‹ Étude ophthalmoscopique sur les altérations du nerf optiqueChapitre 48 sur 84 · Loc. cit., t. V, p · texte numérisé non relu

Loc. cit., t. V, p

2. Clinique méd. de V H â tel-Dieu de Paris, 1861, t. I, p. 191.

3. De la nature et du traitement de la maladie dite hydrocéphale aiguë. Paris, 1837, p. 163.

4. Arch. gén. de médecine, janvier 1838, De la méningite tuberculeuse chez les adultes ,

était pour nous un signe certain non- seulement de méningite, mais de méningo-encéphalite. L'autopsie a démontré, en effet, qu'il y avait, avec les signes ordinaires de la méningite, quelques tubercules dans le cerveau lui-même.

Le diagnostic différentiel de la méningite tuberculeuse et de la fièvre typhoïde est presque toujours facilement établi ; ainsi que le fait remarquer M. Grisolle, on ne trouvera pas dans la première les épistaxis, la diarrhée, le météorisme, le développement de la rate, les râles sibilants de la poitrine et l'éruption des taches lenticulaires. M. Bouchut a cherché en outre un autre signe différentiel clans l'aspect de la papille du nerf optique. Ces signes pourraient, en effet, être fournis par le miroir oculaire dans quelques cas particuliers, mais ces cas sont très-rares, croyons-nous; et encore, les modifications que subit le nerf optique ne nous montrent-elles rien autre chose que l'affection cérébrale qui peut se rencontrer tout aussi bien dans la fièvre typhoïde que dans la méningite tuberculeuse. Aussi, sans nier l'importance des altérations de la papille, nous ne voyons pas, jusqu'à présent, qu'il soit possible d'établir toujours, à l'aide de l'ophthalmoscope, le diagnostic des méningites, puisque, comme nous le disions tout à l'heure, les signes obtenuspar cette voie sont très-souvent négatifs. Mais il n'est pas moins vrai que les recherches ophthalmoscopiques peuvent quelquefois donner des indications importantes. MM. Graefe et Stellwag avaient déjà indiqué ce résultat, et les recherches de M. Bouchut contribueront, nous n'en doutons pas, à éclairer les points restés obscurs jusqu'à ce jour.

Nous devons à l'obligeance de M. le docteur Peter, chef de clinique à l'Hôtel-de-Dieu, l'observation suivante, qui présente un intérêt particulier, en ce sens que le diagnostic était excessivement obscur; l'ophthalmoscope seul nous a permis de préciser avec certitude l'altération des méninges.

Observation XII.— Madame X..., âgée de 28 ans, ancienne actrice, est entrée le 31 mars dernier à l'Hôtel-Dieu dans le service de M. le professeur Piorry; elle se plaignait de douleurs sus-orbitaires des plus violentes, augmentant la nuit au point qu'elle se déchire le visage, et qu'on

est forcé do lui attacher les mains. Elle n'a pas de fièvre, son pouls est lent et régulier. Elle n'a -pas de vomissements; ses digestions se tout normalement, et elle n'est pas constipée. L'intelligence est conservée. L'idée d'une méningite ne pouvait guère venir à l'esprit de personne; prenant, au contraire, en considération Pexacèrbation nocturne des douleurs et l'existence assez aventureuse de la malade, M. le docteur Peler attribua ces douleurs à une céphalée syphilitique et prescrivit un traitement spécifique. Aucune amélioration n'a été obtenue par ce traitement; les douleurs persistaient au même degré. La malade se plaignait, en outre, d'une diplopie, ce qui permettait de supposer l'existence d'une affection cérébrale. M. Peler nous appela j.our examiner les yeux. Le délire dans lequel nous avons trouvé la malade ne nous a pas permis d'étudier sa diplopie; à l'aide de rophthahnoscope, nous avons constaté que la papille des deux yeux était infiltrée à sa périphérie; ses contours étaient très-mal accusés. Dans la papille droite, on remarque une injection capillaire plus prononcée qu'à l'état normal; le centre de la papille conserve au contraire sa teinte blanche. Une petite hémorrhagie existe à la partie supérieure et externe de la papille; quelques traînées blanches se prolongent le long des vaisseaux. La paupière gauche est légèrement abaissée. Ces signes nous ont permis de diagnostiquer avec certitude une méningite basilaire. Les jours suivants, l'état de la malade s'aggrave sensiblement; une autre tache apoplectique apparaît sur sur la rétine droite, et les exsudations blanches augmentent au voisinage des vaisseaux; la papille est devenue trouble à la périphérie. La figure ne 3 de notre planche coloriée représente exactement l'état dans lequel nous avons trouvé la rétine et la papille droite deux jours avant la mort. Dans l'œil gauche, il n'y avait pas d'apoplexie, mais la papille était œdématiée. Mort le 28 avril. — Autopsie. Encéphale sain; il n'y a pas de liquide dans les ventricules. Les méninges sont enflammées et épaissies au niveau de la scissure de Sylvius et autour du chiasma et du bulbe. Dans ces parties, la pie-mère est infiltrée d'une matière semifluide, comme purulente; il y a en outre beaucoup de granulations. Dans les poumons, on trouve des granulations miliaires. Nous avons confié le chiasma des nerfs optique avec les méninges malades à M, Legros, élève distingué de M. Robin; en faisant des recherches microscopiques, il a pu se convaincre que la pie-mère contenait une niasse considérable de granulations tuberculeuses. Les fibres du nerf optique n'étaient pas changées, mais la gaine de ce nerf était infiltrée, ramollie, et contenait des globules de pus.

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