‹ Étude ophthalmoscopique sur les altérations du nerf optiqueChapitre 50 sur 84 · Lee. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

Lee. cit., t. I, p

2. Anat. pathol. du corps humain, 1830, S13 livraison, pi. III, fig. 1 et 2.

selle turcique et avait occasionné la perte de l'odorat, puis de la vue.

Dans d'autres cas, ce sont les tumeurs de la voûte orbitaire, qui peuvent perforer l'os, se transporter du côté de la voûte crânienne et occasionner la compression du cerveau et des nerfs optiques. On trouve dans ces cas une atrophie ou un œdème de la papille. M. Graefe a relaté un cas très-intéressant d'une tumeur cancéreuse qui, après avoir rempli toute la voûte orbitaire, s'était portée, en perforant l'orbite, jusqu'au lobe antérieur du cerveau et avait occasionné sa suppuration. Il y avait à la base une méningite avec exsudation puriforme *. M. Demarquay cite un cas rapporté par le Dr Dumas à la Société de chirurgie, d'une tumeur fibro-plastique des os du crâne, qui dépendait d'une hypérostose avec éburnation de la portion écailleuse du temporal. A la face orbitaire du frontal, immédiatement en avant du trou optique, on trouva une tumeur identique à celle du crâne et qui devait comprimer, comme le dit M. Demarquay. le nerf optique, et concourir avec l'hypertrophie osseuse à l'aroaurose et à i'exophthalmie 2.

Dans le courant de Tannée 1860, nous avons assisté à une ablation de polype naso -pharyngien, pratiquée par M. ]\"élaton à l'aide de sa méthode ingénieuse, qui donne un accès si facile au point d'implantation de la tumeur. Voici l'observation de ce malade, qui succomba quelques mois plus tard par suite de l'invasion de cette tumeur dans le crâne.

Observation XIV. — Emmanuel S- . . . , âgé de 17 ans, est entré dans le service de M. Nélaton en 1860, au mois de mai, atteint d'un polype naso-pharyngitn qui se développait depuis trois ans. A l'examen extérieur, on a constaté une exorbitis de l'œil gauche, avec paralysie complète de la troisième paire. La pupille était dilatée et la vue complètement abolie. L'examen opulhalmoscopique, que nousavonsfaità ce moment-là, nous a permis de constater une atrophie très-notable de la papille gauche avec conservation des vaisseaux centraux. L'œil droit était sain. M. Nélaton expliquait Tamaurose de ce malade par l'introduction du polype dans le sinus sphénoïdal, qui a pu perforer la paroi supérieure de cet os ou bien la lame criblée de Tethmoïde, pénélrer ensuite dans le crâne et y produire la compression du nerf optique. L'ablation de

\. Archiv f. Oplth. v. Graefe, Bd I, ablh. i, p. 417. •2. Traité dés tumeurs del'orbite. Paris, 1860, p. 439.

la lumeur fut pratiquée avec un résultat immédiat remarquable : puisque, quinze jours après l'opération, l'eiophthaluHM avait diminué, la paupière s'était relevée et la pupille contractée. Le malade alla très-bien pendant plusieurs semaines, lorsque tout a coup, il fut pri~ d'accidents cérébraux des plus graves, et mourut des suites de cette complication. L'autopsie confirma le diagnostic de M. Nélaton, te sinus sphénoïde était rempli de la masse fibre-plastique, qui s'était portée de là dans la i crânienne du côté des lobes antérieurs et avait occasionné une phalite mortelle.

Diagnostic. — Les tumeurs situées dans la fosse cérébrale antérieure et attachées à la dure-mère se portent ordinairement vers l'une ou l'autre moitié du crâne, détruisent l'os ou le dépriment et font saillie dans l'orbite. On trouve alors les signes assez certains de la maladie : il y a une esophthalmie avec déviation plus ou moins marquée de cet organe. La pupille se dilate et la vue se perd petit à petit, par suite de la compression exercée sur le nerf optique. L'ophthalmoscope accuse une infiltration de la papille ou une atrophie. Un des signes caractéristiques, précurseur même de l'affection oculaire, est la perte de l'odorat, les nerfs olfactifs étant les premiers comprimés ou détruits. Quelquefois, il peut arriver que le malade ait des épistaxis très-abondantes, quand la tumeur est située près de la erista galli et sur l'os ethmoïde. Ces signes et ceux que nous venons de rappeler, ainsi que la céphalalgie, la perte de la mémoire, la difficulté de parler, etc., permettent au praticien de localiser avec certitude le siège du mal.

§11. — Amaurose consécutive aux tumeurs de l'excavation sphéno-temporale

L'excavation sphéno-temporale, appelée aussi fosse cérébrale moyenne, est occupée dans sa partie latérale par le lobe moyen du cerveau, que nous laissons de côté, comme étant éloigné des organes centraux de la vision. Sur la ligne médiane, cette excavation présente les gouttières optiques, la fosse pituitaire ou selle turcique avec les apophyses clinoïdes. Ce te région correspond au chiasma et aux bandelettes optiques; et les moindres désordres qui s'y manifestent, tels que caries des os, exsudations, anévrismes et tumeurs,

sont suivis presque à coup sûr d'un affaiblissement ou d'une perte complète de la vue.

Les lésions que l'on rencontre dans cette partie sont de deux sortes : elles proviennent d'une cause traumatique, ou bien elles sont dues à une dégénérescence cachectique et organique.

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