‹ Étude ophthalmoscopique sur les altérations du nerf optiqueChapitre 64 sur 84 · Zeitschr. f. Ophthalm.yBd, V, p · texte numérisé non relu

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postérieur, ainsi que des parties environnantes, au nombre desquelles se trouvent toujours les corps genouillés et les tubercules quadrijumeaux.

En général, on peut affirmer que si l'amaurose se produit dans une affection quelconque de la couche optique, il y a aussi destruction de la couche corticale à son extrémité postérieure.

Souvent, à l'originede l'affection, il n'y a aucun trouble de la vision; mais bientôt il se déclare, autour du foyer primordial morbide, une inflammation éliminatrice, qui envahit de proche en proche les centres optiques, s'étend même jusqu'aux tubercules quadrijumeaux et amène la cécité.

Qu'il nous soit permis de reproduire ici in extenso la manière de voir de M.Gubler sur les altérations anatomiques du cerveau ; l'opinion émise par ce savant nous paraît la plus conforme aux faits que nous avons observés dans l'évolution et la marche de l'amaurose ; elle nous explique comment et pourquoi les altérations des organes qui n'ont aucun rôle dans la fonction visuelle provoquent dans certains cas la cécité.

M. Gubler reconnaît deux ordres d'altérations anatomiques du cerveau : les unes indiquant un travail actif, de nature phlegmasique ; les autres, purement passives, analogues à ce qu'on désigne sous le nom de transformations rétrogrades ou régressives.

Prenant pour point de départ cet axiome, il arrive aux conclusions suivantes :

1° Il faut distinguer dans les affections du système nerveux deux catégories de lésions : les unes primordiales , essentiellement variables ; les autres secondaires ou consécutives ;

2° Les altérations consécutives sont tantôt localisées autour des lésions protopathiques , tantôt transmises à distance et envahissantes. Les premières dérivent de l'inflammation éliminatrice ;

3° Les lésions secondaires, propagées à distance, paraissent être de deux sortes : actives ou passives. M. Gubler leur donne le nom de ramollissement atrophique.

Il0 Cette atrophie paraît liée à la suppression des fonctions de la partie qui en est le siège ; par conséquent, une lésion protopathique étant donnée, il y aura ramollissement passif secondaire dans deux

directions : d'une part, entre la lésion primitive et les parties centrales, pour les faisceaux dévolus au sentiment; d'autre part, entre cette même lésion et la périphérie, pour les conducteurs du mouvement.

D'après cette ingénieuse interprétation, nous pouvons, jusqu'à un certain point, nous expliquer l'apparition de la cécité d'un œil seul ou des deux yeux à la fois. Le processus morbide tend à se porter di point de la lésion primitive vers le centre , c'est-à-dire vers le.1 tubercules quadrijumeaux , et atteindre ainsi presque en même temps la vue dans les deux yeux ; ou bien, le ramollissement passif migrera vers la périphérie et n'atteindra par conséquent qu'un seul œil.

Dans les affections de la couche optique, donnant lieu aux troubles visuels, la cécité est le plus souvent complète. Cela tient au voisinage presque immédiat des corps genouillés et des tubercules quadrijumeaux.

§ IV.— Amaurose suite des tumeurs du pédoncule cérébral.

Les fonctions du pédoncule cérébral n'ont rien de commun avec le sens de la vision, et il semblerait impossible que l'altération de cette partie puisse amener la cécité. 11 existe pourtant dans la science des exemples de ce genre. Comment expliquer cette coïncidence, et sait-on d'après quels signes le diagnostic peut être établi ?

Les rapports anatomiques de cette partie du cerveau avec la bandelette optique nous donnent l'explication de ce phénomène. On sait que cette bandelette est appliquée sur le pédoncule cérébral et le contourne obliquement; entre la bandelette et le pédoncule, il y a de nombreuses anastomoses nerveuses, et il est tout naturel que, pour peu" qu'il y ait un désordre appréciable dans le plan inférieur et au voisinage de la bandelette optique, l'inflammation devra se transporter à cet organe et y occasionner des troubles. Dans trois observations de tumeur du pédoncule cérébral avec amaurose

Galezowski. li

consécutive que nous avons trouvées dans les auteurs, il y avait une fois cécité double, et deux fois unioculaire.

Parmi les symptômes qui permettent de diagnostiquer l'amaurose due à une altération du pédoncule cérébral , on doit signaler : l'hémiplégie du côté opposé à l'altération ; l'amaurose, le plus souvent de l'œil correspondant à l'hémisphère altéré ; quelquefois l'amaurose double et la paralysie de la troisième paire du même côté, justement à cause de l'origine de cette paire crânienne dans le pédoncule.

Voici un cas d'altération du pédoncule cérébral observé par M. Hérard, dans lequel se trouvent confirmés les symptômes que nous venons d'indiquer.

Observation XXXI. — Un enfant de dix ans est entré, sept mois avant sa mort, dans le service de Beaudelocque. 11 survint une paralysie de la paupière supérieure gauche, et du même côté un trouble de la vue qui finit pas devenir une amaurose. A cet état s'ajoutait un peu de faiblesse dans les mouvements du côté droit, surtout du bras; la sensibilité générale était intacte. Sur la fin de la vie, il y a eu aussi un peu de gêne dans Fexpulsion des matières fécales; puis de l'agitation, du délire; paralysie complète du mouvement du côté droit du corps. — Autopsie. Injection des méninges et beaucoup de liquide dans les ventricules; près du moteur oculaire commun, il y a des fausses membranes. Le pédoncule cérébral gauche est envahi, surtout dans sa partie supérieure, par une grosse masse tuberculeuse régulière à peu près sphérique, du volume d'une grosse noix. Avant de fendre le pédoncule, on y distingue une saillie ; les fibres superficielles sont conservées. Tout autour de la tumeur, ]e, tissu cérébral est ramolli. Le noyau gris extraventriculaire du corps strié est détruit. La couche optique un peu attaquée *.

M. de Beauvais a communiqué , en 1845, à la Société anatomique, un cas du même genre, dans lequel une tumeur, située dans le pédoncule cérébral droit et faisant un peu saillie en bas et en dedans vers la base du cerveau, avait occasionné une dilatation de la pupille et un affaiblissement de la vue, puis une légère paralysie de la motilité et de la sensibilité du côté gauche. De violentes céphalalgies accompagnaient cette altération.

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