Cazeaux, Traité de Tart des accouchements, p
guins, môme volumineux, du cerveau, principalement chez les sujets jeunes. Les épanchements séreux disparaissent encore plus vile, et il est probable que cette absorption s'opère par les veines et le petit nombre des lymphatiques qu'on trouve dans le cerveau. Cette circonstance peut facilement expliquer la disparition rapide des accidents amaurotiques que l'on rencontre si souvent chez les femmes nerveuses.
Chez les femmes hystériques, chez celles dont les règles ne sont pas en ordre, le même phénomène peut arriver; il se produit une congestion et une sécrétion séreuse ou sanguinolente qui comprime pour quelque temps l'organe de la vision, et la cécité survient. Un traitement antiphlogistique actif, une saignée, dérivent le sang vers une autre partie du corps; le cerveau se dégage et la vue revient à son état normal.
L'inflammation de différents organes, les fièvres continues, l'érésipèle de la face et du cuir chevelu, la rougeole et la scarlatine, peuvent favoriser considérablement le développement des congestions cérébrales, localisées dans le centre de la vision et coïncidant avec une infiltration séro-sanguinolente ou séro-purulente des méninges, qui comprimeront le trajet des nerfs optiques et occasionneront la cécité.
Une femme hystérique a été prise tout à coup, dans une attaque, d'une cécité incomplète de l'œil droit, et elle a guéri de cet accident. Quelques mois plus tard, elle a eu une seconde attaque hystérique à la suite d'une frayeur ; cette fois, c'est l'œil gauche qui a été pris. M. Hérard diagnostiqua une hystérie, et à l'examen opthalmoscopique nous avons trouvé une congestion capillaire des plus prononcées, avec une infiltration péripapillaire. Probablement les mêmes désordres existaient dans le centre visuel. Par conséquent, cette fois, il n'est pas douteux que l'affection, quoique ayant un caractère purement nerveux, ne présente des désordres matériels dans la substance cérébrale.
On sait combien est variée la durée de chaque accès congestif cérébral ; elle dépend des causes occasionnelles et des complications qui l'accompagnent. La variété de durée s'observe dans les amauroses consécutives aux congestions cérébrales. Mais ce qui est cer-
tain, c'est que les amauroses congestives prédisposent à des récidives plus ou moins fréquentes. Nous avons vu des malades et surtout des femmes, chez lesquelles la vue se perdait ou s'affaiblissait périodiquement à chaque nouvelle période menstruelle et pendant plusieurs mois.
La gravité de ces sortes d'amauroses dépend du plus ou moins de durée des accès; elles peuvent se transformer en des encéphalites locales avec ramollissement et atrophie consécutive des nerfs optiques, comme nous l'avons observé une fois.
§ 11. — Amaurose dans les apoplexies cérébrales.
Rien n'est plus rare que de trouver un trouble de la vision notable et manifeste dans les hémorrhagies cérébrales ordinaires. Cette circonstance tient évidemment au siège habituel et le plus fréquent des apoplexies, dans les corps striés, les couches optiques, ainsi que dans l'épaisseur d'une des circonvolutions cérébrales ou cérébelleuses. La statistique de Rochoux et celle de M. Andral confirment pleinement cette assertion. D'après le relevé de M. Andral1, sur 386 cas d'hémorrhagie encéphalique, cette affection se distribuait, quant à son siège, de la manière suivante :
Dans les corps striés seuls 61 fois.
— couches optiques , 35 —
Au-dessus des centres ovales de Vieussens 27 —
Dans le cervelet 22 —
Dans les hémisphères cérébraux, au ni- ]
veau des corps striés et des couches [ 202 —
optiques en même temps /
Reste par conséquent, pour les apoplexies de toutes les autres parties du cerveau, le nombre 39. C'est donc la substance grise du cerveau, la plus vasculaire du reste, qui est la plus exposée aux apoplexies. Une grande partie du système nerveux optique est constituée par la substance blanche médullaire; les bandelettes optiques