre ou cinq mois d'un traitement bromure, Bitouzet se rétablit de la manière la plus remarquable. Il me demanda sa sortie et je la lui refusai. Il s'évada alors dans des conditions exceptionnelles d'habileté, d'énergie et d'audace, et quitta aussitôt la France.

Dans les établissements d'aliénés, on emploie quelquefois, par une mesure d'humanité mal comprise, des épileptiques en qualité d'infirmiers. On conçoit que les convulsil's recherchent de préférence un emploi qui les met à même de se faire prescrire et distribuer gratuitement le médicament qui leur est indispensable, mais l'acceptation de ces malheureux est tout à fait inopportune. Aujourd'hui laborieux, dociles, conciliants, exacts, honnêtes, propres et dévoués, ils sont le lendemain paresseux, arrogants, taquins, négligents, voleurs, sales et violents. L'imprévu a trop de prise sur eux pour que

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l'on puisse leur confier avec quelque sécurité la moindre occupation rétribuée et hiérarchiquement contrôlée, dans l'intérieur d'un hospice spécial.

J'ai connu jadis un épileptique, chargé de balayer une salle à autopsies, qui fut trouvé en flagrant délit de tentative (le prof ination d'un cadavre. J'ai également soigné autrefois une préposée au service de la buanderie, qui, frappée tout à coup d'une attaque, tomba dans un lavoir et y trouva la mort. El Je me souviens enfin d'un épileptique, occupé à des travaux horticoles, qui se rua un jour, à coups de bêche, sur un dément sénile !

Il est pénible sans doute d'édicter une sévérité nouvelle contre des convulsifs que l'on expulse de tous les ateliers, et que l'on n'admet presque nulle p;irt, qui errent sans ouvrage dans Paris, épuisent toutes leurs ressources et se trouvent sans abri, Voués à tous les hasards et à tous les périls ; mais, pour obliger un épileptique, peut-on exposer trente ou trente-cinq malades? Poser la question, c'est la résoudre.

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