Andral, Clinique médicale, 1834, t. V, p
de la pie-mère. Cette membrane entoure, comme on sait, les nerfs optiques ; son injection, ainsi que le liquide y contenu, peut produire une certaine compression des nerfs et par conséquent une amaurose consécutive, jusqu'à la résorption complète de cet exsudât, ce qui du reste arrive assez promptement.
Les femmes enceintes peuvent être atteintes de différentes formes d'amblyopie ou d'amaurose, qui se déclarent subitement, sans aucun signe précurseur et sans qu'elles accusent les plus légères douleurs du côté de la tête. D'ordinaire, cette perte de la vue est passagère; elledure quelques heures, cinq ou six jours, et se dissipe ensuite sans laisser la moindre trace. Chez d'autres, au contraire, le même accident arrive dans les mêmes conditions, sans aucun symptôme cérébral, pas même un étourdissement, et la cécité persiste pendant toute la vie, comme cela est arrivé chez la malade de M. lmbert1. Évidemment, on ne peut expliquer ici l'amaurose que par une destruction de l'organe central delà vision^ par un épanchement séreux ou sanguin. Il y a, dans tout l'appareil nerveux optique des parties qui jouent simplement le rôle de conducteurs, par exemple les bandelettes optiques; d'autres, au contraire, notamment les tubercules postérieurs, forment un vrai ganglion nerveux ; pour ainsi dire l'âme de la vision, ils sont plus importants et plus délicats que tout le reste de cet appareil. Il en est de même de la macula : la moindre apoplexie ou la plus légère exsudation dans ce point abolit à jamais la vision centrale, tandis que nous savons avec quelle facilité se résorbent les apoplexies situées dans d'autres parties de la rétine. Pour la rétine donc, ce qui importe surtout, ce n'est pas l'étendue de l'affection, mais le siège que celle-ci occupe. La même chose doit avoir lieu aussi pour l'organe central de la vision. Une petite apoplexie, presque microscopique, qui accompagne une congestion, se résorbera facilement; mais lorsqu'elle est survenue dans un organe aussi important que les tubercules quadrijumeaux, et principalement postérieurs, la vue peut être à jamais abolie. Dans ce cas, l'ophthalmoscope ne fera découvrir aucune altération ; la papille conservera sa coloration et sa vascularisation normales.
On connaît la rapidité avec laquelle se résorbent des caillots san-